En dix ans, 50 millions d’hectares de forêts ont été détruits par les entreprises qui s’étaient engagées à « zéro déforestation »

« Ces entreprises détruisent l’avenir de nos enfants en nous entraînant vers un effondrement climatique et écologique. Ils ont perdu dix ans en demi-mesures et, pendant ce temps-là, de vastes régions du monde sauvage ont été détruites. Ils devraient actuellement être en gestion de crise, et au lieu de ça leur seule stratégie est de faire croître toujours plus la demande de produits qui détruit toujours plus les forêts », a déclaré Anna Jones, responsable du projet mondial sur les forêts de Greenpeace UK.
13 juin 2019 - Laurie Debove
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Les grandes déclarations s’enchaînent mais les actes ne suivent pas. C’est ce que dénonce le rapport « Compte à rebours jusqu’à l’extinction » de Greenpeace International. En 2020, 50 millions d’hectares de forêts auront été détruits par les entreprises qui s’étaient engagées à un objectif « zéro déforestation » en… 2010.

Dix ans et aucun progrès. A l’occasion du forum mondial du « Consumer Goods Forum », Greenpeace International s’est penché sur le cas des entreprises qui s’étaient engagées à un objectif « zéro déforestation » pour 2020 à travers un « sourcing responsable » de leurs approvisionnements. Colgate-Palmolive, Danone, IKEA, Kellogg, L’Oréal, Mars, Nestlé, PepsiCo, Procter & Gamble, Unilever : aucune de ces multinationales n’a tenu ses engagements pris en 2010.

Avec un titre éloquent, le rapport « Compte à rebours jusqu’à l’extinction » est publié à 200 jours de la date limite de leur engagement pour un constat accablant : loin du zéro déforestation, 50 millions d’hectares de forêt ont été défrichés, soit une superficie deux fois plus grande que le Royaume-Uni, pour du soja, l’huile de palme, du caoutchouc, du cacao et l’élevage industriel.

« Ces entreprises détruisent l’avenir de nos enfants en nous entraînant vers un effondrement climatique et écologique. Ils ont perdu dix ans en demi-mesures et, pendant ce temps-là, de vastes régions du monde sauvage ont été détruites. Ils devraient actuellement être en gestion de crise, et au lieu de ça leur seule stratégie est de faire croître toujours plus la demande de produits qui détruit toujours plus les forêts », a déclaré Anna Jones, responsable du projet mondial sur les forêts de Greenpeace UK.

Depuis 2010, la production et la consommation de produits agricoles liés à la déforestation – notamment le bétail, le soja, l’huile de palme, le caoutchouc et le cacao – ont considérablement augmenté et continuent d’augmenter. 80 % de la déforestation mondiale est le résultat direct de la production agricole, libérant des émissions climatiques équivalentes à celles du Japon, de l’Allemagne et du Royaume-Uni combinés.

Le rapport indique ainsi que les superficies de cultures de soja au Brésil ont augmenté de 45 % et la production d’huile de palme en Indonésie de 75 %. L’agriculture industrielle est également la principale cause de destruction de l’habitat des espèces.

Parmi la cinquantaine d’entreprises auxquelles Greenpeace a écrit pour en savoir plus sur les « bonnes pratiques » mises en place pour respecter leurs engagements, pas une seule n’a donné une réponse à la hauteur des enjeux. Pire, toutes les marques qui ont révélé leurs fournisseurs s’approvisionnent auprès des négociants en matières premières Bunge ou Cargill, connus pour acheter du soja à des entreprises agroalimentaires accusées d’accaparement de terres et de la destruction du Cerrado brésilien, la savane la plus riche en ressources fauniques au monde.

Environ 90 % du soja est utilisé pour nourrir les animaux afin de produire de la viande et des produits laitiers. Pourtant, aucune des entreprises avec lesquelles Greenpeace a pris contact n’inclut les aliments pour animaux dans leurs rapports de déforestation. Ils ne connaissent pas la quantité de soja utilisée pour l’alimentation animale, encore moins sa provenance. Alors que la consommation de produits issus des animaux devrait décroître drastiquement, les estimations de la FAO estiment qu’au contraire la consommation de viande devrait augmenter de 76 %, la production de soja de près de 45 % et l’huile de palme de près de 60 %, nous entraînant dans une spirale infernale production / destruction / consommation.

En octobre dernier, le GIEC a reconnu que la refonte du système alimentaire visant à assurer la protection des forêts est un élément essentiel de la lutte contre la crise climatique. Tandis qu’en mai, la plate-forme intergouvernementale des politiques scientifiques sur la biodiversité et les systèmes écosystémiques (IPBES) a mis en garde l’humanité qu’elle fera elle aussi partie de la sixième extinction de masse, si rien n’est fait pour restaurer et protéger la nature.

« Notre message aux entreprises est simple : faites évoluer votre modèle pour éviter les perturbations climatiques et écologiques, et réduisez vos activités. », a déclaré Anna Jones, responsable des forêts à Greenpeace UK.

Crédit Photo à la une : RAPHAEL ALVES / AFP

13 juin 2019 - Laurie Debove
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Tout va bien enfin, ça va aller Synopsis: En ce début d’année, l’économie mondiale est en chute libre et le climat social s’effrite de plus en plus. Des banques qui ne délivrent plus d’argent, une pénurie d’essence et des coupures d’électricité à répétition vont amener nos deux héros à prendre conscience que l’effondrement est à leur porte. Que faire quand tout s’effondre ? Quand partir ? Et surtout, où aller ?
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