Les écrans publicitaires : des objets inutiles, énergivores, polluants et agressifs

Consommant 15 fois plus d’électricité que les panneaux rétro-éclairés ils sont le symbole de tout ce que notre société de consommation a produit de plus absurde : des objets inutiles, poussant à la consommation, énergivores, polluants et agressifs.
1 août 2019 - Sarah Roubato
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En juin dernier, 15 associations, alertaient l’Hôtel de Ville de Paris sur les dangers d’autoriser les écrans publicitaires dans la ville des Accords de Paris. Si le règlement local de la Ville de Paris interdit les publicités lumineuses, depuis 2017, les négociations sont ouvertes.

À cette époque, l’association Résistance à l’Agression Publicitaire avait publié des documents de l’afficheur JC Decaux pour le projet d’un parc numérique. Si celui-ci semblait au final moins énergivore que les technologies précédentes, la question n’est peut-être pas tant la course au moindre mal en kW, mais à la limite que nous mettons à la présence des écrans dans notre vie. 

Ces écrans génèrent de la pollution au moment de leur fabrication et pendant toute leur durée de vie. Consommant 15 fois plus d’électricité que les panneaux rétro-éclairés ils sont le symbole de tout ce que notre société de consommation a produit de plus absurde : des objets inutiles, poussant à la consommation, énergivores, polluants et agressifs.

Pour les enfants se retrouvant devant ces écrans géants, ils contribuent aux phénomènes largement observés de fragilisation de la rétine, de manque d’attention ou encore de troubles du sommeil.

À Paris, sur le réseau de la RATP, ce sont maintenant 650 écrans numériques qui se sont développés dans les couloirs du métro et les abribus. Les publicitaires peuvent ainsi cibler les consommateurs en modifiant la publicité selon l’heure de passage et le lieu, ou en combinant plusieurs publicités sur un seul espace. En 2020, la RATP lancera un appel d’offre pour moderniser l’affichage, c’est à dire multiplier ces écrans numériques. À Nantes, l’installation des panneaux publicitaires numériques soulèvent des mécontentements. On s’interroge sur la logique qui pousse les élus à demander aux citoyens des efforts pour réduire leur consommation énergétique, tout en autorisant ce genre de pratique.

Si nous pouvons nous offusquer moralement ou croire que cela ne nous atteint pas, le fait est que la banalisation des écrans dans nos vies nous rend sensibles aux images qui bougent et aux panneaux qui envoient beaucoup de lumière. 

La présence des écrans dans nos vies est aujourd’hui banalisée. Ceux qui choisissent de se réveiller avec un réveil traditionnel plutôt qu’un écran, ou qui n’ont qu’un objet connecté, sont considérés comme des curiosités ou des gens qui doivent se faire violence. C’est peut-être bien parce qu’il y a des gens pour tourner la tête, que les panneaux publicitaires continuent d’exister et de s’adapter aux nouvelles technologies. 

1 août 2019 - Sarah Roubato
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