Juan Branco : « Avec Macron, on va vers l’étouffement de toute alternative politique » 

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Nous avons rencontré Juan Branco, conseiller juridique de Julian Assange (WikiLeaks), docteur en droit et philosophie, ex-candidat aux législatives, auteur de L’ordre et le monde et actuellement avocat et professeur de philo. En une interview fleuve (publiée en 2 parties), il revient sur son engagement politique, sa vision sur l’élection d’Emmanuel Macron et son exercice du pouvoir, un « pouvoir sans source », nécessairement autoritaire, qui s’inscrit au coeur d’un bouleversement majeur de nos sociétés…

La Relève et La Peste : De ce qui a déjà été écrit sur toi, on croit comprendre qu’il y a eu deux événements fondateurs dans ton engagement en politique, à savoir : la mort de Zyed et Bouna suivie des émeutes en 2005 et plus récemment le discours de Jean-Luc Mélenchon à Marseille. Quelles significations particulières ont eues ces événements pour toi ?

Juan Branco : Il faut se méfier des mythologisations des parcours par les politiques. Le discours à Marseille, sur la Méditerranée et la question des réfugiés, a en effet été très important pour moi puisque c’est à partir de là que j’ai accepté de renouveler une forme de croyance dans le politique. J’ai ressenti à nouveau une forme d’émotion et une vraie adhésion face à une parole politique, c’est-à-dire qu’elle me touchait intimement, après des années de déshérence. Le rapport à la langue que déployait Jean-Luc Mélenchon, qui est très rare dans l’espace public aujourd’hui, se situait vraiment en contrecoup de ce qui était devenu la norme des politiques d’alors, que ce soit la vulgarité de Nicolas Sarkozy ou l’aplatissement de François Hollande. Il y a des gens très brillants en politique, M. Wauquiez par exemple a un rapport à la langue très élaboré mais qui s’accompagne toujours d’une volonté d’appauvrissement de ce rapport afin de prétendre s’adresser au plus grand nombre. Là on était face à une parole exigeante, construite, riche, sans aucune condescendance, aux frontières du politique.

J’ai trouvé extrêmement courageux de la part de Jean-Luc Mélenchon d’investir la beauté et la complexité de la langue, dans un discours qui était également très courageux sur le fond, et notamment sur l’aspect symbolique : il a fait taire toute une foule pour rendre hommage aux migrants, aux portes de la Méditerranée, invoqué des racines qui sont les miennes. J’avais beaucoup hésité avant de renouer avec le politique, après mon passage au cabinet de Filipetti qui avait été un peu traumatisant. Et là, j’ai eu un déclic, j’ai pleuré avec ma mère et ma sœur, on s’est retrovués, et à à ce moment-là, je lui ai dit que j’étais prêt à me lancer, à me présenter. C’est là qu’il y a eu un vrai changement : j’ai accepté à nouveau de m’exposer. Je n’ai plus eu peur que le capital symbolique que j’avais accumulé par mes engagements jusqu’alors soit dilapidé par lui comme il l’avait été par François Hollande pour la réforme d’Hadopi, juste pour créer un effet d’annonce.

Concernant Zyed et Bouna, ce n’est pas tout à fait ça. Il y a d’abord eu les émeutes dans les banlieues puis les manifestations contre le CPE [Contrat première embauche], j’avais quinze, seize ans. Et il y avait eu aux Invalides, ces jeunes de banlieues qui se sont faits encercler par la police et qui se sont retrouvés attrapés dans un piège afin d’être amalgamés aux casseurs ; on a su par la suite que Nicolas Sarkozy avait lui-même poussé aux incidents pour décrédibiliser Dominique de Villepin.

Les échauffourées m’ont intéressé, les batailles de rue m’ont interpellé. J’ai commencé à développer un rapport à ces questions et j’ai tout de suite compris que c’était la question qui nous permettrait de penser beaucoup de choses dans l’espace politique français : la ségrégation, l’incommunicabilité prétendue entre les jeunesses, à mon avis complètement virtuelle, etc.

