Un énorme projet d’extraction d’or soulève l’indignation en Guyane française

Un projet d’extraction d’or, qui serait porté pour une multinationale russe, soulève l’opposition et l’indignation en Guyane française. La ruée vers l’or Une lutte s’engage en Guyane contre le projet « montagne d’or ». Ce projet, soutenu par la quasi-totalité des politiques en Guyane ainsi que par Emmanuel Macron, est classé Seveso : installation dangereuse, due à la […]
29 janvier 2018 - Maureen Gilmant
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Un projet d’extraction d’or, qui serait porté pour une multinationale russe, soulève l’opposition et l’indignation en Guyane française.

La ruée vers l’or

Une lutte s’engage en Guyane contre le projet « montagne d’or ». Ce projet, soutenu par la quasi-totalité des politiques en Guyane ainsi que par Emmanuel Macron, est classé Seveso : installation dangereuse, due à la présence de l’usine de cyanure nécessaire à l’extraction.

Sur le site du projet, le projet est expliqué comme étant un projet « socio-économique et environnemental responsable ». Ils annoncent ainsi un début de production d’ici 2022 durant 12 ans suite à des études de faisabilités et d’impact.

« On prévoit de produire 85 tonnes d’or sur douze ans, avec un taux de l’or à 1200 dollars par once (et sur un gisement estimé à 150 tonnes). Si le cours de l’or augmente ou si on peut faire baisser le coût de l’exploitation, on pourrait prévoir d’exploiter plus, et étendre la durée de vie de la mine de quelques années » explique Rock Lefrançois, président de la compagnie minière montagne d’or.  

Cette démarche de « mine responsable » avait été lancée par Arnaud Montebourg et reprise par Emmanuel Macron. Les opposants attendent, toujours, le « livre blanc » sur « la réduction des impacts ».

Détenu à 55% par la multinationale russe (Alexei Mordachov) et à 45% par une société minière basée à Vancouver (Columbus Gold), le projet mettra en place des infrastructures minières qui seront installées sur une surface de 8km2. « La montagne d’Or », quant à elle, occupe une superficie de 15.24 km2.

Crédits : Montagne d’Or

Un risque dévastateur pour l’environnement

 Située entre deux réserves biologiques présentant un potentiel de biodiversité élevée, ces réserves seront exposées à l’utilisation de « 57 000 tonnes d’explosifs », « 46 500 tonnes de cyanure » et « 142 millions de litres de fuel ». Le projet provoquerait une augmentation de la consommation d’électricité en Guyane de 20%. De plus, le site nécessiterait, pour les premières années, d’être approvisionné par l’équivalent de 26 groupes électrogènes au fioul. Soit l’équivalent de 120 hectares de champ solaire ou 8km2 de forêt brulés chaque année.

Ainsi, lors d’un rassemblement à Cayenne, les opposants n’ont pas hésité à pointer du doigt la catastrophe écologique mais également industrielle que cela représenterait sur le réseau hydrographique.

Une note d’information interministérielle de février 2016 affirmait que ce projet était « hors normes par ses aspects économiques » et que les « empreintes spatiales et écologiques » qu’il induirait sont inconnues. L’étude technique réalisée, prévoit de dynamiter le sol afin d’obtenir une fosse, qui représenterait l’équivalent de 32 stades de France au sein de la forêt amazonienne.

Les promoteurs du projet, de leur côté, mettent en avant le « souffle économique » qu’il pourrait créer. Selon eux, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 750 créations d’emplois pendant l’exploitation, 2500 emplois indirects et 350 millions d’euros de retombées fiscales. WWF quant à lui dénonce ce projet dans un rapport (Montagne d’or, un mirage économique ?). L’ONG affirme qu’elle n’imagine pas qu’une telle idée puisse voir le jour en 2018 et dénonce que celui-ci capterait « 420 millions d’euros de fonds publics ».

Ce projet vient donc s’ajouter aux nombreuses prises de décisions incohérentes avec les engagements pris au sein de la COP21 et de l’accord de Paris.

Crédits photo de couverture : J. Amiot / Montagne d’Or

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29 janvier 2018 - Maureen Gilmant
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