« Pas un euro de plus » : 80 économistes plaident pour la sortie des énergies fossiles

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Après le cri d’alarme des 15 000 scientifiques sur l’urgence climatique, alors que se prépare le One Planet Summit autour du thème « Finance et Climat » présidé par Emmanuel Macron le 12 décembre, 80 économistes internationaux de réputation mondiale demandent le retrait total des investissements dans les énergies fossiles.

Lien pour la lettre « Pas Un Euro de Plus » ici.

Si, à la suite de la COP21, de nombreux Etats ont tenu leur engagement d’accroître les aides au développement des énergies renouvelables, ce mouvement ne s’est pas pour autant accompagné d’un désinvestissement pour les énergies fossiles. En France notamment, malgré la figure de chef de file du mouvement en faveur de la transition énergétique qu’a voulu adopter Mr Macron, tout porte à croire qu’aucune mesure jusqu’à présent n’a véritablement été réalisée dans cette optique. Ce serait même plutôt l’inverse quand on pense à la ratification du CETA et du JEFTA par exemple ou encore à la révision des échéances pour les objectifs fixés à l’Europe lors de la COP21.

Au-delà des Etats, cet appel vise aussi à alerter les banques qui sont les grandes responsables de l’orientation de notre futur énergétique. Un rapport publié le 22 juin dernier et intitulé « Banking on climate change » établissait un classement des 37 plus grandes banques mondiales, notées de A (aucun investissement dans les énergies fossiles) à F. Aucune banque n’obtenait la lettre A, toutes les grandes banques françaises et américaines étaient classées entre B et D. A l’inverse les trois banques japonaises et quatre chinoises obtenaient toutes un F qualifiant « l’absence d’engagement à participer à la lutte contre le changement climatique ».

Ainsi, c’est pourquoi 80 économistes réputés, originaires de 20 pays différents, ont uni leurs voix pour appeler les organismes privés comme publics à mettre un terme définitif aux investissements dans la production des énergies et des infrastructures fossiles, et de rediriger massivement les financements vers les énergies renouvelables. A l’instar de l’appel signé par 15 000 scientifiques publié le 13 novembre dernier, la lettre souligne :

« Les études montrent que le C02 contenu dans les gisements de combustibles fossiles actuellement exploités suffit à nous amener au-delà du seuil de réchauffement climatique critique. Les nouveaux projets d’exploration et de production sont incompatibles avec le maintien du réchauffement de la planète en dessous des +2 °C (et le plus près possible de +1,5 °C), mais de nombreux projets en cours devront être abandonnés plus rapidement qu’en suivant le rythme de l’épuisement des ressources. Pour le dire autrement : il n’y a plus de place pour de nouvelles infrastructures fossiles, et il n’y a donc aucune raison de continuer d’investir dans le secteur. »

Cet appel vise alors en premier chef à interpeller les acteurs politiques et « la communauté des investisseurs » qui seront présents au sommet organisé par Emmanuel Macron deux ans jour pour jour après la tenue de la COP 21 et dont ils estiment qu’ils ont « le pouvoir de créer les conditions pour rendre ce changement possible. »

Parmi les signataires on retrouve notamment les Américains Jeffrey Sachs (conseiller senior de l’ONU) et James Kenneth Galbraith, les Grecs Yanis Varoufakis (ex-ministre de l’Economie) et Phoebe Koundouri, les Italiens Simone Borghesi, Marzio Galeotti, le Tunisien Slim Ben Youssef, l’Israélien Yifat Reuveni et les Français Alain Karsenty, Patrick Criqui, Hélène Ollivier, Dominique Plihon, Jean-Pierre Ponssard et Cécile Renouard…

A la suite de cet appel, des ONG telles que 360.org, France nature environnement, Réseau action climat, Fondation pour la nature et l’homme ou encore Greenpeace ont décidé d’organiser un rassemblement le 12 décembre autour du thème « Pas un euro de plus pour les énergies du passé ».

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