Les apiculteurs désemparés face à la perte de leurs colonies

Alors que le débat sur les « néonicotinoides tueurs d’abeilles » a été soulevé par l’Union Européenne en Avril, les apiculteurs continuent  à alerter sur les risques qui pèsent sur la filière apicole.
22 juin 2018 - La Relève et La Peste
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Malgré les nouvelles restrictions de pesticides, la filière apicole se voit fragilisée et la perte grandissante d’abeilles inquiète les apiculteurs.

La colère des apiculteurs

Alors que le débat sur les « néonicotinoides tueurs d’abeilles » a été soulevé par l’Union Européenne en Avril, les apiculteurs continuent  à alerter sur les risques qui pèsent sur la filière apicole.

En effet, la filière se voit confrontée à une « surmortalité des abeilles sans précédent » et les professionnels du milieu déplorent l’absence de consignes sanitaires afin de gérer les ruches « contaminées ».

Crédit Photo : Eric ward

Des apiculteurs bretons, interrogés par Sciences et Avenir, rapportent une perte de 90 % de leurs ruches. Désemparés, ils appellent à une prise de conscience collective sur les dangers des pesticides. Installé en 2017 à Ploerdut, Thomas et Claire avait 180 ruches dans leur production de miel bio.

« J’en ai perdu 150 à la sortie de l’hiver » explique Thomas. Il est régulièrement confronté à la mort de ruches entières.

Pour se faire entendre, le couple a intégré le « collectif pour la survie de l’abeille ». Des apiculteurs venus de Dordogne, de l’Ain, de Normandie mais également de Belgique ou d’Allemagne témoignent de la disparition de leurs ruches afin d’alerter les autorités et l’opinion publique sur « la fragilité de la filière ».

Des restrictions insuffisantes

Ainsi, mardi 19 juin des représentants des apiculteurs ont été reçus à l’Elysée, où ils se sont exprimés sur leur « demande d’aides urgente ».


Crédit Photo : Dominik Scythe

Les chiffres parlent d’eux même lorsque l’on sait qu’en France la production de miel a été divisée par trois. Le nombre d’apiculteur a quant à lui diminué, passant de 85 000 en 1995 contre 70 000 en 2017. Par ailleurs, dans les années 1990, les apiculteurs enregistraient dans leurs ruches une mortalité de 3 à 5 %. En 2017, certaines exploitations ont subi des pertes de 60 % à 90 %.

La principale menace des abeilles reste donc les néonicotinoides. Ces insecticides s’attaquent au système nerveux des insectes, désorientent et affaiblissent les abeilles et autres pollinisateurs. En ce sens, le tribunal de l’Union européenne a voté la restriction d’utilisation de trois néonicotinoides à toutes les cultures en plein champ. Malgré tout, des dérogations existent pour certaines cultures, le problème reste donc entier.

Cela n’est pas suffisant donc pas pour les apiculteurs qui réclament « l’arrêt des pesticides, acté noir sur blanc ».

Les abeilles jouent un rôle primordial dans la reproduction des plantes, des fruits et des légumes. Selon des spécialistes, « les abeilles fournissent 30 % du total de notre alimentation ». Leur perte serait donc une catastrophe écologique majeure.

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