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Idiocratie : Des forêts françaises classées sous pression d’une exploitation minière

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Il semblerait que la confiance ne règne plus entre les associations pour la protection de l’environnement et le gouvernement français. Ce dernier a ouvert un projet de décret qui permettrait d’ouvrir la voie à des exploitations minières dans les forêts françaises, tout en niant cette éventualité. Le bras de fer commence.

Protection de l’Etat aléatoire

Les forêts dites de protection représentent 154 000 hectares de forêts aux alentours des villes et représentent 1% de la superficie forestière française – parmi ces 154 000 hectares, 61 000 hectares sont situés en Ile-de-France (Fontainebleau, Rambouillet, Arc Boisé, Fausses-Reposes et Sénart). Ces espaces ont été placés sous la sainte protection de l’Etat car ils préviennent les risques naturels dans les régions de montagne et offrent une meilleure qualité de vie dans les zones urbaines. Grâce à cette appellation, le code forestier y « proscrit défrichements, fouilles et extraction de matériaux, seule la recherche d’eau étant permise » ; seulement, cette protection se retire doucement.

Soumis à la signature du premier ministre Bernard Cazeneuve ainsi que des ministres de l’agriculture Stéphane le Foll, de l’environnement, Ségolène Royale, de l’économie, Michel Sapin, de la culture, Audrey Azoulay et du secrétaire d’Etat à l’Industrie, Christophe Sirugue, ce projet de décret ouvre une boîte de pandore dangereuse pour ces espaces protégés.

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Dérogation exceptionnelle

Ce projet de décret rend possible « les fouilles et sondages archéologiques » et « les travaux nécessaires à la recherche et l’exploitation souterraine des ressources minérales revêtant un intérêt national ou régional, telles que les substances de mines et certaines substances de carrières ». En d’autres termes, cette dérogation exceptionnelle pourrait éventuellement rouvrir la voie à des exploitations minières. Prudence cependant avec cette information contestée par le gouvernement. Dans une interview pour Le Monde, le ministère de l’agriculture « assure que l’objectif n’est pas de remettre en cause le régime des forêts de protection, mais de l’étendre, « pour les protéger elles-aussi », à des zones forestières périurbaines qui ne peuvent actuellement bénéficier de ce classement, du fait des chantiers qui y sont menés. ». Face à cette annonce, le président de la Fédération des parcs naturels régionaux de France a publié un communiqué et y dénonce « ce nouveau détricotage des dispositifs de protection de notre nature ». Si ce texte a été retiré du site après l’assurance d’obtenir une réunion de concertation avec le gouvernement, l’ambiance reste tendue.

Confiance vérolée

Si les tiers partis avaient confiance les uns envers les autres, cet article ne serait pas publié et aucune inquiétude n’aurait été soulevée. Seulement, les tours de passe-passe qui ont déjà bien trop coûté à la terre et aux citoyens ont ancré dans les esprits de tous une méfiance qui semble inaltérable. Cette information semble marcher sur des œufs, l’atmosphère est tendue et les partis impliqués sont sous pression. Le ministère qui dit avoir compris les inquiétudes émises annonce un nouveau travail sur la rédaction du décret. Seulement, cela va-t-il devenir un jeu de mots ou une habile manœuvre de communication ou une vraie preuve de bonne foi ? Affaire à suivre.

Source : Le Monde

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