image-couv-site-00108

Biocoop souhaite mettre en place une TVA à taux réduit pour les produits bio

FacebookTwitter

Nous connaissons tous, dans notre entourage, une personne qui ne se lasse pas de vociférer contre l’agriculture biologique : “ C’est trop cher… et en plus on n’est même pas sûr que c’est vraiment bio !” La formule typique et passe-partout du contestataire qui cultive son ignorance sur “la bio” (comme on dit dans le jargon). Deux ou trois ripostes suffisent à faire taire les sarcasmes mais les consensus sont difficiles à obtenir. Bien sûr, l’agriculture biologique n’est pas irréprochable et elle souffre des mêmes symptômes que l’agriculture traditionnelle, à savoir qu’elles sont toutes les deux issues d’une société capitaliste qui manie l’art du business, avant tout.

Pour mettre tout le monde d’accord (ou presque), un nouveau rebondissement économique dans le secteur alimentaire de la bio est annoncé. Claude Gruffat, président de la Biocoop, est à la tête d’une initiative probante qui tombe sous le sens : « Le réseau Biocoop propose de baisser la TVA sur les produits issus de l’agriculture biologique, ce peut être un vrai levier pour son développement «, a-t-il déclaré le 14 novembre dernier, lors des 9e Assises de la bio.

biocoop-provins1

Certes, il est facile de démontrer que les produits bio n’enrichissent pas notre porte-monnaie. Une simple comparaison de tickets de caisse atteste qu’en moyenne, et en fonction des modes de commercialisation, les produits bio sont environ 30 % plus chers que leurs homologues non bio. Si nous nous arrêtons au prix d’achat, consommer bio ne représente pas l’option économique la plus intéressante, d’autant plus que les ménages ne consacrent que 20% de leur budget total à l’alimentation. Mais gardons à l’esprit que le rapport qualité/prix se calcule différemment, et qu’il faut l’envisager sur le long terme. Effectivement, les produits bio sont chers à la caisse, mais le conventionnel implique des “coûts cachés” que nous devons considérer dans notre équation. Notamment « les coûts environnementaux et de santé que l’on paie indirectement par les impôts » explique Hugues Toussaint, président de l’association Bio Consom’acteurs. Il faut par exemple « épurer l’eau polluée par les engrais, payer les frais de santé occasionnés par l’utilisation des pesticides… Les impôts pourraient contribuer au développement du bio au lieu de pallier les conséquences de l’agriculture conventionnelle » rajoute-t-il.

Parmi les principales explications de surcoût concernant l’agriculture biologique, nous retrouvons surtout un mode de production chronophage qui implique un besoin accru en main d’œuvre (désherbage mécanique, soin aux animaux, rotation des cultures…). À cela s’ajoutent des rendements généralement moins élevés comparés aux exploitations conventionnelles “boostées” par les intrants chimiques. N’oublions pas que l’agriculture biologique est nettement moins soutenue par les pouvoirs publics. Le mode de répartition des subventions de la PAC (Politique Agricole Commune) favorise nettement les grosses exploitations d’agriculture intensive.

Par enchainement logique, le « biovore » contribue positivement à la qualité de l’eau, des sols et des aliments. Finalement, nous constatons aussi qu’il permet à la société de réaliser des économies. Une TVA à taux réduit pour les produits bio rétablirait l’équité entre les producteurs et les différents acteurs de la filière, c’est également une façon de démocratiser ce mode de consommation plus respectueux de l’environnement. « L’accessibilité est un vrai souci pour nous » déclare Claude Gruffat. « Chez Biocoop, nous pratiquons des prix lissés, nous nous approvisionnons localement et nous ne faisons pas de produits de contre-saison ». Pour Hugues Toussaint, permettre à un agriculteur de vivre de son métier en France justifie les prix qui sont pratiqués : « La bio revendique d’être plus chère, mais aussi plus juste, et ce, à tous les niveaux ».

Crédit Photo : Olivier Perez

Commandez votre nouveau Livre-Journal en cliquant sur l’image !

FacebookTwitter
Article Précédent
Article Suivant