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« Pour l’interdiction aux détenteurs d’un casier judiciaire d’effectuer un mandat électoral »

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Non, ce n’est pas déjà le cas. Oui c’est vrai. Voilà la phrase que vous risquez d’entendre si vous vous étonnez de la nouvelle pétition-météorite « pour que les élus ou ceux qui veulent maintenir une fonction d’élu, aient un casier judiciaire vierge ». Non, l’évidence n’en n’est pas une.

396 professions en France sont interdites aux détenteurs d’un casier judiciaire (B2 et B3). Avocat, pompier, gendarme, gardien de sécurité, chauffeur de taxi… autant de métiers que vous ne pouvez pas exercer sans que votre sombre passé ne vous rattrape. Même votre regrettée garde à vue de vos vingt ans, chaudement gardée dans les annales d’une justice qui vous aime mais ne vous pardonne pas. Vous pouvez dire au revoir à votre rêve de devenir pharmacien. Mais pas à celui de faire de de la politique.

30% des parlementaires ont laissé une trace de leur passage dans les dossiers de la justice et du fisc.

Le raccourci est grossier mais la réalité l’est tout autant. Si vous avez un casier judiciaire, à un moment ou à un autre de votre vie, il y a moment où cela coince. Mais vous seulement, pas pour les élus. Ni nos représentants, ni nos dirigeants, ni nos politiques. Ils ont le droit d’aller voter pour nous des lois qu’ils violent, bracelet électronique à la cheville et auréole au-dessus de la tête. Selon Philippe Pascot, 30 % des parlementaires (soit plus de 270 élu-e-s sur 577 députés et 347 sénateurs) ont laissé une trace de leur passage dans les dossiers de la justice et du fisc. Une broutille, un détail, quelques lignes sans conséquence. Sans conséquences pour leur carrière, qui les place pourtant aux premières loges pour édicter des arrêtés municipaux, voter des textes de loi, faire usage de fonds publics ou exercer en qualité d’officier de police judiciaire (maire).

L’auteur de la pétition, Philippe Pascot, est l’ancien adjoint de Manuel Valls à Evry. Il est l’auteur des ouvrages Du goudron et des plumes, Pilleurs d’Etat, et Délits d’élus. Il a recensé près de 1200 élus qui ont « mis les doigts dans le pot de confiture, à droite comme à gauche. Les plus gros truands sont réélus, et même au 1er tour ». La nouvelle fait mal aux yeux, on a envie de remettre les lunettes de soleil. Mais ce n’est pas le moment. Parmi ces 1200 petites brebis, des inconnus pour nous pour la plupart, se baladent tout de même quelques têtes familières que l’on sait déjà légèrement exposées, pour rester évasif.

Balkani ne pourrait être votre chauffeur de taxi. Sarkozy n’aurait pas le droit d’être architecte. Cahuzac ne serait pas dentiste non plus. Jusque-là, nous n’y avions jamais pensé. Mais la pétition en ligne de Philippe Pascot nous interroge sur la crédibilité de nos représentants, et leur immunité lassante.

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