Des manifestants réunis au Invalides pour protester contre le CPE le 23 mars 2006. Crédits : ERIC FEFERBERG / AFP

C’est pour ça que dire que j’ai été « parachuté » dans la 12ème circonscription de Seine-Saint-Denis parce que j’avais grandi à Paris était un contre-sens pour moi. Cette question de la scission entre Paris et les banlieues était justement au fondement de mon engagement. Clichy-Sous-Bois, c’est à 13 kilomètres de Paris. L’idée, c’était de montrer qu’il faut absolument rompre cette espèce de mur artificiel qui s’est créé entre les Parisiens et les banlieusards, alors que c’est simplement la porte à côté.

Pendant la campagne, on m’a souvent posé la question : et toi, tu habites où ? Vous savez , c’est un gros sujet, vous arrivez là, vous avez peur d’être jugé, tous vos adversaires et les journalistes viennent vous chercher sur le sujet. Et plutôt que dire à Clichy ou Livry – puisque je venais de m’installer là, que ça aurait été complètement hypocrite – j’ai dit à Paris, à Odéon. C’était sur le marché de Montfermeil, j’avais les caméras de France 2 derrière moi, j’avais un peu chaud. Et la réaction a été de me dire « je connais ! » et de me demander si je connaissais tel ou tel lieu etc. On voyait bien que la distance n’était pas le problème, au contraire, il y avait une volonté d’identification, de mélange très forte. Après, il faut bien sûr démontrer qu’on connaît le terrain, les problématiques sur place, qu’on ne débarque pas comme ça, mais ça, ça n’a pas vraiment posé de problèmes.

Quels étaient les combats que tu voulais mener dans ta circonscription, qu’est-ce qui te semblait important ?

D’abord, ce que j’ai ressenti pendant cette campagne, c’est tout bête, c’est l’absence d’État qui fait qu’il n’y a pas de sentiment d’adhésion à une communauté politique, qu’il y a un ultra-localisme qui s’est développé, un sentiment de déshérence qui est directement lié à un désengagement. En gros, j’ai compris la valeur de l’image d’épinal des films de Pagnol ou de Tati, où le professeur, le postier et le policier se retrouvent au troquet avec les gars du quartier. Là, il y a rien, les fonctionnaires, recrutés sur un concours national, sont affectés lorsqu’ils n’ont pas le choix, n’ont aucun rapport avec le territoire, se barrent dès qu’ils le peuvent, etc. Du coup, ça crée un vrai sentiment de désengagement, qui n’est pas qu’une question de moyens, ça crée un arrachement à la communauté politique, à l’échelle nationale, pour les citoyens sur place. Appartenir à la France, à la communauté nationale ça devient une idée virtuelle, abstraite. Quand on est à Clichy, on appartient à tel quartier, telle nationalité, telle religion éventuellement… ; par contre, l’idée d’appartenir à un ensemble politique, à un idéal à l’échelle du pays, c’est complètement absent, sauf ponctuellement, comme pendant les élections présidentielles. Ce qui fait que les législatives désertent les quartiers les plus pauvres. On s’est retrouvé avec des taux d’abstention qui frôlaient les 75% ! Tu as beau, à chaque trois mètres, être confronté à un problème (la gestion des déchets, le manque de professeurs, l’absence de transports efficaces …) sur lequel un élu pourrait immédiatement agir, il y un tel cumul que les gens ne voient plus le lien au politique.

C’est faussement paradoxal : là où tu pourrais le plus immédiatement agir, là où il y en a le plus besoin, le désengagement est le plus complet, parce que c’est justement là où plus personne ne fait plus rien, notamment à cause de l’abstention. Il y a un rejet fondamental, parce qu’il n’y a rien… et puis il y à le problème du lien social. On faisait les marchés, convainquant une personne puis une autre, et on sentait que cela ne servait à rien parce que ces personnes n’iraient parler à personne d’autre.

