La place de ces produits dans les émissions mondiales

Un nouveau rapport de l’institut pour l’agriculture et la politique commerciale (IATP) publié mercredi 18 juillet affirme que « la consommation de viande et de produits laitiers à un impact dangereux sur le réchauffement climatique ». Pour cela, l’institut évalue les émissions de gaz à effet de serre (GES) des secteurs, mais également la transparence des entreprises du secteur à ce sujet.

Le rapport vient mettre en évidence « la place croissante de ces produits dans les émissions mondiales ».

Crédit Photo : Stijn te Strake

Selon les analyses, les émissions des cinq premières entreprises du secteur de la viande et des produits laitiers (JBS, Dairy Farmers of America, Tyson et Fonterra) sont supérieurs à celles des géants des énergies fossiles comme Exxon, BP ou Shell.

Des chiffres inquiétants lorsque l’on sait que, si leur croissance se poursuit au même rythme, ils pourraient absorber en 2050, « plus de 80 % du budget annuel de gaz à effet de serre » compatible avec la limitation du réchauffement climatique à 1.5°C.

La transparence des entreprises

« Ces chiffres ne sont pas vraiment nouveaux. » explique Devlon Kuyek auteur du rapport :

« Il faut dire aussi qu’on a du mal à les obtenir. Ainsi, Cargill ne donne aucun chiffre, mais évoque une hausse de la production dans sa division bœuf. »

Crédit Photo : Mehrshad Rajabi

En effet, qui dit plus de bœuf, dit mécaniquement davantage d’émissions de GES. Pourtant l’entreprise ne semble pas en tenir compte dans son rapport annuel.

Si quelques entreprises exposent leurs émissions de GES, la majorité ne le mentionne même pas. Ainsi, les 35 plus grosses firmes du secteur excluent « leur chaîne d’approvisionnement » (et donc l’utilisation de bétail)  de leurs études sur leur empreinte carbone. Pourtant, celles-ci totalisent entre 80 % et 90 % des émissions réelles du secteur !

Parmi ces entreprises, Danone. Le groupe possède un plan en lien avec l’accord de Paris, cependant, rien n’est mis en place concernant les émissions de GES de leur chaîne d’approvisionnement. Rien n’est mentionné sur l’utilisation de vaches à lait, et pourtant l’empreinte ne peut diminuer sans transformation majeure.

Selon des observations scientifiques, les ours polaires développeraient des comportements inhabituels causés par le réchauffement climatique.

Un comportement étonnant a été observé en juin dernier sur un campement scientifique. Habituellement sur la banquise, l’ours polaire s’aventure rarement dans les terres. Cependant, la présence d’un ours polaire a été confirmée à plus de 3 200 mètres d’altitude au beau milieu de l’Inlandsis du Groenland. La cote la plus proche se trouvant à 320 km.

D’après Andrew Derocher, spécialiste des ours polaire, ce périple représente un record d’ascension pour l’espèce. « Je ne vois pas dans quel autre lieu un ours polaire aurait pu grimper aussi haut » a déclaré le spécialiste à l’Université d’Alberta au Canada. « C’est vraiment un comportement bizarre. Cet animal passe normalement toute sa vie à proximité de la mer.»

Crédit Photo : T MG

Cependant, le changement climatique entraîne des modifications de l’habitat des ours polaires. C’est en effet la fonte des glaces qui cause probablement ce déplacement inhabituel. Néanmoins, outre sa nécessité de banquise pour accéder à sa proie principale — les phoques — cette diminution de territoire met en danger la reproduction de l’espèce.

Les rencontres Homme-Ours sont donc de plus en plus fréquentes. C’est la troisième fois en trois ans qu’un ours polaire s’aventure dans une station de recherche scientifique située au cœur de l’Inlandsis du Groenland. Selon une étude publiée en 2017, 73 attaques d’ours ont été recensées entre 1870 et 2014. La majorité d’entre elles ont eu lieu entre 2010 et 2014, période à laquelle la superficie de la banquise était particulièrement restreinte.

Crédit Photo : Victor Benard

Dans une étude réalisée en 2015, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) classait le changement climatique comme « la menace la plus importante pour les 26 000 ours polaires du monde ». Les chercheurs estimaient comme « hautement probable » une diminution de 30% de la population d’ici 2050, « en raison des changements dans leur habitat de glace de mer ».

