Déforestation : 739 km carrés de forêt ont été décimés en 31 jours

"La protection des forêts sans lesquelles nous ne pourrions pas survivre, mérite que nous nous y intéressions de près, au-delà des symboles comme la forêt amazonienne." Sarah Roubato
26 juin 2019 - Sarah Roubato
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Au Brésil, le mois de mai 2019 restera peut-être dans les annales, comme ayant atteint le plus haut taux de déforestation de la forêt amazonienne. Ce sont 739 km carrés de forêt qui ont été décimés en 31 jours. Les associations de protection de l’environnement craignent que ce ne soit que le début. Depuis l’arrivée du gouvernement Bolsonaro, les contrôles visant à éradiquer la déforestation illégale ont chuté de 70%.

En janvier dernier, le gouvernement annonçait par la radio nationale son ambition : construction d’un barrage hydroélectrique sur un affluent de l’Amazone, pont de 1,5 kilomètres et le prolongement d’une route nationale sur plus de 500 kilomètres.

La forêt amazonienne couvre près de la moitié de la surface du pays. Pour comprendre la situation, il nous faut regarder avec d’autres yeux la situation : l’Amazonie a longtemps été considérée comme le refuge des indigènes considérés comme arriérés. Vers la moitié du XXème siècle, sous la dictature, le développement économique devient un enjeu majeur, et la forêt son principal moteur. Si nous y regardons de plus près, les Brésiliens ne font pas autre chose que ce que les pays européens ont fait progressivement au cours de leur développement.

Avec l’émergence d’une conscience écologique, le début des années 2000 a permis de ralentir considérablement la déforestation, passant de 25 000km carrés par an à 8 000. Mais l’arrivée de l’actuel président remet en question cette avancée.

On a souvent coutume d’appeler l’Amazonie “le poumon vert de la planète”. Cette représentation fait déjà partie du passé, et nous sommes entrés dans une nouvelle ère : celle où les forêts tropicales rejettent plus de CO2 qu’elles en absorbent. Comment est-ce possible ? La déforestation entraîne un rejet de CO2 massif, mais le plus gros n’est pas là. C’est la perte de densité et de diversité des espèces bloque le système d’absorption du CO2. Aujourd’hui les forêts tropicales rejettent deux fois plus de CO2 qu’elles n’en produisent. Il ne suffit donc pas d’avoir une forêt visible pour qu’elle fasse office de poumon vert.

La protection des forêts sans lesquelles nous ne pourrions pas survivre, mérite que nous nous y intéressions de près, au-delà des symboles comme la forêt amazonienne. En commençant, peut-être, par regarder autour de soi, ce que nous faisons pour la préservation de nos forêts et de ses habitants, des écosystèmes complexes et fragiles, que nous abîmons par notre consommation, mais aussi par notre tourisme : marcher en forêt en faisant du bruit, circuler en dehors des sentiers, laisser du papier toilette en pensant que c’est biodégradable, nettoyer son terrain des souches mortes, acheter des produits qui plantent un arbre.

Notre ignorance est une arme aussi destructrice que l’inconscience de certains dirigeants farfelus et criminels. À nous de rééduquer notre regard et celui de nos enfants.

26 juin 2019 - Sarah Roubato
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