Juan Branco à Clichy-sous-Bois pendant les législatives. Crédits : LATIFA OULKHOUIR / Bondy Blog

Ce n’est plus comme avant : il y a un tel niveau de désocialisation en France qu’à Livry-Gargan, au Raincy, à Vaujours ou à Coubron, on sentait que la personne à qui l’on parlait n’allait pas rayonner, répandre son engagement. C’était différent à Clichy-sous-Bois, où le désengagement de l’État est tel que la vie s’y est construite en complète autarcie, le monde extérieur n’existe quasiment pas, et du coup c‘est compensé par une vie de village très forte, où domine le clientélisme et l’entre-soi. Il faut ajouter à cela qu’il n’y a pas de média local pour faire le travail de défrichage des élections. La couverture médiatique était ridicule. Le Parisien a fait un seul article sur la campagne en un mois et demi, présentant les six principaux candidats à plat, sans aucune information. Du coup, alors que nous avions été les seuls à faire vraiment campagne, à la fin, le candidat Macron a fait le résultat de Macron, et nous on a perdu dix points. Ceux qui sont allés voter aux législatives sont ceux qui étaient allés voter aux présidentielles et qui avaient gagné, les autres se sont découragés.

C’est différent pour les présidentielles, parce qu’il y a une sorte de récurrence, une couverture continue, une accroche au national à travers la télévision, éventuellement la radio, qui permet encore de compenser ces immenses failles. Mais dès qu’on sort de cet événement, il n’y a plus rien. Ou alors, ça marche avec l’ultra-local comme les municipales. Mais pour des élections comme les législatives, c’est un néant, pas de couverture, pas de suivi, des candidats inconnus… Il y a un vide médiatique, politique et social. Au point où la couverture médiatique nationale dont j’ai bénéficié était inutile, puisque personne ne lisait ces médias.

Quel a été ton sentiment après l’élection de Macron ? Une victoire de l’oligarchie ?

Oui, c’est clairement une victoire et un vote de classe – et je ne suis pas marxiste – disons plutôt un vote d’intérêt. Sauf qu’on est dans une société où le rapport au politique s’est distendu, et on se retrouve avec des classes dominantes, symboliquement, culturellement et financièrement, qui façonnent l’opinion de façon très aisée, trouvent des relais dans les classes moyennes, et imposent leur choix à l’ensemble de la société. Il y a clairement des oligarques au sens poutinien en France, qui, pour maintenir leur fortune ou l’accroître, une fortune qui dépend en partie de l’État et du lien au politique, achètent des relais d’influence qui vont façonner le reste de la société. Ils se protègent de la nuisance plus qu’ils ne produisent du contenu mais surtout, ils s’introduisent au cœur du pouvoir politico-administratif français, en plaçant habilement leur argent, comme Niel avec Le Monde.

C’est par exemple Xavier Niel et Matthieu Pigasse qui vont faire recruter des journalistes par le biais d’hommes de main comme Louis Dreyfus, les nommer à des postes de direction, afin de former à moyen terme un type de production d’information. Ils recrutent et favorisent des types de journalistes qui, parce qu’ils sont médiocres et fragiles, sont serviles (et pas l’inverse). Et c’est aussi ce qu’a fait Patrick Drahi à Libération par exemple, en faisant partir les meilleurs plumes avec une grosse prime de départ. Il a gardé une rédaction au « formol ».

Il y a une stratégie de moyennisation de l’information. Ces gens installent un rythme de croisière sans vague, où tous les leviers politiques du journal sont désactivés.