Et pour cause, en 2017, la banquise arctique occupait à son minimum estival une superficie de 4.6 millions de kilomètres carrés, contre 60.5 millions en 1995.

Les spécialistes estiment que d’ici la fin du siècle, l’Arctique ne sera plus que mer en été. Pour l’heure, à cette saison, des courants poussent encore la banquise contre les îles arctiques canadiennes et le nord du Groenland, formant des poches de glaces. Cependant, les chercheurs affirment que « si le monde continue de se réchauffer, même ces ultimes refuges finiront par ne plus pouvoir subvenir aux besoins de l’espèce ».

Selon plusieurs études, le bruit des activités humaines met en danger la faune sauvage, notamment en modifiant leurs comportements naturels jusque dans les habitats les plus reculés. Un constat qui appelle l’humanité à mieux prendre en compte les sensibilités acoustiques variées qui composent la nature, et à cultiver le silence.

Bruit de fond

Beaucoup d’espèce animales sont dotées d’une ouïe bien supérieure aux capacités humaines ; le loup, par exemple, possède un spectre auditif deux fois plus large (jusqu’à 40 kHz, quand l’homme est limité à 20 kHz) qui lui permet de mieux entendre et plus loin. Pourtant, nous ne prenons pas assez en compte l’impact universel de notre bruit sur la vie sauvage, jusque dans les zones les plus éloignées et les plus protégées.

Crédit Photo : Michael LaRosa

Selon une étude récemment publiée dans la revue Science, la pollution sonore met en danger les écosystèmes naturels partout, même dans les zones protégées. Première étude à être menée à si grande échelle (492 sites protégés aux Etats-Unis, qui possèdent des réserves naturelles sur 14% de leur territoire), cette initiative prouve que le bruit d’origine humaine (ou bruit anthropique), produit par les transports, les activités industrielles et les chantiers, se répand partout : ainsi, la pollution sonore liée aux humains double le bruit de fond dans 63 % des aires protégées, et le multiplie par dix dans 21 % de ces zones.

Quand le son modifie les comportements

Au-delà du constat, cette étude rejoint plusieurs autres travaux scientifiques mettant en évidence le danger que représente une exposition anormale au bruit pour les espèces animales :

« Le bruit des hommes peut empêcher un animal d’entendre d’autres sons importants, qui lui permettent de se diriger, de chercher de la nourriture, de défendre son territoire, d’éviter des prédateurs, d’attirer un partenaire ou de maintenir des groupes sociaux », explique Rachel Buxton, chercheuse à l’université d’Oxford.

Ensuite, le bruit peut forcer les espèces sauvages à modifier leur comportement naturel pour s’y adapter : c’est le cas de la mésange des villes, qui a été contrainte d’augmenter la fréquence de son chant pour couvrir les nuisances sonores de la ville, ou encore des cachalots, qui suivent les expéditions géologiques citées plus haut parce que le canon à air attire et affaiblit leurs proies, les calmars géants.

Crédit Photo : Paul Jarvis

Le danger peut venir sous plusieurs formes : d’abord, le bruit peut détériorer directement les organes auditifs des animaux, en général plus sensibles que l’homme, et les rendre vulnérables : il en est allé ainsi par exemple pour les calamars géants retrouvés échoués en Espagne, à la suite d’une étude géophysique. En effet, le canon à air utilisé par les géophysiciens a provoqué des lésions dans les organes sensoriels des calamars ; désorientés, ceux-ci se sont massivement échoués sur les côtes. Sans créer de lésion, le bruit peut aussi provoquer du stress et donc des troubles de la reproduction, comme chez les rainettes.

Presque plus de zones à l’abri du bruit

Pour l’espèce humaine autant que pour la vie sauvage, il est crucial de préserver des zones à l’abri de la pollution sonore. Les conclusions de l’étude de la revue Science rejoignent le travail du bioaccousticien Gordon Hempton, qui sillonne le monde depuis 35 ans à la recherche de zone exemptes de pollution sonore : selon lui, il n’en resterait qu’une cinquantaine. Il ne s’agit pas de zones silencieuses — celles-ci n’existent pas — mais de zones sans bruit anthropique pour l’ouïe humaine (pour bien faire, il faudrait mesurer avec la sensibilité des animaux à la meilleure ouïe).

