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Honteux : des vêtements neufs lacérés et jetés dans les poubelles de Célio

La photo fait le tour du net. Un magasin Célio, situé à Rouen, est sous le feu des projecteurs pour avoir lacéré et jeté des vêtements. Si on est loin des 60 tonnes de vêtements brûlés par H&M, ces photos remettent en lumière les dérives de la fast-fashion.  Les photos ont été prises par une […]

La photo fait le tour du net. Un magasin Célio, situé à Rouen, est sous le feu des projecteurs pour avoir lacéré et jeté des vêtements. Si on est loin des 60 tonnes de vêtements brûlés par H&M, ces photos remettent en lumière les dérives de la fast-fashion. 

Les photos ont été prises par une passante samedi soir. Des polos, anoraks et tee-shirts ont été lacérés puis jetés par la boutique. Révoltés par ce qu’ils ont découvert dans les poubelles du magasin, un groupe de personnes a décidé de les accrocher sur la grille. Magali (le prénom a été modifié), témoin de la scène, nous raconte :

« Mon époux et moi avons vu un attroupement vers l’enseigne de Célio aux alentours de 19h – 19h15. Des personnes ont remarqué les nombreuses poubelles devant le magasin. En vérifiant le contenu, elles se sont rendues compte que les vêtements avaient été lacérés pour ne pas pouvoir les utiliser. Un petit groupe de jeunes a alors décidé de les accrocher sur le rideau de fer pour dénoncer les pratiques de la boutique. »

Une rumeur circule selon laquelle l’exposition des vêtements sur la grille aurait été réalisée par des salariés mécontents de la boutique. Elle a été démentie par la responsable du magasin. Le groupe Celio, face à l’incompréhension générale, explique qu’il s’agissait de vêtements importables et précise faire des dons de vêtements réguliers à l’Agence du Don en Nature : 300 000 vêtements auraient ainsi été donnés à l’association depuis sa création.

Pourtant, Magali précise :

« Certains vêtements étaient simplement tâchés ou avaient un bouton manquant. Un Monsieur sans-abri de la Rue du Gros-Horloge a vérifié s’il ne pouvait pas récupérer un vêtement, sans succès. C’est déplorable de voir de telles inégalités à notre époque. »

On le sait, certaines personnes ont les moyens de changer de garde-robe chaque saison alors que d’autres ont à peine de quoi se nourrir correctement chaque mois. Au-delà de ce triste constat des inégalités se pose également la question de la gestion des ressources. Même pour une entreprise bien portante, et face à un monde aux ressources de plus en plus difficiles d’accès, peut-on encore accepter un tel gâchis ?

En 2016, la Banque Mondiale insistait sur la « redoutable menace » de la raréfaction des ressources en eaux exacerbée par le changement climatique. Peut-on vraiment se permettre de continuer à jeter ainsi des vêtements lorsque l’on sait qu’il faut environ 2 500 litres d’eau pour fabriquer un t-shirt en coton ? Les grandes entreprises du textile ne feraient-elles mieux pas de mettre en place des filières de revalorisation des vêtements « importables » ? Certaines associations, comme Chaussettes Orphelines, le font déjà. Chaussettes Orphelines collecte et recycle les textiles, notamment de chaussettes, pour les transformer en fils, puis en de nouveaux vêtements grâce à l’insertion sociale de femmes du quartier de la Goutte d’Or à Paris.

Crédits : Acteurs Paris Durable

Cette expérience montre qu’une autre organisation est possible pour les industries du textile, surtout lorsqu’elles en ont les moyens. Il est facile faire porter la responsabilité de la fast-fashion sur les choix des consommateurs, alors que certaines filières tardent à mettre en place les systèmes nécessaires à une industrie de la mode résiliente et vertueuse. 

Photos : NB

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Laurie Debove

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