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En 2018, la fortune de 1900 milliardaires a augmenté de 2,5 milliards de dollars PAR JOUR

Les 26 personnes les plus riches possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale
22 janvier 2019 - Laurie Debove
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Générations, notre nouveau livre qui marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde

- Thème : Changements climatiques, répression policière, inégalités, agroécologie, politique, féminisme, nature…
- Format : 290 pages
- Impression : France

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Les années passent et les inégalités continuent de se creuser dans des proportions alarmantes. Dans son rapport annuel, Oxfam l’énonce clairement : les super riches s’enrichissent de plus en plus, alors que les très pauvres s’appauvrissent. L’ONG exhorte les gouvernements à taxer les plus riches avant que cet accaparement des richesses ne détruise totalement des services publics essentiels, comme la santé ou l’éducation.

Les 26 personnes les plus riches possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale

Comme chaque année, Oxfam publie son rapport sur les inégalités la veille du Forum économique de Davos pour alerter les décideurs politiques sur les dangers de l’aggravation des inégalités. Pour établir son bilan, l’ONG s’appuie sur les chiffres du magazine américain Forbes (et notamment son classement des plus grandes fortunes) ainsi que ceux de la banque Crédit suisse.

S’il fallait une preuve supplémentaire de l’inexistence de la « théorie du ruissellement », les chiffres donnés par le rapport d’Oxfam 2019 sont des exemples frappants. Les richesses sont plus concentrées que jamais. En 2017, ils étaient 43. En 2018, ce sont 26 personnes qui possédaient autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, soit 3,8 milliards de personnes. Dans le même temps, la « richesse » de ces 3,8 milliards de plus pauvres a chuté de 11 %, notamment en Afrique subsaharienne. Résultat : 3,4 milliards de personnes vit avec moins de 5,50 dollars par jour.

Le mot « ruissellement » est d’ailleurs significatif : ce sont les gouttes qui ruissellent, et ces gouttes n’arrivent même plus aux populations en ayant un besoin vital.

Les autres données fournies par Oxfam sont tout autant marquantes :

  • Pareil qu’en 2017, un nouveau milliardaire tous les deux jours
  • La fortune de 1900 milliardaires dans le monde a augmenté de 900 milliards de dollars rien que l’an dernier, soit 2,5 milliards de dollars par jour (voir note : http://policy- practice.oxfam.org.uk/publications/private-wealth-or-public-good-620599)
  • Les riches dissimulent 7 600 milliards de dollars dans les structures offshore
  • Dans certains pays comme le Brésil et le Royaume-Uni, les 10 % les plus pauvres s’acquittent d’une imposition sur le revenu proportionnellement plus élevée que les 10 % les plus riches.
  • La majorité des personnes les plus fortunées dans le monde sont des hommes. À l’échelle mondiale, les femmes gagnent 23 % de moins que les hommes. Ces écarts salariaux entre femmes et hommes soulèvent de graves problèmes à travers le monde.
  • En France, 8 milliardaires possèdent plus que les 30% les plus pauvres

Services publics ou fortunes privées ?

Intitulé « Services publics ou fortunes privées ? », le rapport d’Oxfam ne mâche pas ses mots sur les risques encourus par les pays à laisser s’échapper autant de capitaux au détriment de services publics essentiels comme l’éducation et la santé. Le coût humain des inégalités est dévastateur. Aujourd’hui :

  • 262 millions d’enfants ne pourront pas aller à l’école.
  • Près de 10 000 personnes décéderont par manque d’accès aux soins de santé.
  • 16,4 milliards d’heures de travail de soin non rémunéré seront effectuées, la majorité par des femmes en situation de pauvreté.

« Les États sont actuellement confrontés à un choix : une vie digne pour l’ensemble de leurs citoyen-ne-s ou la concentration de richesses extrêmes par une poignée d’élites ? Nous devons transformer nos économies pour garantir l’universalité de l’accès à la santé, à l’éducation et à d’autres services publics. Pour cela, les entreprises et les plus riches doivent payer leur juste part d’impôts. Cela permettra de réduire considérablement l’écart entre les riches et les pauvres et entre les femmes et les hommes. » Oxfam

En effet, au-delà de faire partie des droits humains les plus basiques, les services publics comme l’éducation et la santé ont un rôle primordial dans l’éradication de la pauvreté, la réduction des inégalités et la lutte contre les injustices entre les femmes et les hommes.

Par exemple, une augmentation de 0,5 % de l’impôt sur la fortune des 1 % les plus riches permettrait de collecter plus que ce que coûteraient sur un an l’éducation des 262 millions d’enfants non scolarisés et les soins de santé susceptibles d’éviter le décès de 3,3 millions de personnes. Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde et propriétaire d’Amazon, a vu sa fortune atteindre 112 milliards de dollars. 1 % seulement de sa fortune équivaut au budget total de la santé de l’Éthiopie, un pays de 105 millions d’habitants.

Le rapport d’Oxfam est enrichi de nombreux témoignages, dont celui de l’investisseur en capital-risque Nick Hanauer. Se décrivant pourtant lui-même comme un « adepte du capitalisme », il analyse la situation mondiale en ce termes :

« Seule une société qui cherche à inclure l’ensemble de sa population dans l’économie peut fonctionner sur le long terme. Pour édifier une telle société, les plus riches doivent s’acquitter de leur juste part d’impôts. Pourtant, comme le démontre le rapport d’Oxfam de cette année, ils font tout le contraire. Il ne peut y avoir de justification morale à ce comportement, autre que le dogme néolibéral aujourd’hui discrédité, selon lequel le monde serait un meilleur endroit où vivre si chacun cultivait son propre égoïsme. Il n’y a pas non plus la moindre justification économique. Les inégalités ne sont pas une fatalité. Aucune règle économique ne stipule que les plus riches doivent continuer de s’enrichir alors que les personnes pauvres meurent par manque de soin. La concentration d’autant de richesses aux mains d’une élite n’a aucun sens alors que ces ressources pourraient venir en aide à l’ensemble de l’humanité. Les inégalités sont le résultat de choix politiques. »

Oxfam appelle donc les gouvernements du monde à mettre en place une imposition plus forte sur les revenus des plus riches, à l’image du rétablissement de l’ISF en France.

22 janvier 2019 - Laurie Debove
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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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Générations Notre nouveau livre « Générations » marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde. Changements climatiques, répression policière, inégalités, capitalisme hors de contrôle : la nouvelle génération va devoir relever des défis inédits, pour certains presque insurmontables. Mais que ressent-elle ? Quel sens donne-t-elle au présent ? Et comment perçoit-elle l’avenir ? C’est ce que nous avons cherché à comprendre dans ce nouveau livre-journal, « Générations ».
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