Il nous faut donc renforcer la protection des zones sans bruit, car celui-ci se propage trop facilement sur des kilomètres, jusque dans les réserves naturelles (14 % de celles-ci subissent un bruit multiplié par dix) ou jusqu’au fond de l’océan (au fond de la fosse des Mariannes, à plus de 10km de profondeur, la sonde « Challenger Deep » enregistre le vrombissement de moteurs à la surface).

Garder le silence, c’est prendre soin d’une faculté essentielle : « si certaines espèces sont aveugles, aucune n’a survécu à la sélection naturelle sans être capable de percevoir les bruits qui trahissent un prédateur en approche », nous rappelle Gordon Hempton. Pour les animaux comme pour l’espèce humaine, le calme et l’absence de pollution sonore sont facteurs de bonne santé. Rendre cette quiétude aux espèces sauvages, c’est aussi prouver notre capacité à écouter et apprécier le silence.

La production du nouveau maillot des Bleus a débuté au nord-est de la Thaïlande. Vendu 85 euros en France, son coût de production entraine la polémique. 

Depuis une dizaine d’années, le géant Nike a délocalisé sa base industrielle de la Chine (dont les salaires sont devenus trop élevés) vers l’Asie du Sud-Est. Indonésie, Vietnam et Thaïlande sont donc devenus les usines phares du groupe. La Thaïlande, avec ses 30 usines et ses 37 000 ouvriers, traite donc les produits « techniques » dont les maillots de football. Après la victoire des Bleus, un nouveau maillot à deux étoiles est déjà en fabrication.

« Comme toujours, une infime partie sera fabriquée en Pologne ou en Turquie pour ne pas priver le marché des premières demandes. Mais le gros des tuniques sera made in Asia et sans doute made in Thaïlande pour des raisons de coûts de production », explique Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif Ethique.

En effet, les usines polonaises (270 employés) ou turques (2 000 ouvriers) ne pourraient réaliser l’ensemble de la production. Néanmoins, très soucieuse de son image et des attaques sur le « non-respect des conditions de travail », la marque a entièrement sous-traité sa production pour le maillot des champions.

En effet, en Thaïlande, deux sociétés se partagent la fabrication des maillots de football.  Celles-ci ont transféré leurs usines principales dans le nord-est du pays. Toujours en recherche d’économies, les salaires exercés (180 euros par mois) y sont inférieurs à ceux de la capitale (250 euros environ). Selon l’ONG Clean Clothes, les méthodes de production sont « optimisées » en permanence : « réduction des minutes passées par ouvrier sur chaque maillot, automatisation et flux ultra tendus » affirme-t-elle.

En effet, selon une ancienne ouvrière de l’équipementier, la firme impose des règles strictes à ses employés, interdisant toute communication extérieure et adhésion à un syndicat.

Pour la fabrication, les premiers lots, des huit millions de maillots frappés des deux étoiles,  devraient arriver d’ici trois semaines en France. Alors que son prix de vente dans l’hexagone est annoncé en moyenne à 85€, sont coût unitaire de production est de moins de 3 euros, taxes douanières incluses.

Une marge colossale pour Nike qui devrait atteindre des chiffres astronomiques pour ce nouveau maillot deux étoiles. 

La marque n’a pas souhaité répondre aux médias malgré les diverses sollicitations auprès de ses sièges français et asiatiques.

La promesse paraît presque trop belle pour être vraie : selon une équipe de chercheurs basée à Paris, il serait possible de fabriquer du carburant à partir du CO2, et ce à grande échelle et à moindre coût. Une nouvelle qui pourrait révolutionner les transports et la lutte contre le réchauffement climatique, puisqu’elle permettrait de réinjecter le CO2 émis par les moteurs… directement dans ceux-ci.

Euréka !

L’équipe du laboratoire d’électrochimie moléculaire de l’Université Paris-Diderot est prudente dans ses conclusions, mais résolument optimiste ; avec une série de publications scientifiques, dont un article dans la revue Nature, les cinq chercheurs (Heng Rao, Luciana C. Schmidt, Julien Bonin et Marc Robert) ont mis en évidence une réaction chimique prometteuse : sans autre apport énergétique que la lumière du soleil, la molécule de CO2 se transforme, à pression et température ambiante, en molécule de méthane (CH4), grâce à un catalyseur (un composant chimique qui accélère les réactions) à base fer.

