L’interdiction « des publicités pour aliments trop gras et trop sucrés » rejetée par l’Assemblée Nationale

Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme depuis des années quant au surpoids et l’obésité, notamment chez les enfants, l’Assemblée nationale a refusé d’inscrire dans la loi « l’interdiction des publicités pour des produits alimentaires trop gras, trop sucrés, ou trop salés à destination des enfants »
29 mai 2018 - La Relève et La Peste
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

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La loi contre les publicités valorisant des aliments trop gras ainsi que l’obligation du « Nutri-Score » sur les packagings a été refusée ce dimanche 27 mai.

Publicité et étiquetage nutritionnel

Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme depuis des années quant au surpoids et l’obésité, notamment chez les enfants, l’Assemblée nationale a refusé d’inscrire dans la loi « l’interdiction des publicités pour des produits alimentaires trop gras, trop sucrés, ou trop salés à destination des enfants ». Ce projet de loi, refusé dimanche 27 mai, annule également l’obligation d’étiquetage « Nutri-Score » sur les aliments.

En effet, lors de l’analyse du projet de loi agriculture et alimentaire, des députés avaient cherché à interdire ou limiter les messages publicitaires des produits alimentaires et boissons « trop riches en sucre, sel ou matières grasses et ayant pour cible les enfants de moins de 16 ans (…) sur tout support de communication radiophonique, audiovisuel et électronique », jugeant que les industriels usaient « des codes de l’enfance » afin d’influencer ces derniers à la consommation de produits nocifs pour la santé.

De nombreuses études démontrent l’influence de la publicité sur les enfants et adolescents. Malheureusement, l’Assemblée Nationale n’a pas jugé pertinente la demande faite par la République en Marche (LMR), le Parti socialiste (PS), la France Insoumise (LFI) ou encore les Républicains (LR).

Les lobbies semblent donc avoir plus de poids que la santé publique. Pourtant, l’amendement est défendu par des chiffres frappants : « en France, un enfant sur six est en surpoids » affirme Anne Laurence Petel (LMR), mettant également en avant le coût pour la société de l’obésité.

Le gouvernement en contradiction avec les recommandations de santé publique

A l’inverse, des élus ont souligné la responsabilité des parents et ne souhaitent pas « mettre des secteurs en danger » avec une « dérégulation de la publicité ». Ainsi, les amendements ont été rejetés à 49 voix contre 13.

Crédit Photo : Patrick Fore

En parallèle, l’amendement pour rendre obligatoire la mention du « nutri score » sur tous les supports publicitaires pour les denrées alimentaires s’est vu rejeté à 45 voix contre 18. Souhaitant donner une information juste aux consommateurs, les députés ne comprennent pas ce choix contradictoire avec les recommandations de santé publique.

« Quand on vous dit :  mange ces céréales, et le tigre est en toi », ce qu’on oublie de vous dire c’est qu’il y a aussi 50 grammes de sucres ajoutés et 30 grammes de graisse saturée » observe M Véran, médecin.

De leur côté, les médias ont adressé une lettre au gouvernement le 10 mai dernier, afin de s’opposer à cette « restriction relatives à la publicité alimentaire » qui risquerait de faire fuir leurs annonceurs.

Pour le professeur Serhe Hercberg, à l’origine du « Nutri-Score » ce rejet de loi est « contradictoire avec toutes les recommandations de santé publique ». La nécessité de limiter l’influence de la publicité et du marketing alimentaire sur les  enfants entre pourtant dans le cadre de « la stratégie nationale de santé publique 2018-2022 » du gouvernement.

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