Gel des contrats aidés : le gouvernement à 1 000 lieues de la réalité

La réorganisation des dépenses publiques par le gouvernement Macron continue… Pour atteindre les 4,5 milliards d’euros d’économie, cette fois-ci ce sont les contrats aidés qui sautent. Qu’est ce qu’un contrat aidé ? Les contrats aidés menacés* sont des CAE (Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi) ou CUI (Contrat Unique d’Insertion) qui favorisent l’accès à l’emploi à des personnes […]
14 août 2017 - Diane Scaya
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

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La réorganisation des dépenses publiques par le gouvernement Macron continue… Pour atteindre les 4,5 milliards d’euros d’économie, cette fois-ci ce sont les contrats aidés qui sautent.

Qu’est ce qu’un contrat aidé ?

Les contrats aidés menacés* sont des CAE (Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi) ou CUI (Contrat Unique d’Insertion) qui favorisent l’accès à l’emploi à des personnes en difficulté (recherche d’un premier emploi, personnes ayant subi une longue période de chômage, étant en situation de handicap, ou d’un âge « avancé »). Pour ce faire, les entreprises / collectivités locales / associations s’engagent à fournir une formation à ces salariés en échange de quoi l’Etat verse une aide mensuelle à l’employeur. L’objectif de ce dispositif mis en place sous la présidence de Nicolas Sarkozy en 2010 est triple et visait à terme une réduction du chômage en :

– Favorisant l’accès à l’emploi pour les « laissés-pour-compte » du Pôle Emploi

– Facilitant l’embauche pour les entreprises

– Augmentant les compétences

(*Reste donc le seul renouvellement des emplois d’avenir déjà en cours)

Coûteux et jugés inefficaces, ils passent à la trappe

Il y a deux semaines, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a annoncé à l’Assemblée nationale :

« Un, les contrats aidés sont extrêmement coûteux pour la nation ; deux, ils ne sont pas efficaces dans la lutte contre le chômage ; et trois, ils ne sont pas un tremplin pour l’insertion professionnelle ».

En effet, elle estime que ces contrats permettent surtout aux « associations ou collectivités locales d’équilibrer leur budget grâce à quelque chose qui devrait être de la politique de l’emploi. » Les budgets alloués aux contrats aidés ont donc été brusquement gelés au moins pour 2017, et peut-être définitivement. Muriel Pénicaud ajoutera que le dernier gouvernement a sous-budgétisé et surconsommé ces types de contrats. C’est ainsi que lundi dernier, les agences Pôle Emploi ont reçu l’ordre de ne plus délivrer de contrats et d’arrêter ceux qui sont en cours. Certains salariés se sont ainsi vu subir une interruption ou une suppression d’un contrat qui leur avait été promis ou même qu’ils avaient démarré.

Comme dans un mauvais film

On ne compte déjà plus les situations irréelles auxquelles ont été confrontés employeurs et ex-salariés depuis cette annonce. France Bleu nous livre une interview d’Isabelle, 40 ans, mère de deux enfants qui a vu son contrat devenir caduque en un coup de fil. Au mois de juin dernier, cette dernière, originaire du Sud de la France, avait décroché un emploi pour un poste dans la ville du Havre via un CUI. Contrat signé le 7 août, cette maman quitte son logement, en loue un autre, inscrit ses filles dans une école du Havre, laissant derrière elle sa région d’origine, ses amis, ses attaches. Tout s’arrête quatre jours plus tard par un simple coup de fil de Pôle Emploi. Pour la petite histoire, Isabelle ne sera pas payée pour ses 3 jours de travail…

Mettre la charrue avant les bœufs

Afin d’équilibrer cette coupe de plusieurs milliers d’emplois, la ministre a annoncé vouloir « investir dans la formation, dans le développement des compétences, c’est l’objet du grand plan d’investissement « compétences » que nous lancerons à l’automne ». Pr-o-ri-ser : si les décisions de fin d’année n’ont pas encore eu lieu, cette dernière assure qu’elles seraient prises d’ici quelques jours, axées autour des quatre grandes priorités de ce mandat : « les Outre-mer, l’Education nationale, l’urgence sanitaire et l’urgence sociale. »

La Réunion, terre « En Marche », s’indigne

En parlant de priorité Outre-Mer, la quasi totalité des maires de la Réunion n’ont clairement pas apprécié cette décision brusque. En effet, ils sont rassemblés devant la préfecture de Saint-Denis afin de réclamer la rétractation du gouvernement sur cette décision ainsi que l’augmentation des contrats aidés, sans lesquels « la rentrée scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires de l’île ne pourra pas être assurée. » Stéphane Fouassin, président de l’Association des maires de l’île a expliqué que « pour que la rentrée se passe correctement, dans la sécurité et l’hygiène, il nous faut 3 298 emplois ». Le préfet de la Réunion, Amaury de Saint Quentin, a annoncé la semaine dernière un déblocage de 1 800 contrats pour le milieu scolaire : à contre-courant de la situation en métropole, et pourtant encore jugé largement insuffisant par les maires.

Un peu de décence ?

La déconnexion avec la réalité du gouvernement est telle que ce dernier s’est permis de couper des milliers d’emplois en plein été, à la veille de la rentrée. Pas d’annonce en amont, pas de préparation des employés de Pôle Emploi qui sont complétement désemparés, pas de temps pour se retourner pour les fraîchement/faussement salariés… Aucun dispositif digne du strict minimum ! Et la transparence si largement prônée ? Qu’en fait-on ? Le gouvernement dit chercher la confiance des citoyens, mais comment l’acquérir en prenant des décisions sans une once d’explication aux « gens qui ne sont rien », en mettant à la porte des milliers de personnes du jour au lendemain ? Que dire à ceux qui ont déménagé ? Ceux qui ont obtenu un prêt ? Ceux qui ont changé leurs enfants d’école ? Pourquoi aucune mesure de remplacement de dispositif n’est prise pour effectuer une transition et non un arrêt net sans prévention ?

Perplexité, incompréhension, colère, manque de confiance : un terreau parfait pour un mandat explosif.

On vous recommande l’excellente vidéo de Le Fil d’Actu :

Sources : France Bleu, Le Parisien, Europe 1

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14 août 2017 - Diane Scaya
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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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