Feux de forêt en Sibérie: un impact environnemental très préoccupant

En 2018, ce sont plus de 1000 personnes qui ont péri dans les incendies. Ici aussi, le climat change plus vite que dans le reste du pays. Le climat y est très sec, soumis aux vents. Les habitants s’installent dans les zones à risque, souvent poussés par la crise du logement. Or 95% des incendies sont d’origine humaine.
7 août 2019 - Sarah Roubato
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13,1 millions selon Greenpeace, seraient partis en fumée en Sibérie. Un phénomène inimaginable et qui pourtant ne cesse d’augmenter et de se développer. La fumée noire s’étend sur six fuseaux horaires. Orages secs, chaleur anormale et vents forts, tout est réuni pour que la catastrophe soit totale. En Sibérie, les températures sont 8 à 10 degrés au-dessus des normes de saison.

Portugal, Californie, Grèce… les incendies rentrent dans notre mémoire des grandes catastrophes liées au réchauffement climatique. La Sibérie et ses habitants étouffés vient s’y ajouter. 

En Sibérie où les sols sont très secs, l’augmentation de la température est plus rapide qu’ailleurs. Le fait que les autorités choisissent le plus souvent de laisser les incendies se propager tant qu’ils ne présentent pas un risque majeur pour la population, y participent aussi. La Sibérie étant très pauvre, les moyens des pompiers sont dérisoires.

Crédit photo : Muhammad A.F / ANADOLU AGENCY

Pourtant dans l’État le plus riche des États-Unis, la Californie, la situation n’est pas mieux maîtrisée. Sur une superficie des deux tiers de la France, la Californie est la zone la plus à risque de l’Amérique du Nord.

En 2018, ce sont plus de 1000 personnes qui ont péri dans les incendies. Ici aussi, le climat change plus vite que dans le reste du pays. Le climat y est très sec, soumis aux vents. Les habitants s’installent dans les zones à risque, souvent poussés par la crise du logement. Or 95% des incendies sont d’origine humaine. 

En France, alors que la chaleur augmente, les incendies de forêt ont diminué. La preuve que la gestion des incendies par les autorités et la prévention sont des facteurs importants. Les gouvernements nationaux et locaux n’ont pas les mêmes moyens, mais la formation joue aussi.

En France, 95 % des feux sont arrêtés par les pompiers avant d’atteindre 1 hectare. De 20 000 hectares brûlés en 2016 et 2017, ce sont 7 000 hectares qui ont brûlé en 2018-2019. Au Portugal, la même superficie fut détruite en une journée le mois dernier et en Espagne, en quelques jours au mois de juin. La France a beaucoup misé sur la prévention, la plupart des origines étant d’origine humaine – feu de camp, cigarette mal éteinte, mauvaise installation électrique.

Comme pour le Plan Canicule, la France a su tirer les conséquences des incendies ravageurs de 2003 où 75 000 hectares avaient été brûlés, entraînant plusieurs décès. Outre la prévention, la punition pour les pyromanes est maintenant la prison ferme. Du côté des pompiers, la coordination entre les secours s’est améliorée, des tours d’observations sont déployés pour déceler les départs de feu, et les pompiers sont déjà postés aux endroits stratégiques pour pouvoir intervenir rapidement. Enfin les dispositifs aériens ont été renforcés.

Les incendies ont souvent un facteur exponentiel, de graves incendies entraînant plus facilement d’autres, car les sols sont asséchés et en érosion. Dans toutes les régions propices aux incendies, le phénomène prend chaque été de l’ampleur. En tant normal, les feux font partie de la vie des forêts, et s’ils ne touchent pas toujours les mêmes zones, chaque forêt est capable de se régénérer, sans qu’il y ait de grand danger pour les écosystèmes. Mais avec le réchauffement climatique, tout s’accélère et pour les espèces fragilisées, un incendie peut avoir des conséquences importantes pour la survie de l’espèce.

Les incendies n’auront pas le même effets selon le type de forêt et de sol. Si l’incendie n’est pas trop long, les arbres peuvent ne perdre que les feuilles branches et tronc, et se régénérer par les racines. Certains conifères peuvent mieux résister à la chaleur grâce à la cire qui recouvre leurs épines. Les feuillus peuvent faire apparaître de nouvelles pousses sur le tronc ou sous terre, c’est le phénomène de rejet. Les conifères vont surtout mettre en œuvre la germination : les pommes de pin tombées s’ouvrent lorsque la cire qui les entourait fond, libérant les graines, qui vont rapidement germer dans un sol chaud et sans concurrence. Mais si les incendies sont trop nombreux, les arbres n’auront pas le temps d’arriver à maturité, et à la place de la forêt, ce sera un maquis. 

Mais un incendie n’a pas que des répercutions dans ce qu’il brûle. Après le passage des flammes, les parasites et les champignons qui viendront se nourrir de ce qui reste trouveront moins de résistance de la part des arbres privés de leurs défenses. Outre la mort de nombreux animaux, ceux qui peuvent échapper aux flammes — les grands mammifères et les oiseaux — se retrouvent confinés dans des espaces plus restreints où ils peuvent causer une surpopulation. Dans le Var et en Corse, plusieurs espèces déjà menacées comme le lézard vert ou la tortue d’Hermann, ont souffert lors des incendies de 2017. 

Les fumées dégagent des gaz toxiques, la suie et les cendres, en se déplaçant, modifient la qualité de l’air. Dans le cas de la Sibérie, cet incendie risque d’accélérer la fonte des glaciers d’Arctique. En Californie, les incendies créent leur propre météo en formant des tourbillons de chaleur. Chaque phénomène s’autoalimente, et nous ne sommes qu’au début du processus.

Image à la une : Alexandr Kryazhev / Sputnik via AFP

7 août 2019 - Sarah Roubato
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