Pour fuir une patrouille, un passeur « noie délibérément » plus de 29 jeunes migrants…

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Le média britannique The Independent nous rapporte un nouvel événement sordide concernant les migrants. Ce mercredi, un passeur a poussé délibérément plus de 120 migrants à la mer.

L’Organisation Internationale pour les Migrations rapporte qu’au moins 29 jeunes sont morts le mercredi 9 août et que 22 autres sont portés disparus en mer d’Arabie après avoir été contraints de sauter à la mer par leur passeur. Lors d’une patrouille de routine, des employés de l’OIM ont découvert une scène d’horreur : « les corps de 29 migrants apparemment rapidement enterrés sur une plage de Chabwa ». De son côté, le personnel médical fait part de « 27 survivants qui sont restés sur la plage et auxquels des soins d’urgence ont été fournis. D’autres avaient déjà quitté les lieux. Et 22 personnes sont portées disparues ».

Que s’est-il passé ?

Les survivants ont rapporté que le passeur les aurait sommés de sauter à l’eau ou même dans certains cas les aurait poussés à la vue d’un bateau des autorités près de la côte. Une fois débarrassé de son « chargement », le passeur était déjà sur la route du retour vers la Somalie afin de continuer son business, c’est-à-dire ramener d’autres migrants vers le Yemen. Laurent de Boeck, responsable de la mission de l’OIM au Yémen accuse le coup.

« C’est choquant et inhumain. La souffrance des migrants qui empruntent cette route est sans commune mesure ».

De nombreuses personnes tentent de passer par le Yémen pour atteindre un pays riche du Golfe et échapper aux conditions de vie déplorables et aux conflits en Ethiopie ou en Somalie. L’OIM signale que « depuis janvier, près de 55 000 personnes ont quitté la Corne de l’Afrique pour atteindre le Yémen dans l’espoir de trouver une vie meilleure dans les pays du Golfe. Parmi eux, plus de 30 000 sont originaires d’Ethiopie et de Somalie et ont moins de 18 ans. Un tiers seraient des femmes. ».

Indifférence générale

Les médias et les hommes politiques parlent des migrants d’une telle manière que nous n’y voyons plus que des chiffres, des situations générales plutôt que des humains. Les préjugés sont larges et ont la belle vie, tordant clairement le cou à ces hommes, femmes et enfants qui vivent déjà l’enfer depuis trop longtemps.

On parle de clandestins, de resquilleurs, d’envahisseurs. On parle de flux, d’invasion, de vagues, d’afflux. On condamne ceux qui les aident à passer comme s’ils faisaient entrer une maladie dangereuse. On parle de migrants qui abusent du système ou qui sont une menace pour la sécurité nationale. Mais on parle bien moins de personnes qui ont dû faire le choix le plus difficile de leur vie en quittant leurs repères, leur chez eux, en emmenant leur vie dans une valise pour se rendre dans des destinations où personne ne veut d’eux.

Si le nombre de réfugiés a atteint un record historique, il ne représente pourtant que 0,3% de la population mondiale – cela signifie qu’une volonté de la communauté internationale permettrait d’accueillir simplement et dignement ceux qui vivent le pire dans leur pays d’origine. Grâce à un partage pertinent des responsabilités, il est possible de ne pas constituer une masse de personnes sacrifiées, flottante et perdue.

Economiquement, politiquement et humainement, il est possible et même indispensable de respecter le droit d’asile, d’accueillir ces personnes fuyant le pire et de faire passer la solidarité au-delà de la peur destructrice de notre nature.

En 2016 : 264 381 arrivées par la mer, 3 194 morts ou disparus.

En 2017 : 117 795 arrivées par la mer, 2 408 morts ou disparus.

PARLONS-EN. SENSIBILISONS. ENGAGEONS-NOUS. SOUTENONS-LES.

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