Un collectif lance un appel contre la « course folle » de l’élevage intensif

Alors que l’élevage concentrationnaire, venu du reste de l’Europe et plus rentable pour la filière agro-industrielle fait son chemin en France, un collectif pour l’environnement appelle les agriculteurs à revenir à une agriculture humaine, transparente et respectueuse de l’environnement. Un appel à la « réconciliation entre élevage, environnement et société » Il y a un mois se […]
29 avril 2017 - Antoine Puig
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Alors que l’élevage concentrationnaire, venu du reste de l’Europe et plus rentable pour la filière agro-industrielle fait son chemin en France, un collectif pour l’environnement appelle les agriculteurs à revenir à une agriculture humaine, transparente et respectueuse de l’environnement.

Un appel à la « réconciliation entre élevage, environnement et société »

Il y a un mois se tenait à Brest le congrès 2017 de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), le syndicat majoritaire de la profession agricole. Profitant de cette occasion, le collectif Plein Air, rassemblant plusieurs associations de défense de l’environnement, a adressé au syndicat une lettre dénonçant la « course folle au productivisme » menée par la filière agricole en France.

Cette lettre, construite autour de six demandes, en appelle à leur bon sens pour arrêter un modèle économique à bout de souffle. Selon le collectif, la course au volume et à la baisse des coûts de production, notamment dans l’élevage, mène la filière droit dans le mur : elle ne fait que renforcer la crise des agriculteurs (morale et économique, avec l’élimination impitoyable des « moins bons »), la pollution de l’environnement et la détresse des animaux.

L’élevage intensif en France

La lettre du collectif Plein Air se veut une réaction à la multiplication récente en France des projets de « fermes usines », gigantesques exploitations pour l’élevage intensif. Citons par exemple la « Ferme aux mille vaches », étable laitière hors sol établie dans la Somme comptant 1 750 bovins, ou le projet récent, autorisé l’été dernier, d’une exploitation porcine de 13 750 têtes dans le Finistère. Particulièrement présent en Bretagne, d’où sort 58% de la production porcine française (700 producteurs, 278 millions d’euros de chiffre d’affaire), le modèle inspiré des exploitations allemandes se répand en France.

La lettre du collectif Plein Air se veut une réaction à la multiplication récente en France des projets de « fermes usines », gigantesques exploitations pour l’élevage intensif.

En effet, le modèle traditionnel, fondé sur le pâturage en plein air, dépasse rarement les 350 têtes pour les plus gros troupeaux. Pourquoi une telle concentration ? La réponse est simple : rentabilité. En concentrant les animaux dans des hangars, en les faisant nourrir par des machines au dosage contrôlé, et en intégrant dans une même pièce mise bas et engraissement, la production augmente, les coûts baissent (peu de main d’œuvre) : dans les exploitations les plus modernes, on double le poids d’un veau en 200 jours. Certaines fermes, comme la « Ferme aux mille vaches » possèdent même leur propre système de recyclage des excréments : à l’aide d’un méthaniseur, les déjections sont transformées en énergie rachetée par EDF.

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Car oui, de telles exploitations rejettent énormément de déchets. Du lisier, principalement, mais aussi de l’azote en grandes quantités. Et pour celles qui ne disposent pas de méthaniseur, la solution classique consiste à répandre le lisier sur les champs pour les fertiliser ; avec le ruissellement des intempéries, les déjections contaminent à l’ammoniac tout l’écosystème avoisinant, jusqu’à l’océan qui se couvre d’algues vertes. En plus de ce risque écologique, la concentration des pauvres bêtes favorise le développement d’épidémies, combattues en conséquence à grand renfort d’antibiotiques.

Refonder le système agricole

Il est urgent de combattre le développement de ce type d’agriculture, car il ne fait qu’aggraver le malaise de la filière. Alors que sa rentabilité (hors subventions de la PAC) n’est même pas assurée (de telles installations coûtent cher et provoquent l’endettement des agriculteurs, tout en restant à la merci des variations des prix au niveau mondial), ce modèle met à mal l’agriculture traditionnelle et favorise la réduction du nombre d’exploitations (divisé par quatre entre 1955 et 2010). Seuls au milieu de leurs fermes gigantesques, les agriculteurs traversent une crise morale profonde, comme en témoigne ce chiffre glaçant : en France, un agriculteur se suicide tous les deux jours. S’ajoute enfin le mal-être, difficilement mesurable mais bien présent, des animaux naissant, vivant et mourant dans ces hangars contre-nature.

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C’est pourquoi le collectif Plein Air demande une refondation de la filière agricole en six points : transparence sur les méthodes d’élevage, refus de la production inutile, élevage intégré (à l’herbe) et respectueux de l’environnement (eau, sol et air), remplacement de la performance économique par la performance sociale et environnementale, prise en compte du bien-être animal et refonte du système de subventions de la PAC (pour favoriser les élevages respectueux et durables).

Au centre de ces requête se trouve un changement de notre rapport, en tant que société, à la nourriture. Celle-ci ne doit plus être vue comme un simple bien auquel nous avons droit à bas prix, mais comme une responsabilité dont on s’acquitte : du côté du producteur comme de celui du consommateur, il faut diminuer les quantités (notamment de viande) pour veiller à la qualité, tout en augmentant les prix. Comme en témoigne la diffusion des modèles d’agriculture biologique et des circuits courts, la demande du côté des citoyens existe bel et bien : à nous de nous faire entendre de la filière productrice.

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29 avril 2017 - Antoine Puig
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Tout va bien enfin, ça va aller Synopsis: En ce début d’année, l’économie mondiale est en chute libre et le climat social s’effrite de plus en plus. Des banques qui ne délivrent plus d’argent, une pénurie d’essence et des coupures d’électricité à répétition vont amener nos deux héros à prendre conscience que l’effondrement est à leur porte. Que faire quand tout s’effondre ? Quand partir ? Et surtout, où aller ?
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