Crédit Photo : Jeremy Bishop

« Il s’agit de recherche fondamentale, mais ce que nous avons mis en évidence est prometteur », commentent, prudents, les chercheurs Julien Bonin et Marc Robert. Pour aboutir à ce résultat, l’équipe confie avoir eu recours au biomimétisme (un procédé d’innovation consistant à s’inspirer du vivant), en étudiant le rôle essentiel du fer dans le sang pour le transport de l’oxygène par les globules rouges.

Explications

Mais dis-moi Jamy, comment ça marche, au juste ? Le procédé n’est pas facile à comprendre sans être chimiste. Pour mieux entrevoir les tenants et les aboutissants de la découverte, retournons une étape en arrière, au moment de la création du CO2 : ce gaz carbonique est un composant résultant de la combustion de matières carbonées (contenant du carbone) ; or, en chimie, la combustion est une réaction chimique comme une autre, qui peut potentiellement être inversée. Avec le bon catalyseur et dans les bonnes conditions, il est donc théoriquement possible de fabriquer du carburant (une matière combustible contenant du carbone) à partir du CO2.

La même réaction, mais en différent

La théorie l’indiquant de manière claire, l’idée n’est pas nouvelle dans la tête des chercheurs, et plusieurs équipes ont déjà développé des procédés pour créer du méthane (le principal composant du gaz naturel) à partir de CO2. C’est notamment le cas de l’Agence nationale de la recherche, qui avait lancé en 2012 un programme nommé « vitesse2 » pour trouver un procédé rentable. Cependant, la découverte des chercheurs de Paris-Diderot se distingue des procédés précédents puisqu’elle n’utilise que la lumière du soleil comme source d’énergie et un catalyseur bon marché (un dérivé du fer), là où le procédé de l’Agence de la recherche nécessite de l’électricité (ce qui revient à faire de l’énergie avec de l’énergie), ou encore là où une équipe canadienne utilise un catalyseur coûteux à base de bore.

Crédit Photo : Jakub Kriz

La découverte marque donc une nouvelle étape dans la création de débouchés pour le CO2 dont nous ne savons que faire et qui cause le réchauffement climatique. Aujourd’hui, les applications industrielles de ce gaz sont encore balbutiantes, malgré les efforts de la recherche dans ce sens : il est utilisé, dans des volumes encore insignifiants par rapport aux émissions (0,5 %), pour favoriser l’extraction des hydrocarbures (et donc encourager leur utilisation), pour rendre les boissons pétillantes ou encore pour créer certains plastiques.

Avec de meilleures filières de recyclage (la fabrication de carburant est une piste), des experts cités par Le Monde indiquent que jusqu’à 10 % des émissions pourraient être revalorisées.

Mais, me direz-vous, le méthane (CH4) résultant du procédé décrit plus haut n’est-il pas lui-même polluant ? La question est légitime, car ce gaz n’est pas un bon élève sur le banc de l’écologie : son potentiel de réchauffement global est 23 fois plus élevé que celui du CO2, en faisant un gaz à effet de serre bien plus puissant, même s’il ne reste dans l’atmosphère qu’un douzaine d’années, contre 200 ans pour le CO2.

Crédit Photo : Anthony Cantin – Bretignolles-sur-Mer, France

En le brûlant dans un moteur (sous forme de méthanol), l’effet de serre est évité ; et si la combustion produit effectivement du CO2, elle en produit beaucoup moins que celle de l’hydrocarbure initial, car le méthanol contient moins de carbone et plus d’hydrogène (dont la combustion produit uniquement de l’eau). Précisons cependant que la magie n’existe pas : si elle produit moins de CO2, cette combustion est aussi moins efficace, et il faut plus de carburant pour le même résultat… mais si ce carburant est issu de CO2 déjà dans l’atmosphère, où est le mal ?

Cercle vicieux

Les jours du réchauffement climatique sont-ils comptés ? Quelques doutes subsistent malheureusement. Tout d’abord, la réaction n’est pas encore totalement maîtrisée : « les chercheurs ont pu décrire la première étape du processus, celle où le CO2 perd un atome d’oxygène pour former du monoxyde de carbone (CO) », décrit la revue Sciences & Avenir. Ensuite, la recherche sur la réaction n’a fait ici que ses premiers pas dans environnement contrôlé : le passage à grande échelle réserve probablement des surprises (notamment sur le coût, en grandes quantités, du catalyseur à base de fer).

