Bonne nouvelle pour les énergies renouvelables : selon le dernier rapport, publié chaque année, du réseau international REN21, le taux d’équipement en structures productrices d’énergies renouvelables à travers le monde est en constante progression. Dans un panorama très complet, qui ne se contente pas de brosser la situation mais analyse les évolutions de marché, les tendances et l’efficacité de chaque technologie, le rapport confirme l’essor du secteur à l’échelle mondiale.
Le chiffre est symbolique : à la fin de l’année 2016, la puissance installée en énergies renouvelables a dépassé le seuil des 2 000 gigawatts (GW), soit une croissance de 8,7%, constante par rapport à l’année précédente. Côté consommation, presque 1/5 de l’énergie consommée dans le monde (19,3%) provient de sources renouvelables (contre encore 78,4% venant d’énergies fossiles). Le secteur est aujourd’hui équitablement réparti entre biomasse traditionnelle (combustion de matière organique pour le chauffage et la cuisine dans les zones rurales) et énergies modernes (hydraulique en tête, puis éolien, solaire, biomasse moderne, etc.).
Pour bien appréhender le poids des énergies renouvelables modernes, il faut s’intéresser à la production d’électricité (à distinguer de la production d’énergie, dont elle n’est qu’une forme). Ceci posé, le renouvelable se hisse à près d’un quart (24,5%) de la production mondiale, en forte croissance du côté des équipements : +33 % pour le solaire photovoltaïque, +12,5% pour l’éolien.
Paradoxe des investissements
Le rapport apporte cependant une nuance à cette bonne nouvelle : malgré une croissance nette des équipements, les investissements dans les énergies renouvelables sont en baisse : courant 2016, les sommes investies ont ainsi baissé de 23%, pour atteindre 215 milliards d’euros (soit le niveau de 2010). Fait notable : cette baisse est plus marquée dans les pays en développement (-30%, menée par la Chine qui représente un tiers des investissements de la catégorie) que dans les pays développés (-14%), alors que les premiers étaient historiquement plus enthousiastes en la matière. On peut donc imaginer que cette baisse se répercutera dans les années suivantes sur la croissance des équipements.

Une autre justification, cependant, est esquissée par le rapport : les sommes investies sont moins importantes non pas parce que les initiatives sont plus rares, mais parce que le coût des technologies renouvelables a diminué, permettant d’avoir « plus de capacité pour moins cher ». C’est notamment le cas pour le photovoltaïque, dont les investissements ont reculé de 34% mais dont la valeur du marché a bondi de 50 %.
Dernières explications à la récente frilosité des investissements : les subventions publiques aux énergies renouvelables restent faibles, surtout en comparaison avec celles accordées aux énergies fossiles. Selon Le Monde, « les derniers chiffres harmonisés (…) font état de 490 milliards de dollars d’aides publiques allouées par les Etats au secteur fossile, contre seulement 135 milliards pour les renouvelables », soit quatre fois moins.
Pourtant, le secteur recèle de nombreuses promesses d’emploi : « le monde ajoute chaque année davantage de capacité renouvelable qu’il n’ajoute de capacité dans les différentes ressources fossiles », commente le président de REN21, en soulignant que cette progression se traduit en autant d’emplois : près de 10 millions d’emplois directs et indirects pour toutes les filières rassemblées.

La France, modeste mais bonne élève
En comparant les capacités installées de tous les pays du monde, le rapport souligne la nette domination de la Chine dans tous les types d’énergies renouvelables. Suivent l’Allemagne, les Etats-Unis ou encore le Japon. Avec une capacité bien moindre (moins de 10 GW), la France se classe pourtant dans les dix premiers acteurs du secteur. Rappelons que dans l’Hexagone, 77% de l’électricité provient encore du nucléaire, contre 17% pour les sources renouvelables.
Le bilan est donc largement positif, mais il ne répond pas entièrement à l’urgence du réchauffement climatique. En effet, il subsiste encore des doutes quant à la rentabilité écologique des énergies solaire et éolienne, dont le fonctionnement est propre mais dont l’installation nécessite de lourds travaux. De plus, la plupart des énergies renouvelables sont utilisées pour produire de l’électricité, mais une large part des émissions en gaz à effet de serre sont à imputer à des industries thermiques (dont l’énergie provient du fossile) : pour aller plus loin, une reconversion de ces secteurs à l’électricité s’impose.

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