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Etrange organisme

1973, au Texas. Une dame trouve dans son jardin une étrange masse jaune. Elle la recouvre d’herbicide… le lendemain, elle a doublé de volume. Elle appelle les pompiers, qui y mettent le feu… rien à faire, la chose continue de grandir. Puis un matin, elle a disparu. Il n’en faut pas plus pour que les journaux clament la présence d’un organisme extraterrestre.

Ce que cette Texane avait dans son jardin n’est ni un animal, ni une plante, ni un champignon. C’est un organisme possédant les caractéristiques des trois à la fois. Son nom scientifique est Physarum polycephalum, mais les chercheurs l’ont surnommé le « blob ».

Crédit Photo : Par frankenstoen — flickr – CC BY 2.5

Caractéristiques

Pouvant être rouge, rose, jaune, bleu ou blanc, il est présent dans la nature. On le voit parfois dans les sous-bois, accroché aux arbres. Il en existe 100 espèces différentes.

Sa particularité est qu’il n’est composé que d’une seule cellule alors qu’un humain possède dans son corps cent milliards de cellules. Pourtant, sa croissance est exponentielle. En un jour, il se dédouble et peut atteindre une taille de 10m2.

Il peut se déplacer à la vitesse de 4cm à l’heure grâce à un système veineux qui envoie du liquide dans la direction choisie. Il peut même ramper sur l’eau. Si l’on découpe un blob, il cicatrise en moins de deux minutes et les 2 blobs formés se développent séparément sans problème.

Par Lebrac — Travail personnel – CC BY-SA 3.0

Le blob se nourrit habituellement de champignons, qu’il recouvre et ingurgite complètement en moins d’une heure.

Chez les blobs, il y a 719 genres sexués. Ainsi, lorsque deux blobs entrent en contact, il y a 719 chances sur 720 qu’ils soient de sexe opposé, donc qu’ils puissent se reproduire.

Le blob est quasi-immortel. Lorsqu’il vieillit ou que les conditions lui sont défavorables — lumière, absence de nourriture — il sèche, s’enkyste, et peut rester ainsi des années. Pour le raviver, il suffit de l’arroser et il redevient jeune et vigoureux. Un des blobs que les chercheurs du CNRS élèvent a plus de 60 ans.

Une menace ?

Ainsi, le blob est incroyablement performant pour survivre et se reproduire. Ne risque-t-il pas d’envahir la planète ? En fait, il l’a déjà fait. Il existe depuis au moins 500 millions d’années, alors que l’être humain est vieux de 6 millions d’années.

Cet organisme indestructible n’est-il pas une menace ?

Tout d’abord, il est possible de le tuer en le mettant brusquement en pleine lumière, en le congelant, ou en le privant d’oxygène pendant très longtemps. Il sert aussi de nourriture à des êtres vivants comme les limaces. Mais surtout, le blob est inoffensif pour l’homme, essentiel pour les forêts, et pourrait se révéler très utile.

« Le blob ne présente aucun danger pathogène, il recycle les matières organiques et pourrait dépolluer des métaux lourds. On sait aussi qu’il produit un petit polymère étudié comme moyen de transporter les médicaments. Cela pourrait notamment servir à cibler précisément les tumeurs et à traiter les cancers sans les énormes effets secondaires d’une chimiothérapie classique », explique Audrey Dussutour, chercheuse au CNRS.

Crédit Photo : randomtruth via Flickr

Une promesse pour la science

Les nombreuses capacités de cet organisme fascinent les chercheurs. Il a une forme de mémoire, puisqu’il dépose un mucus sur son passage pour ne pas repasser deux fois au même endroit. Il se comporte différemment selon qu’il vienne du Japon, des Etats-Unis ou d’Australie.

Des expériences ont montré une intelligence étonnante. Des scientifiques japonais ont placé le blob sur une carte du Japon, à l’emplacement de Tokyo. Ils ont disposé des flocons d’avoine autour, à l’endroit des autres villes. En 24 heures, le blob avait construit un réseau complexe reliant les flocons d’avoine… bien plus efficace que le réseau ferroviaire que les ingénieurs japonais avaient mis 50 ans à mettre en place entre les villes.

Dernière découverte encore plus excitante : bien qu’il n’ait pas de cerveau, le blob peut apprendre.

