Le changement climatique provoque la guerre

Le climat, un enjeu majeur pour la paix.
17 juillet 2018 - La Relève et La Peste
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 130 pages
- Impression : France

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Le réchauffement climatique peut-il favoriser les conflits ? Le conseil de sécurité de l’ONU doit-il s’emparer du projet ? Ce vaste sujet a fait l’objet d’un débat au sein de la plus haute instance de l’ONU le 11 juillet 2018.

Troisième fois de l’histoire

En 2007, un rapport du programme des Nations Unies pour l’environnement avait souligné le lien entre changement climatique et insécurité mondiale.

Alors que le dernier débat sur le lien entre le « climat et sécurité » remonte à 2011, l’instance de l’Organisation des Nations Unies a abordé le sujet, pour la troisième fois de son histoire, lors d’un débat le 11 juillet dernier.

Pourtant pour certains pays, ce n’est pas à l’ONU de s’emparer du sujet. En effet, les pays critiques, tels que la Russie et la Chine, craignent « l’ingérence et la menace de sanctions » et souhaitent plutôt une logique de « gestion de conflit pour le Conseil de sécurité ».

« L’ONU doit respecter le principe de répartition des taches » a estimé Dmitry Polyanskiy, l’ambassadeur russe adjoint à l’ONU. Selon lui, bien que les changements climatiques soient une menace majeure, il rappelle que « le conseil de sécurité ne dispose pas d’expertise » sur le sujet.

À l’inverse, les partisans d’une gestion par le conseil, estiment que cette question doit s’inscrire dans leurs priorités. « Vous devez considérer les changements climatiques comme des risques sécuritaires » a affirmé lors du débat Hindou Ibrahim, représentante de l’ONG internationale.

L’ambassadeur français, François Delattre, a quant à lui souligné que « si les évènements climatiques les plus extrêmes sont les plus visibles, d’autres phénomènes aux effets moins immédiats comme la sécheresse, la salinisation des sols ou la montée des eaux contribuent à la dégradation des terres, à l’érosion côtière ou à la baisse des ressources en eau ».

Le climat : levier dans le maintien de la paix

Par exemple, dans plusieurs pays d’Afrique, il n’y a plus assez de fourrage et les troupeaux ne sont plus nourris. Les conflits deviennent alors violents et les affrontements se multiplient entre éleveurs nomades et paysans sédentaires concernant l’accès à l’eau. Ces conflits créent des centaines de morts et obligent les gouvernements à déployer l’armée dans plusieurs états du pays.

« Ces impacts négatifs sur les ressources naturelles dans le contexte de populations et d’économies vulnérables, peuvent générer ou réactiver des conflits entre communautés, provoquer des déplacements de population et menacer la paix et la sécurité internationale » a jugé François Delattre en appelant le conseil à s’en occuper.

En effet, autre point préoccupant de cette tendance : les nombreuses migrations à venir. Les mouvements sont donc nécessaires lors de catastrophes : les militaires sont déployés dans le monde et les migrations en pays sûrs sont opérées.

« Nous allons voir très bientôt de plus en plus de réfugiés climatiques » explique la ministre des affaires étrangères suédoise, Margot Wallstrom.

Selon une étude britannique (Maplecroft) les pays les plus à risques (avec des critères croisés tels que les émissions de gaz à effet de serre, la richesse de l’écosystème et l’agriculture, leur vulnérabilité aux catastrophes naturelles et la solidité de leurs institutions) sont : le Bangladesh, la Sierre Leone, le Soudan du Sud, le Nigeria et le Tchad. Leur point commun reste une économie dépendant majoritairement de l’agriculture, un taux de pauvreté élevé, ainsi qu’une violence politique déjà existante.

En résumé, une sécheresse persistante ou les inondations catastrophiques pourraient réduire l’accès à la nourriture et attiser les violences dans les pays les plus pauvres. Ainsi, la lutte contre le dérèglement du climat devient également un levier pour le maintien de la paix.

17 juillet 2018 - La Relève et La Peste
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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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