Enfin, il est légitime d’interroger le principe même de la réaction : en créant du carburant émetteur de CO2 à partir du CO2, on encourage finalement l’utilisation des énergies carbonées, en leur donnant un cache-misère écologique. Plutôt que de s’enfermer dans un tel cercle vicieux, mieux vaut investir toute l’énergie de la recherche dans les énergies (éolien, hydraulique, solaire) et carburants (voitures électriques, moteurs à hydrogène) renouvelables ne produisant pas de carbone – ou même simplement réduire notre consommation d’énergie : selon l’Agence internationale de l’énergie, la sobriété et l’efficacité énergétiques pourrait éviter 38 % des rejets de CO2 à l’horizon 2050.

Les volumes d’hydrocarbure découverts ont chuté de 13% en 2017, atteignant le chiffre le plus bas depuis 1990. De leur côté, les dépenses d’exploration des compagnies ont chuté de 60 % en trois ans.

Chute des cours et baisse des investissements

Aujourd’hui, les découvertes des compagnies pétrolières se réduisent de plus en plus. En effet, l’équivalent de 11 milliards de barils de pétrole d’hydrocarbures ont été découverts en 2017. Cela représente une baisse de 13 % par rapport à 2016 selon une estimation de l’IFP Energies nouvelles (IFPEN). Ces chiffres restent les plus bas depuis 1990.

Dans un premier temps, cela s’explique par la réduction des dépenses d’exploration par les compagnies. En effet, les budgets ont reculé de 10 % en 2017 atteignant 41 milliards de dollars. Une diminution flagrante lorsque l’on observe les chiffres de 2014 qui dépassaient 100 milliards. Les variations du pétrole étant risquées, les compagnies ont préféré quitter l’investissement en exploration, jugé trop risqué, afin d’augmenter leur production en gaz de schiste. « Pour le schiste, pas besoin d’explorer, il suffit de forer ! » explique l’auteur de l’étude à l’IFPEN, Sylvain Serbutoviez. D’autres ont préféré l’acquisition afin d’augmenter les réserves, c’est le cas de Total, avec le rachat de Maersk Oil.

Crédit Photo : Jonathan Petersson

D’autre part, la taille des découvertes est de plus en plus réduite. Les découvertes de champs géants sont terminées et « les zones explorées sont de plus en plus profondes et complexes d’un point de vue géologique » selon l’IFPEN.

Tensions commerciales et conscience environnementale

Le cours du pétrole a lourdement chuté ces derniers temps, aggravant les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine.

Les ressources sont aujourd’hui de l’ordre de 52 années de productions et ont augmenté de 23 % en dix ans. Cependant, au rythme actuel, les découvertes ne sont plus suffisantes pour compenser le recul naturel de la production qui est de 3.5 % par an en moyenne. Certains experts tirent donc la sonnette d’alarme. Selon eux, le schiste ne suffira pas sur le long terme.

Toutefois, certaines compagnies estiment avoir réduit les investissements avant tout pour répondre aux attentes de leurs actionnaires ou encore aux problématiques environnementales.

L’amiante est toxique, c’est bien connu ; longtemps utilisé comme matériau de construction, il a été à l’origine d’un scandale sanitaire de grande envergure dans les années 1990, quand les pouvoirs publics se sont tardivement décidés à l’interdire, après la mort de dizaines de milliers de personnes des suites d’une exposition à l’amiante. Malgré cela, l’amiante est encore présent dans notre environnement, et notamment dans les canalisations, où il représente peut-être un risque mal connu pour la santé publique.

Ennemi sanitaire n°1

Longtemps utilisé dans le bâtiment pour ses propriétés isolantes et son pouvoir absorbant, l’amiante a été relié à d’innombrables cas de cancers broncho-pulmonaires ou des voies digestives chez des personnes exposées à de fortes concentrations, en premier lieu des ouvriers du bâtiment.

Interdit en France en 1997, il reste encore très présent dans les constructions et les canalisations, malgré les efforts de désamiantages menés par le gouvernement (à l’instar de la colossale rénovation du campus de Jussieu), à tel point que l’Institut national de recherche et sécurité (INRS) rappelle sur son site que « les maladies liées à l’amiante représentent la deuxième cause de maladies professionnelles et la première source en terme de coût ».