À Toulouse, des chercheurs du CNRS ont placé du sel entre le blob et sa nourriture. Au début, le sel a repoussé le blob. Mais peu à peu, le blob a ignoré le sel et a rejoint de plus en plus vite la nourriture. Ils ont alors placé un nouveau blob « ignorant » près du blob « expérimenté » et les ont laissé entrer en contact. Après trois heures, ils ont séparé à nouveau les deux blobs. Le blob qui était « ignorant » n’était plus repoussé par le sel.

Comment l’information que le sel était inoffensif a-t-elle été transmise ? Les chercheurs n’en n’ont aucune idée. Ils ont néanmoins observé qu’une veine s’était formée entre les deux blobs durant la fusion.

« Pour la première fois, des chercheurs viennent de démontrer qu’un organisme dépourvu de système nerveux est capable d’apprentissage. » note le CNRS.

Ces résultats amènent à redéfinir l’intelligence et son origine. Ils ouvrent la possibilité de rechercher des types d’apprentissages chez d’autres organismes très simples comme les virus ou les bactéries. Le blob a en effet des cousins qui sont à l’origine de la maladie du sommeil, du paludisme ou encore de la maladie de Chagas. S’ils sont aussi des capacités d’apprentissage, l’impact sur la médecine serait très important. Comme le souligne Audrey Dussutour,

« Cela pourrait avoir un vrai intérêt thérapeutique. Si une bactérie peut apprendre, alors on peut aussi la leurrer. »

Image à la une : Audrey Dussufour / CNRS / AFP

Le 1er janvier 2022, il sera interdit de broyer et de gazer les poussins mâles une fois éclos en France. Cette décision annoncée par le ministre de l’agriculture, Julien Denormandie, fait suite à l’engagement du gouvernement de mettre fin à cette pratique, un objectif présenté pour la première fois en août 2018. De fortes attentes étaient présentes sur le sujet pour les consommateurs ainsi que les défenseurs du bien-être animal. La pression des associations de défense des animaux, la diffusion d’images et de témoignages, notamment de l’association L214, qui montrait des poussins étouffés dans des sacs poubelles et la réalité des broyages, ont finalement porté leurs fruits.

Chaque année, près de 50 millions de poussins mâles sont mis à mort dès leur éclosion en France, considérés inutiles à l’aviculture. Les femelles sont gardées pour devenir des poules pondeuses, mais les mâles ne pondent pas d’œufs et il est pour le moment estimé qu’ils ne grossissent pas assez rapidement pour produire de la viande consommable.

Ils ne sont donc pas conservés car ils ne s’inscrivent pas selon ces critères dans la nécessité de rentabilités économiques de l’élevage intensif.

Afin de diminuer la douleur ressentie par les individus et d’éviter de les abattre à leur naissance, des techniques de sexage in ovo sont en cours de développement en Europe depuis 2014 et en Allemagne depuis 2008.

Ces techniques sont jugées rentables pour les éleveurs puisqu’elles s’inscrivent dans le marché de l’élevage intensif. Contrairement aux mâles abattus à la sortie de l’œuf, ils sont ici transformés en nourriture destinée à d’autres animaux.

Cependant, les embryons ressentent également la douleur. Les données scientifiques établissent que jusqu’à 7 jours d’incubation, il n’y a pas de vie sensible pour les individus. Actuellement, on estime que cette perception de la douleur débute aux alentours du dixième jour, mais il est difficile de déterminer avec certitude qu’elle ne commence pas au septième.

Pour certains spécialistes de l’éthique animale, il serait donc préférable de privilégier les méthodes ne dépassant guère les dix jours.

Poule et son petit – Crédit : Andrea Lightfoot

Il existe deux méthodes de sexage in ovo principales en Europe et d’entreprises allemandes. Celle utilisée par Carrefour depuis 2019 est la spectrophotométrie, où l’oeuf est analysé au 13ème jour sous un halo de lumière, lorsque les premières plumes qui peuvent différencier le sexe de l’embryon apparaissent.

La deuxième méthode, utilisée par Poulehouse et Cocorette depuis respectivement 2019 et 2020, consiste à percer au laser un orifice dans la coquille et prélever des hormones sexuelles au 9ème jour. Si la première méthode pose question vis-à-vis de la souffrance animale, la deuxième est invasive et son coût est élevé.

D’autres méthodes sont encore au stade expérimental ou commencent à être commercialisées, dont une analyse génétique au 1er jour. L’Allemagne souhaiterait par ailleurs faire passer une loi pour interdire les méthodes de sexage après J7 dès 2024.

