image couv site 8762222

Grâce au compost, 80 familles parisiennes ont détourné 8 tonnes de déchets !

FacebookTwitter

Après des années d’éducation au tri sélectif, deux tiers des Français affirment que ce geste simple du quotidien est devenu un véritable réflexe. Le tri sélectif est perçu comme utile, pour le bon sens pratique qu’il implique, mais plus encore pour des raisons d’éthique. Cet investissement à échelle individuelle a encouragé les Français à se responsabiliser sur la question de l’avenir de leurs déchets. Ne nous arrêtons pas en si bon chemin, il est urgent de délester nos poubelles ! Chaque année en France, un habitant produit environ 360 kg d’ordures ménagères. Cela vous semble énorme ? Effectivement, c’est deux fois plus qu’il y a 40 ans. Face à ce « débordement », de nombreuses initiatives soutiennent l’étoile montante du « zéro déchet ». L’une d’entre elles refait surface, il s’agit du phénomène compostage. Remontons nos manches et devenons des aficionados de la « pluche » !

Faute de savoir quoi en faire, nous jetons machinalement nos déchets de cuisine avec les ordures ménagères. Un tiers des poubelles domestiques est composé de « bio déchets », de déchets végétaux qui sont destinés à l’incinération ou à l’enfouissage. Quand on y réfléchit, cette pratique est une aberration quand on connait le noble rôle de la matière organique dans le cycle du vivant. Vos épluchures de légumes, coquilles d’œufs et autres déchets de cuisine peuvent jouir d’une seconde vie, alors pourquoi les en priver ? Les bio déchets ont une valeur agronomique importante, plus question de négliger leur potentiel. D’autant que d’ici 2025, nous aurons obligation de les trier comme il se doit.

Constitués d’eau à 60 %, voire à 90 %, ces déchets alimentaires ont un pouvoir calorifique quasi nul, ils encombrent les incinérateurs et dégradent le rendement énergétique des installations. En revanche, ils ont toutes les qualités requises pour se reconvertir en puissant fertilisant grâce au compostage. Cette pratique ne date pas d’hier, et pourtant elle s’inscrit plus que jamais dans la tendance. « Aujourd’hui composter c’est devenu quelque chose de moderne. Nous produisons des déchets, il faut les assumer. Et plutôt que les abandonner à la collectivité, il faut les traiter soi-même et la meilleure façon de le faire c’est le compostage » nous explique Jean-Jacques Fasquel, maître composteur et acteur du réseau CompoStory.

Contrairement à ce que disent les rumeurs, un compost bien équilibré ne sent pas mauvais ! Pour vous le prouver, on a déniché le prototype exemplaire du « Jardin Santerre », inauguré en 2008 par une poignée de motivés ; le projet compte aujourd’hui 80 familles participantes. C’est ainsi qu’au 107 rue de Reuilly, les habitants détournent plus de 8 tonnes de déchets du circuit de traitement classique. « Préparer du compost est une belle occasion de s’associer au vivant, c’est une communion pleine de sensibilité » nous apprend le célèbre Manuel des jardins agroécologiques de « Terre & Humanisme ».

Ne devient pas « maitre composteur » qui veut, la formation c’est du sérieux ! Rapport carbone/azote, fermentation aérobie, brassage et transfert… ces termes vous semblent énigmatiques ? Les techniques de compostage, tout comme le jargon associé, reposent sur une connaissance pointue des lois fondamentales du vivant. Le compostage est une technique optimisant le processus naturel de décomposition des matières organiques, c’est pourquoi nous devons apprendre à coopérer avec la communauté des champignons, des bactéries et des lombrics. N’oublions pas que ces petits habitants du sol sont indispensables à la réussite de l’opération.

IMG_0175

Notre conversion à la pratique du compostage n’est qu’une question de temps. Inutile de jalouser la campagne, vivre en ville n’est plus un obstacle. D’ores et déjà, des associations spécialisées, telles que CompoStory, proposent un accompagnement pour la mise en place de bacs à compost. Tout le monde peut s’y mettre et les citadins ne s’en privent pas. À Paris, il existe plus de 350 lieux de compostage collectif. Pour passer à l’action, rien de plus simple : il suffit d’identifier les porteurs du projet et de délimiter un emplacement adéquat. Dans un second temps, quelques impératifs administratifs sont recommandés : l’accord de la mairie, du conseil syndical et du propriétaire du bâtiment (ou du bailleur social). Le maître composteur se charge de commander le matériel, de l’installer avec les participants et l’aventure peut commencer. « Ainsi, on se projette dans un projet collaboratif. Ça n’est pas juste un tri de déchets, c’est aussi un créateur de lien social » se réjouit Jean-Jacques.

Le compostage est un enseignement de la nature, et Antoine Lavoisier nous le traduit par une formule presque magique : « Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme. » Quand on y réfléchit, le merveilleux monde du « zéro déchet » existe déjà, c’est celui de la nature. Un aphorisme, bien connu, ne se lasse pas de nous rappeler combien « la nature est bien faite », c’est peu dire face au prodige du cycle de la vie. Dans la nature les déchets n’existent pas, quelle prouesse !

Commandez votre nouveau Livre-Journal en cliquant sur l’image !

FacebookTwitter
Article Précédent
Article Suivant