L’écologie numérique, nouvel éden pour sortir nos esprits embrumés du cloud

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En France ce sont près de 500 communes (en 2017) qui ne sont couvertes par aucun réseau numérique. Nous appelons ces lieux : des zones blanches. Tandis que l’Etat traque ces espaces et donne des injonctions aux acteurs de la téléphonie pour enrayer la « fracture numérique », d’autres soulèvent que bientôt plus aucun lieu ne sera pas soumis à ces ondes qui nous connectent. Mais ne seraient-ils pas plutôt en train de nous déconnecter de la terre pour mieux nous connecter à l’air du virtuel ? Peut-être…

Tandis que le réseau filaire des années 80 permettait, raccordements aériens et souterrains en conséquence, de couvrir tout le territoire, le réseau téléphonique sans fil et l’arrivée de la wifi a vu des antennes haute-fréquences proliférer tous azimuts sans réelle anticipation des risques sanitaires pour les habitants. Comme toute embolie industrielle, il faut souvent des années pour constater les dégâts causés par les infrastructures créées à l’affolé. Bon nombre de citadins retiennent aujourd’hui que leur espace de bien-être est saturé par l’omniprésence du numérique dans leur vie. Le numérique a donc un impact relationnel et sanitaire de plus en plus avéré qui risque de continuer à nous polluer la vie si nous n’adoptons pas une meilleure hygiène.

N’entendons-nous pas souvent : « il faut que je prenne un bol d’air frais ? », « j’ai la tête dans le brouillard », arguant nos visages de citadins anxieux et stressés, courant à la volée vers notre avenir chronophage. Et si la surcharge électromagnétique imposée par nos usages frénétiques du numérique y avait aussi sa place dans la liste des causes ? La sensibilité électromagnétique, qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Impossible aujourd’hui de la définir précisément. Ce qui revient souvent parmi les victimes déclarées est la sensation d’avoir le cerveau dans un « micro-ondes ». Quand on y regarde de près, nous sommes tous sensibles à un niveau plus ou moins important : une migraine, le sentiment d’être pris dans un étau, un sommeil mauvais, de l’anxiété répétée, des idées brouillons sont autant de signes potentiels que votre champ électro-magnétique alentour n’est pas adapté à votre confort de vie.

Concrètement, le CIRC (Agence de recherche sur le cancer de l’OMS) a classé en 2011 le champ électromagnétique de radiofréquences (utilisé pour toutes les connexions sans fil) comme peut-être cancérogène pour l’Homme suite à plusieurs faisceaux de présomption. Depuis 2003, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail (ANSES) publie des rapports de plus en plus fréquents qui l’ont poussée à piloter, à son initiative, un programme de recherche et d’expertise « Radiofréquences et Santé » pour accompagner les questions émergentes sur le sujet. L’hygiène magnétique serait une nouvelle voie à prendre pour nous protéger d’ondes indésirables.

 Les champs électromagnétiques peuvent être considérés selon trois grands domaines de fréquences : les champs statiques (0 Hz), les champs basses fréquences (de 0 à 10 kHz environ) concernés par nos appareils électro-ménagers et domestiques, les radiofréquences (d’environ 10 kHz à 300 GHz, les plus à risques) concernés par le bluetooth, le RFID, la Wifi ou la 4G (source ANSES). Par exemple, il est important de laisser 1 mètre de distance entre son lit et nos simples appareils domestiques (radio-réveil, fil d’alimentation de la lampe, multiprises ou téléphone). Alors qu’une étude française en 2014 avançait sérieusement la thèse que onde électromagnétique et cancer du cerveau pouvaient être le binôme mortel d’un usager de smartphone, un autre chercheur californien a réalisé une expérience démontrant notre sixième sens de perception magnétique. L’affaire est donc à suivre.

Une écologie personnelle liée à nos usages numériques est alors à acquérir pour éviter la saturation relationnelle et réactionnelle que cela engage. Mais qui dit usage numérique, dit sollicitation de serveurs et activation importante de nos besoins de connexion. L’enjeu est social, sanitaire mais également environnemental. Nous avons en tête que notre connexion est illimitée. Or lorsque nous définissons une ressource illimitée c’est que nous avons pas (encore) compris que nous vivions dans un monde où les sources d’énergie ne sont, elles, pas illimitées.

Quelques astuces pour utiliser notre connectivité plus sainement et s’éviter les foudres de Zeus sur nos énergies vitales : pondérer vos envois d’emails (autant dire merci de vive voix, car le contact humain c’est sympa), répondre à l’expéditeur et non à tous, écrire directement l’adresse du site dans la barre du navigateur au lieu de le rechercher sur un moteur de recherche ou encore éviter le cloud pour ne garder que le nécessaire.

Quand aujourd’hui les villes deviennent les nouvelles aires d’innovation et de progrès où nous nous entassons chacun, pouvons-nous alors élaborer une critique constructive sur cette densité (in)humaine et ces fréquences multiples ? Ces territoires saturés où notre tête peut parfois se sentir surchargée ? En attendant d’avancer sur ces questions, courez prendre l’air dans ces zones blanches où on peut se déconnecter totalement et revenir les pieds sur Terre.

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