Pour autant, le risque de contamination par inhalation est aujourd’hui bien contenu en France. Mais une autre voie d’exposition, moins connue, fait aujourd’hui l’objet des inquiétudes de certains scientifiques : l’exposition par ingestion, notamment via l’eau du robinet. En effet, nombre de canalisations vieillissantes (plus de 30 ans) comportent encore de l’amiante : selon le journal SudOuest, il s’agirait d’environ 4 % du réseau français, soit près de 35 000 kilomètres de tuyaux.

Inconnues scientifiques

Le risque, bien entendu, n’était pas inconnu des scientifiques : il est mentionné par le Centre international de recherche sur le cancer (IARC en anglais) comme mis en évidence par certaines études dès 1976. Mais les preuves collectées par l’organisme sont jugées trop faibles pour qu’il se décide à sonner l’alarme sur le risque d’exposition via l’eau du robinet ; de plus, plusieurs études rigoureuses n’ont pas réussi à trouver de corrélation entre exposition à l’amiante par ingestion et cancers de l’estomac ou du côlon. Même son de cloche du côté de l’Organisation mondiale de la santé, qui reconnait « qu’il n’y a pas de preuve solide et convaincante du danger de l’amiante ingéré pour la santé ».

En conséquence, rien n’a été fait pour remplacer les canalisations amiantées. Peut-être que l’étude récente, menée par des scientifiques italiens de l’hôpital de Bisceglie, changera la donne. Selon ces derniers, la présence d’amiante dans l’eau du robinet pourrait (le conditionnel est encore de mise, donc aucune certitude) être lié à l’apparition de cancers du côlon et de l’estomac, ainsi que des cas de mésothéliome. La question est particulièrement critique en Toscane, où des concentrations atteignant les 700 000 fibres d’amiante par litre d’eau ont été relevées par les scientifiques. En guise d’indication, sachez que l’agence américaine de l’environnement, très prudente, a fixé le seuil de danger pour l’homme à 7 millions de fibres par litre, soit juste 10 fois plus.

De mauvais tuyaux

La situation pourrait être similaire en France, sur les portions de canalisations comportant encore de l’amiante ; malheureusement, aucun relevé précis n’existe sur le sujet : « le problème, c’est que les collectivités ne sont bien souvent même pas au courant que leurs adductions en eau potable sont en amiante », observe Pascal Humeau, fondateur de la société Conseil et Formation Amiante, interrogé par SudOuest. « Bien souvent, les dossiers techniques n’ont pas été bien tenus et il existe très peu de traçabilité ».

Deux inconnues restent donc à déterminer avant de s’affoler : tout d’abord la proportion des canalisations françaises comportant encore de l’amiante à un niveau dangereux, puis la concentration dans l’eau à partir de laquelle l’amiante présente un réel risque (un point sur lequel les scientifiques italiens ne s’étendent pas). Par prudence, cependant, il serait bon de moderniser le réseau de canalisations au plus vite : une opération qui pourrait coûter plusieurs milliards d’euros.

Le mot « écran », ne l’oublions pas, signifie d’abord « cloison », « paravent » ; une étymologie qui devrait nous alerter sur les effets pervers de la consommation d’écran, notamment chez les petits enfants. Selon un groupe de professionnels de la santé, ceux-ci seraient directement la source de « troubles du développement » chez de plus en plus d’enfants – séparés du monde et des autres par leur écran.

Signal d’alarme

La télévision, même si elle est un formidable outil de divertissement, peut être dangereuse à haute dose. Ceci est vrai pour l’adulte, trop réceptif à l’état de veille à la publicité véhiculée par les images animées du téléviseur, mais surtout pour l’enfant en bas-âge, dont le jeune cerveau est vulnérable à l’afflux d’informations.

Très décriée pendant son âge d’or, la télévision a aujourd’hui quasiment disparu des radars de la santé, remplacée par d’autres maux modernes, comme les dérives d’Internet ou l’excès de jeux vidéo. Le témoignage récent du Dr Anne-Lise Ducanda, médecin membre de Protection maternelle et infantile (PMI) du département de l’Essonne, risque d’attiser à nouveau les inquiétudes. Initialement diffusé dans une vidéo, puis publié dans le Figaro, ce signal d’alarme est sans équivoque : les écrans sont un danger pour les enfants de 0 à 4 ans, du fait de leur lien, mis en évidence par le Dr Ducanda, avec des « troubles envahissants du développement », autrement appelés « troubles identiques à ceux du spectre autistique ».

