Des consignes pour inciter à recycler : l’idée qu’on attendait !

La secrétaire d’Etat à la Transition écologique, Brune Poirson, a annoncé mardi 6 février la possibilité de la mise en place d’un système de consignes notamment pour les emballages plastiques, les canettes en métal et les piles dans le cadre de l’élaboration d’une feuille de route pour l’économie circulaire qui doit être publiée fin mars. […]
8 février 2018 - Auguste Bergot
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La secrétaire d’Etat à la Transition écologique, Brune Poirson, a annoncé mardi 6 février la possibilité de la mise en place d’un système de consignes notamment pour les emballages plastiques, les canettes en métal et les piles dans le cadre de l’élaboration d’une feuille de route pour l’économie circulaire qui doit être publiée fin mars.

Le modèle existe déjà en Europe et a su faire ses preuves. En Allemagne par exemple, la plupart des emballages des boissons (en verre, en métal ou en plastique) est consignée depuis 2003. Pour ces emballages qui portent la mention Pfand (caution) ou Pfandflasche (bouteille consignée), le consommateur paye entre 8 et 25 centimes qui lui sont rétrocédés sous la forme de bons d’achat ou de liquidités une fois l’emballage restitué dans un point de collecte (dans les commerces). Grâce à ce dispositif, l’Allemagne a atteint aujourd’hui un taux de recyclage des emballages de 90%.

La France elle-même disposait entre 1960 et 1990 d’un système de consigne pour les emballages en verre, mais ce modèle a laissé la place au tri sélectif à domicile, suite au développement de l’usage du plastique à usage unique pour les emballages. Pourtant aujourd’hui, force est de constater que les résultats sont en deçà des espérances. Si 87% des Français trient les emballages ménagers, seulement 44% le font systématiquement d’après un sondage Ipsos. Environ 68% des emballages ménagers ont été recyclés en France en 2016, avec seulement 43% pour les emballages en aluminium, et 60% pour ceux en plastique. Le verre en revanche est recyclé à 86%.

Photo : Lemon Tri

C’est donc dans la perspective d’atteindre un taux de recyclage global de 75% d’ici 2022, et, de manière plus générale de développer une filière plus performante pour la gestion des déchets, que le ministère de la Transition écologique et solidaire a lancé, le 30 octobre, une vaste consultation publique afin d’amorcer l’élaboration d’une feuille de route pour l’économie circulaire. C’est de cette consultation publique qu’est ressortie l’idée de « transformer la consigne », qui serait « une puissante incitation au geste de tri qui est vécu par les Français comme un geste contraignant », souligne le communiqué de presse du ministère de la Transition écologique et solidaire.

Trois grands axes sont aujourd’hui à l’étude pour viser la collecte, à terme, de 100% des produits recyclables :

– La mise en place d’un dispositif de consigne pour les bouteilles en plastique, les canettes métalliques, et les piles.
– La mise en place d’un dispositif de reprise incitant au retour des téléphones, équipements informatiques, téléviseurs.
– Le déploiement d’équipements pour collecter les déchets recyclables dans les lieux où le taux de recyclage est au plus bas (centres urbains, zones touristiques etc.)

A l’occasion de sa visite dans la start-up de collecte des déchets Lemon Tri, la secrétaire d’Etat à la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, a ainsi présenté ce premier axe d’étude (la généralisation de la consigne à tous les emballages de boisson ainsi qu’aux piles). L’objectif serait donc a priori d’installer des automates de collecte dans les lieux où l’on consomme (et qui sont les lieux où l’on est les moins incités à recycler) et de nous inciter à y déposer nos emballages avec une petite participation financière lors de l’achat, rétribuée sous la forme de bons d’achat, de liquidités, ou même de dons à des associations. La secrétaire d’Etat souligne par ailleurs que cela constituerait une véritable opportunité pour « qu’une filière française innovante de machines de déconsignation soit développée par des entreprises françaises. »

D’autres propositions sont à l’étude, notamment l’incitation financière en amont (i.e. avant que l’emballage ne soit un déchet) pour limiter la part d’emballages non recyclables. D’une manière générale les idées qui ont émergé de cette première ébauche de la feuille de route pour l’économie circulaire concernent la taxation des entreprises « polluantes », qui produiraient des matériaux non recyclables, non réparables, non biodégradables etc.

Pour donner votre avis sur ces propositions, ou en proposer de nouvelles, rendez-vous sur le site destiné à la consultation publique, ici.

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