Peu après que j’ai appris que Macron voulait devenir président de la République, alors qu’il n’était que secrétaire général adjoint de l’Elysée, une information que me donne Niel en janvier 2015, on s’est retrouvé avec des dizaines de Unes venues des médias détenus par Niel et Lagardère (client de Macron chez Rothschild) qui lui étaient favorables, sorties de nulle part, qui ont suscité la commande de sondages, qui à leur tour… le type n’avait encore rien fait, à part écumer les dîners mondains, produire trois rapports et concevoir cette catastrophe du CICE, et il était déjà une star ! Etait ainsi mise en avant une figure qui convenait à l’oligarchie, sans intervention dans la production de l’information, par succession de relais indirects qui masquaient la manipulation (Macron déjeune avec Niel dans le cadre de ces fonctions, il est séduit, Niel déjeune avec Dreyfus et lui fait part de sa séduction, qui déjeune avec le directeur de la rédaction pour lui parler de ce nouveau phénomène, qui à son tour déjeune avec le rédacteur en chef qui, etc…).

« On est dans une société où le rapport au politique s’est distendu, et on se retrouve avec des classes dominantes, symboliquement, culturellement et financièrement, qui façonnent l’opinion de façon très aisée, trouvent des relais dans les classes moyennes, et imposent leur choix à l’ensemble de la société. »

On se retrouve dans une situation où l’on n’a même pas besoin d’imposer explicitement son choix : tous les relais étant contrôlés, l’endogamie étant complète, il suffit de laisser couler l’information en faisant comprendre que ce candidat est très compétent, sinon le plus compétent, pour qu’in fine, on obtienne le résultat désiré. On crée une vague, sans entretenir un vrai rapport au politique. Macron se retrouve de cette façon là pour incarner les intérêts de la classe de gens qui l’ont porté au pouvoir. Le pur produit de la technostructure française – Henri IV, Sciences Po, ENA, IGF, Rothschild, etc. – se retrouve en position de rendre la faveur.

Crédits : Julien Février / Le Vent Se Lève

Ce qui s’est passé depuis son élection, c’est le résultat d’un parcours qui montre qu’il est en adhésion parfaite avec le monde actuel, tel qu’il fonctionne. Tout son discours sur les gens qui ne sont rien est en parfaite cohérence avec ce qu’il est, a été, et est devenu, avec ce qu’il a vécu : quelqu’un qui a été produit par un système auquel il a toujours parfaitement adhéré et qu’il n’a jamais trahi, auquel du coup, puisqu’il n’a pas de rapport à l’altérité, il croit fondamentalement. Ajoutez à cela le fait que le président de la République entend, comprend et relaie les intérêts de la sphère économique dans le contexte de la mondialisation, dans l’idée que renforcer les grands navires du capitalisme français servira le pays, quitte à ce que ça coute à la population, et la boucle est bouclée. Il n’a aucun intérêt à remettre en cause la façon dont fonctionne tout cela.

Et sur sa politique actuelle ? Est-ce que la transposition de certaines mesures de l’état d’urgence dans le droit commun constitue selon toi un véritable danger pour les libertés individuelles ?

En fait, il y a un changement de paradigme tellement important à l’échelle de la civilisation qu’on ne peut plus penser comme avant. On peut essayer de lutter contre, par ajustements successifs, pour essayer d’éviter qu’il y ait des dérives, certes ; mais il y a une telle révolution technologique qu’on ne peut pas éviter une révolution des pratiques du pouvoir. Le mouvement actuel, c’est le tout début d’un rapport de l’État à la société qui va être bouleversé, complètement nouveau : il y aura beaucoup plus de contrôle sur la population, mais aussi une déstructuration fondamentale des outils de pouvoir actuellement existants, dans lesquels nos moyens de lutte traditionnels sont dépassés. La déclaration des droits de l’Homme, les principes intangibles vont sans doute devenir des outils inefficaces et des invocations symboliques insuffisantes face aux nouveaux dispositifs technologiques et au contournement toujours plus important de l’espace politique traditionnel pour contraindre les populations. Il faut peut-être penser en termes de rapports de force et constituer des bastions – technologiques notamment – contre l’Etat et ses extensions industrielles, plutôt que de lutter à l’intérieur de l’Etat. Ou alors bouleverser complètement l’Etat et en prendre le contrôle. C’est en tous cas illusoire de penser qu’on pourra éviter la généralisation de la surveillance de masse et de ses dispositifs de contrôle et de pression sur les citoyens en luttant article à article dans des assemblées qui ne représentent plus qu’elles-mêmes, fonctionnent au fait majoritaire, c’est à dire pour servir les intérêts de l’Etat.