1 enfant sur 20 touché

Il s’agit donc de tous les écrans sans discrimination (télévision, ordinateur, smartphone, tablette), car ce n’est pas le contenu mais bien le dispositif (le défilement d’images animées sur un écran brillant) qui est responsable des troubles. « Tous nos constats sont tirés de notre pratique quotidienne », déclare en préambule le Dr Anne-Lise Ducanda, avant de faire la liste des troubles constatés chez 1 enfant sur 20 dans le cadre de ses consultations : violences, incapacité à prononcer son nom, regard fixe et vide, concentration sur un jouet unique, réponses à côté des questions… Le point commun ? Une « exposition massive aux écrans », directement ou indirectement, entre 6 et 12 heures par jour.

« La succession de flashes lumineux et sonores, très rapide, des écrans, capte l’attention involontaire des enfants (…) ce qui entrave l’exploration de son environnement réel par le toucher mais isole aussi l’enfant de toute relation humaine indispensable à la communication », résume le Dr Ducanda dans une vidéo à diffuser. De trop nombreuses heures passées devant un écran fatiguent tout d’abord le cerveau, qui n’est plus apte à se développer correctement ; le manque d’interaction avec des personnes réelles empêche ensuite le développement du langage ou même de l’altérité (notion sur laquelle est fondée le respect des autres et la politesse) ; enfin, la forte plasticité du cerveau des jeunes les rend vulnérables aux messages des écrans, et notamment des publicités.

Appel à éteindre les écrans

Le témoignage, évidemment, n’a pas de réelle valeur scientifique puisqu’il ne s’appuie pas sur une étude rigoureuse, comme le rappelle Franck Ramus, directeur de recherches au CNRS : « il faut aussi prendre en compte les conditions de vie, la manière dont parents et enfants interagissent ». Pour autant, l’avis qualitatif de professionnels comme le Dr Ducanda a de quoi interpeller, et son objectif est aussi de susciter des recherches plus approfondies sur la question.

C’est justement pour mieux faire la lumière sur les risques liés aux écrans qu’un collectif de professionnels de la santé s’est joint au Dr Ducanda. Dans une tribune publiée par Le Monde, ceux-ci reprennent les constats et les inquiétudes de cette dernière, puis interrogent notre modèle d’éducation.

Crédit Photo : Patricia Prudente

Ils préconisent l’interdiction des jouets avec écran (la tablette est, depuis 2014, le n°1 des ventes de jouets), la mise en place de campagnes de prévention, et même la création « d’écoles pour parents », afin de mieux sensibiliser les parents à la fragilité de leur progéniture. Avant toute chose, ces spécialistes supplient les parents de renouer le contact avec leur enfant, au lieu de le déléguer à un écran :

« Un bébé pour lequel ne s’est pas constitué l’accordage primaire avec son parent, grâce auquel se synchronisent les regards, la voix et les gestes, ne peut se développer de façon normale », martèlent-ils.

Malgré certains efforts, comme la campagne du CSA sur les risques de la télévision avant 3 ans, l’implication des pouvoirs publics sur la question est encore insuffisante. En effet, la position officielle est encore celle émise par l’Académie des sciences en 2013 : un avis certes modéré (encourageant la déconnexion et l’activité sans écran), mais soulignant trop peu les dangers de l’exposition aux écrans, même quand le contenu est vertueux et pédagogique.

Dans leur tribune, les professionnels de la petite enfance espèrent que la France saura suivre l’exemple d’autres pays en matière de prévention, à l’instar de l’Allemagne qui encourage le contact parent-enfant dans les crèches, ou encore de Taïwan, qui punit d’une amende de 1 400€ un parent laissant son enfant de moins de 2 ans devant un écran !

Mise en place d’une nouvelle taxe

Alors que le pays fait face à de nombreux problème dans le domaine de l’emploi et des retraites, le nouveau chef du gouvernement socialiste espagnol Pedro Sanchez, au pouvoir depuis le 1er juin,  a annoncé mardi, la création d’un nouvel impôt.

Cette nouvelle taxe spécifiquement adressée aux banques, sera destinée à financer les retraites aidant ainsi la sécurité sociale lourdement déficitaire.

En effet, le gouvernement précédent, du conservateur Mariano Rajoy, faisait face à de nombreuses manifestations des retraités concernant leurs pensions. Il avait alors concédé un prêt de 10 milliards d’euros à la sécurité sociale, alors que le fonds spécial prévu à cet effet était quasiment épuisé. Fin 2017, la dette de la sécurité sociale, essentiellement due au paiement des retraites, atteignait près de 27.4 milliards d’euros.

