Ecologique et économique, mobilisation citoyenne pour le train de nuit

« On a conscience que le redéploiement du train de nuit constitue une dépense, c’est pour cela qu’on propose de taxer l’aviation pour le financer. Aujourd’hui, c’est un non-sens écologique et économique que l’avion soit moins cher que le train. Il faut taxer l’aviation et utiliser cet argent pour permettre aux gens de se déplacer autrement. » Nicolas Forien, co-fondateur du collectif « oui au train de nuit »
3 mai 2019 - Laurie Debove
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Le train de nuit à la rescousse pour des mobilités plus faciles et écolo ? C’est le pari du collectif « oui au train de nuit » dont la pétition a récolté plus de 115 000 signatures. Face à l’engouement citoyen, plusieurs sénateurs proposent des amendements en ce sens sur la future Loi d’Orientation des Mobilités (LOM).

Suite à un travail d’investigation de trois ans, « oui au train de nuit » a développé plusieurs propositions pour désenclaver les territoires ruraux ayant peu accès à la Grande Vitesse, et réduire l’impact écologique des déplacements longue distance. Le collectif promeut l’investissement d’1.5 Milliard d’euros d’ici 2030 pour avoir 600 voitures couchettes neuves, et rénover 150 voitures corail.

Crédit Photo : nik radzi

Cela permettrait d’ouvrir 30 nouvelles lignes de train, 15 nationales et 15 internationales, et selon leurs estimations d’éviter 150 000 mouvements d’avion par an, soit 1,5 millions de tonnes de CO2 en moins par an. Selon l’Agence Européenne de l’Environnement (AEE), un passager en avion émet 285 grammes de C02 sur un kilomètre, contre 158 grammes en voiture et seulement 14 grammes en train.

« On a conscience que le redéploiement du train de nuit constitue une dépense, c’est pour cela qu’on propose de taxer l’aviation pour le financer. Aujourd’hui, c’est un non-sens écologique et économique que l’avion soit moins cher que le train. Il faut taxer l’aviation et utiliser cet argent pour permettre aux gens de se déplacer autrement. » Nicolas Forien, co-fondateur du collectif « oui au train de nuit »

Le train de nuit n’aurait pas vocation à remplacer les Lignes à Grande Vitesse, mais bien à les compléter, notamment sur les distances de plus de 750km. En France, les lignes de nuit permettraient créer un réseau transversal et d’éviter aux usagers de passer par Paris lorsqu’ils veulent se déplacer dans le Sud. A l’international, le train de nuit offrirait une alternative à l’avion pour les déplacements en Europe.

Crédit Photo : Jan Putin

Ecologique, économique et pratique, les arguments avancés par le collectif « oui au train de nuit » ont su faire écho jusqu’auprès de Sénateurs : sept amendements ont été proposés sur la future Loi d’orientation des mobilités (LOM). Les territoires montagnards, comme les Pyrénées ou le Massif central, sont particulièrement concernés par l’isolement et le manque de desserte ferroviaire.

« Les amendements portés sont un premier pas assez encourageant, il y a eu beaucoup d’enthousiasme dans les débats au Sénat avec des sénateurs qui ont pointé ce manque de financement. Les trains de nuit doivent se contenter de 30 millions d’euros ce qui suffit peut-être pour la peinture, mais pas pour mener une politique ferroviaire pérenne. » Nicolas Forien, co-fondateur du collectif « oui au train de nuit »

Les 30 millions d’euros sont destinés à prolonger la durée de vie d’une petite partie du parc de trains de nuit existants, déjà vieux de 40 ans. En comparaison, le gouvernement veut financer des rames neuves à hauteur de 3,7 milliards d’euros (Md€), mais uniquement pour les Intercités de jour.

La Loi d’orientation des mobilités doit orienter la politique française de mobilités pour les prochaines décennies. Elle doit être examinée à l’Assemblée Nationale à partir du 14 mai. Jusqu’à présent parent pauvre de la politique ferroviaire en France, le train de nuit pourrait-il obtenir sa revanche grâce à une mobilisation citoyenne sur le sujet ?

3 mai 2019 - Laurie Debove
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