Dérèglement climatique : une tempête a ravagé la quasi-totalité des productions en Ardèche, dans la Drôme et l’Isère

Cette tempête s’inscrit dans le contexte du dérèglement climatique dans lequel nous subirons des orages violents et des phénomènes météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents.
20 juin 2019 - Laurie Debove
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 130 pages
- Impression : France

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Samedi 15 juin, des chutes de grêles violentes se sont abattues sur plusieurs départements dont l’Ardèche, la Drôme et l’Isère. Elles ont causé de nombreux dégâts : des hectares de cultures ont été complètement détruits par la tempête et certains agriculteurs ont perdu quasiment toute leur récolte. Loin d’être épisodique, cette catastrophe nous invite à repenser la résilience de l’agriculture en période de dérèglement climatique.

Le premier bilan est catastrophique : en quinze minutes, l’orage aurait détruit 20 000 tonnes d’abricots sur les 30 000 tonnes potentielles du secteur de production, soit 15 % de la production nationale et 25 % de la production de la région Auvergne Rhône-Alpes. Pêches, vignobles, maïs, cultures en tout genre, noyers ont tous été sévèrement impactés.

« En Isère, on parle de 2/3 du verger de noyer touché. Près de 20.000 noyers sont arrachés ou à arracher et doivent être replantés, ils ne produiront pas de noix avant 7 ou 8 ans au moins. C’est une situation historique, pas vue depuis 1982. » détaille sur Twitter Baptiste Labeyrie. Direction Recherche, Innovation et Expertise – équipe Fruits SEFRA du CTIFL

Pour les arboriculteurs, les conséquences de cette tempête vont durer dans le temps. Alors que certains arbres ont carrément été déracinés ou penchés, les dommages peuvent s’étendre sur le long terme en perturbant la croissance des arbres. Les vergers abîmés devront parfois être coupés et remplacés. Pour Aurélien Esprit, arboriculteur à Pont de l’Isère dans le nord du département, le bilan est lourd. Il estime avoir perdu entre 70 et 90 % de sa production de pommes, cerises et abricots.

« Ça a été horrible, j’ai cru vivre un cauchemar quand j’ai levé les yeux au ciel et que j’ai vu ces nuages noirs. Et puis on a entendu la grêle de la taille d’une balle de ping pong, j’ai rien compris. Je n’ai jamais vu ça. On n’a plus que les yeux pour pleurer, on avait une année magnifique qui s’annonçait. Et aujourd’hui, on a compris qu’on allait replonger dans la galère. Pour combien de temps, je ne sais pas. Rien que pour ma petite exploitation c’est 300.000 euros de crédit, je ne sais pas comment je vais faire. On ne va pas avoir de salaire, on va payer pour travailler. » explique-t-il sous le choc dans une vidéo publiée sur Facebook

Crédit Photo : Wolfgang Hasselmann

Le Ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a rendu visite aux agriculteurs pour constater les dégâts. Il leur a promis de déclarer « l’état de catastrophe naturelle » pour faciliter les démarches des agriculteurs auprès de leurs assurances. Laurent Wauquiez, le président d’Auvergne-Rhône-Alpes, a annoncé que la Région allait débloquer « cinq millions d’aide d’urgence ».

Cette tempête s’inscrit dans le contexte du dérèglement climatique dans lequel nous subirons des orages violents et des phénomènes météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents.

Philippe Collin, agriculteur dans l’Yonne et ancien porte-parole de la Confédération paysanne, met ainsi en garde contre les autres évènements climatiques auxquels les agriculteurs doivent de plus en plus faire face.

« Il y a eu une succession de dégâts liés à la météo dans notre région, en Bourgogne. Par exemple, de très grandes chaleurs sur des périodes inattendues, comme en juin il y a deux ans, avec plusieurs jours à 38-39 degrés. Mais aussi des intempéries, comme début juillet 2014 où la pluie est tombée pendant dix ou quinze jours et a abîmé la récolte. En 2016, le ciel est resté couvert pendant deux semaines début juin, de quoi bloquer la croissance des plantes. En tout cela fait six ans de suite que la récolte est mauvaise, c’est du jamais vu. » explique-t-il au journal Marianne

Et pas la peine de compter sur la géo-ingénierie pour y pallier, ceux qui ont essayé de se protéger avec des canons anti grêle, ou en ensemençant les nuages avec des ballons chargés de sels hygroscopiques, n’ont pas réussi à sauver leurs récoltes selon les premières estimations.

Débloquer des aides financières pour que les agriculteurs puissent souscrire à des assurances ou installer des filets paragrêles sont des pistes à explorer pour les aider à faire avec un climat de plus en plus instable.

Crédit photo à la une : PHILIPPE DESMAZES / AFP

20 juin 2019 - Laurie Debove
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