Crédit Photo : Samson Duborg-Rankin

Une problématique démographique 

« Nous mettons en marche un impôt sur le secteur financier avec pour objectif de compléter les cotisations à la sécurité sociale, et de contribuer à soutenir le système public de retraites et la dignité des pensions de nos anciens » a déclaré Pedro Sanchez devant les députés.

Selon le gouvernement, avec les problématiques de vieillissement démographique, les retraites restent « le défi le plus important » du pays. En effet, on observe une baisse de 25 % de naissances en moins dans le pays en dix ans. L’évolution démographique a ainsi entrainé une hausse du poids des retraites dans le budget de l’État, atteignant 21.6 % des dépenses à 29 % en dix ans.

En parallèle, une certaine précarité perdure en termes d’emploi mais également sur la réglementation des salaires. Selon un rapport récent de l’Oxfam Intermon, « les salaires les plus bas se sont réduits de 15 % entre 2008 et 2016 » en Espagne. Le pays détient également le record de contrats temporaires de l’UE (26.8 % des emplois). Le taux de chômage reste également très élevé avec 16.7 %. Les principaux syndicats de salariés et patrons sont toutefois parvenus à un accord sur une hausse des salaires pouvant aller jusqu’à 3 % chaque année d’ici à 2020.

Sucres dissimulés

Sorti le 12 juillet, le dernier numéro hors-série du magazine 60 millions de consommateurs fait le point sur ces boissons dites « naturelles » et plus « saines » : les jus de fruits et smoothies.

En effet, face au « manger mieux » les marques se sont emparées des préparations à base de fruits et nos rayons ont vu apparaître des dizaines de nouvelles références plus prometteuses les unes que les autres. Aujourd’hui, nous consommons en moyenne 22 litres de jus de fruits par an, en ne sachant pas vraiment ce que ceux-ci contiennent.

L’association met donc dans son viseur certains de ces jus dont la composition est loin de correspondre aux « bienfaits » valorisés. Comme le confirmaient des scientifiques en 2013, certaines mixtures industrielles affichent ainsi « des teneurs en sucre supérieures à celles de certains sodas ». Ces marques ne respectent donc pas les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Crédit Photo : Piotr Chrobot

Boissons phares pour les petits comme les grands, ces jus qui s’invitent tout au long de notre journée peuvent donc être de « faux alliés », avec parfois très peu de fruits mais un maximum de glucides.

Perte de bienfaits

Selon 60 millions de consommateurs, certains jus seraient également très pauvres en fibres, pourtant présents dans les fruits. Sur le podium, on retrouve Joker et son jus de pamplemousse qui « contient 50 % de sucre de plus que le Schweppes Agrum ». Les jus de légumes ne sont pas en reste, lorsque l’on sait que ceux-ci contiennent énormément de sel. « Certains produits contiennent autant de quantité de sel que la moitié d’un paquet de chips. »

La nouvelle mode des smoothies peut également surprendre. Ces boissons à base de fruits mixés restent néanmoins très riches. En effet, la composition de ceux-ci reste orientée sur la banane et le raisin (trop caloriques), et sont souvent vendus et consommés en grande quantité. L’association indique, pour illustrer ses propos, que le « super smoothie antioxydant » de chez Innocent composé de kiwi, citron vert, matcha, graines de lin et vitamines, contient près de 28 g de sucre pour 250 ml, soit 5.5 morceaux de sucre. Cela représente 1 g de plus pour la même quantité de Coca-Cola.

« La plupart des consommateurs ignorent que les jus, en soi, ne sont pas des produits sains. Ils contiennent seulement 20 % de jus de fruits et le reste sera de l’eau, mais pas seulement. Malheureusement il y aura beaucoup de sucres. Dans une orange, vous avez 12 fois plus de fibres que dans un verre de jus d’orange. On se retrouve dans une situation assez paradoxale, où vous allez avoir dans une boisson fruit, plus de sucre que dans un soda » explique Adeline Tregouet, rédactrice du hors-série.

Ainsi, 60 millions de consommateurs conseille de boire ces boissons avec modération et de consommer directement des fruits ou encore sous forme de jus purs et sans additifs.

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