« La déclaration des droits de l’Homme, les principes intangibles vont sans doute devenir des outils inefficaces et des invocations symboliques insuffisantes face aux nouveaux dispositifs technologiques et au contournement toujours plus important de l’espace politique traditionnel pour contraindre les populations. Il faut peut-être penser en termes de rapports de force et constituer des bastions – technologiques notamment – contre l’Etat et ses extensions industrielles, plutôt que de lutter à l’intérieur de l’Etat.« 

Sur la partie Habeas Corpus : il y a une vraie dérive mais qui selon moi a une origine systémique et s’inscrit dans un plus grand ensemble. Cette dérive est liée aux modalités d’accès au pouvoir de Macron, pouvoir qui est illégitime, sans source. Il n’y a aucune dimension sacrificielle dans l’accession de Macron au pouvoir, aucune mise en danger de son corps, ni même de création d’un corps symbolique (c’est d’ailleurs pourquoi lorsqu’il remonte les Champs-Elysées sur son char, cela sonne faux). Il n’a rien sacrifié dans sa vie pour en arriver là, il n’a pas créé un engouement exceptionnel comme on a voulu le faire croire et qui en aurait fait un « phénomène social », il n’a pas passé sa vie à s’engager en politique dans un parti, l’armée, ou même à servir l’Etat, il a au contraire toujours démontré n’avoir à l’esprit que son propre intérêt : il n’est su d’aucun geste effectué à son détriment, au service d’une idée, en quarante ans de vie. Ce n’est pas rien.

Emmanuel Macron descendant les Champs-Elysées sur un véhicule militaire lors du 14 juillet. Crédits : ALAIN JOCARD / AFP

Il y a dès lors dans son accès au pouvoir quelque chose qui est de l’ordre du non-sourcé, comme lorsqu’il était devenu ministre de l’Economie. Propulsé comme une figure à la mode par des intérêts qui cherchaient à l’instrumentaliser, il n’a créé qu’un engouement de marque. C’est ce qui explique l’absence complète de prise de risques lorsqu’il est au ministère de l’Economie ; il savait trop bien que la moindre tentative politique le ferait s’écrouler, faute de fondement à son pouvoir. Il s’est donc contenté de dîner avec des patrons, des hauts fonctionnaires, des politiques, des people et de consolider les bases de son pouvoir à venir sans ne jamais s’exposer.

C’est plus difficile de faire cela en étant président, surtout lorsqu’on ne s’appuie pas sur un véritable parti politique. Du coup, la nature du pouvoir de Macron ne peut qu’être autoritaire : elle est verticale car elle n’a pas de source et ne peut que se déployer dans un modèle d’imposition, d’écrasement de la différence et d’une forme d’altérité multiple. Il faut passer par la force car il n’y a pas de sources en propre, de soi à donner. Il a été élu, je ne fais pas de procès d’illégitimité. C’était une élection normale. Mais la façon dont son parcours s’est construit provoque une forme d’exercice du pouvoir qui passe par le rapport de force, l’imposition. Déjà en novembre 2016, j’écrivais des tweets où je disais qu’il était évident qu’on se dirigeait vers un pouvoir autoritaire, juste parce que la modalité de son élection et de son rapport au pouvoir amènerait à cet état de fait.

La loi sur l’Etat d’urgence, le caporalisme, le renvoi brutal du chef d’état-major des armées, les profils des ministres nommés, tout ça va dans le même sens. Et la tension va selon moi augmenter : on va vers l’étouffement de toute alternative politique.

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