Il existe une autre méthode pour éviter l’élimination des poussins mâles, dite de souches à double fin ou duales, qui permet d’utiliser la chaire des mâles dans les exploitations. Cette dernière est revendiquée par plusieurs associations de protection de défense pour le bien-être animal et dans l’industrie agroalimentaire, dont CIWF (Compassion in World Farming) France.

Capture d’écran du CIWF

Mais les souches actuelles sont très différentes dans la filière ponte et la filière chair. Pour le moment, cette méthode est surtout envisagée par quelques entreprises bio dont les consommateurs ont le potentiel d’accepter des coûts un peu plus onéreux par principe éthique, mais une filière dédiée n’a pas encore été instaurée.

Selon Julien Denormandie, les machines in ovo devraient être installées pour les deux-tiers de la production d’ici la fin du premier trimestre 2022. Le gouvernement mise sur la fin totale du broyage de poussins d’ici la fin de l’année prochaine, et apporte 10 millions d’euros pour aider les aviculteurs dans la mise en place de ces équipements. Le consommateur prendra à sa charge un centime d’euros en plus pour une boîte de six œufs.

La France est le premier pays producteur d’œufs d’Europe, et sera le premier pays au monde à mettre en place l’interdiction de gazage et de broyage des poussins. Le ministre de l’agriculture souhaite aux côtés de l’Allemagne porter le sujet au Conseil Européen le 19 juillet :

« On est aujourd’hui dans un marché commun. Et donc il y a un enjeu de faire en sorte que cette transition soit portée par toute l’Europe. »

Le ministre souhaite ainsi que « le continent européen devienne le premier continent qui arrête le broyage et le gazage des poussins ».

Le projet de Loi « Climat et Résilience » censé traduire une partie des propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat vient d’être voté au Sénat. Après une première séquence décevante à l’Assemblée Nationale, le constat reste le même. D’un projet de loi censé engager notre pays sur la trajectoire de la neutralité carbone, il en ressort un texte en deçà des objectifs de réduction de 40% de nos émissions d’ici à 2030. En réponse, les membres de la Convention et des responsables de tiers-lieux, associés à de nombreux réseaux associatifs, démarrent une tournée « pour ancrer le changement au cœur des territoires. » Première étape : l’Hermitage les 9 et 10 juillet, pour parler agroécologie et résilience alimentaire des territoires !

Il est temps de reprendre notre Avenir en main !

Si c’est parfois un sentiment d’impuissance et d’incompréhension qui prend racine, force est de constater que les territoires, eux, n’ont pas attendu pour s’engager dans une transition juste et nécessaire.

Les tiers-lieux, fruits d’un travail quotidien mené par diverses associations et des collectifs de citoyens engagés, jouent un rôle majeur dans la transformation de leurs territoires. Ils ont cette volonté d’agir concrètement pour le bien commun, en fabriquant de nouvelles dynamiques démocratique, économique, sociale et environnementale.

C’est donc pour aller encore plus loin, et envoyer le signal fort que les citoyens sont bien décidés à mettre la lutte contre les changements climatiques au centre de leurs considérations que nous lançons cette tournée.

L’objectif : faire rayonner les 149 propositions des membres de la CCC, mettre en valeur les initiatives locales et partager les solutions pour inventer de nouveaux communs.

20 rencontres citoyennes dans les 18 prochains mois

La Tournée des Tiers-Lieux, c’est une vingtaine d’étapes en France, à la rencontre de celles et ceux qui anticipent demain et font bouger les lignes. Nous invitons tous les citoyens à réfléchir ensemble à des solutions concrètes et à définir un agenda commun pour redessiner nos territoires et leur avenir.

Chaque étape associera les membres de la CCC, les habitants, des scientifiques, des associations engagées dans les transitions, des jeunes, des artistes, des experts, des novices, des entreprises, des paysans, des élus…

Ainsi, à chaque rencontre, les débats, les ateliers et les moments festifs contribueront à développer la créativité et le partage qui donneront naissance à des initiatives concrètes pour un monde plus désirable.

Un premier tour estival

Pour le lancement, c’est à Autrêches, dans l’Oise que se déroulera du 9 au 10 juillet 2021 la première étape de La Tournée des Tiers-Lieux. Au carrefour des vallées de l’Aisne et de l’Oise, l’Hermitage est un tiers-lieu d’innovations rurales et citoyennes, un lieu où villes et campagnes construisent ensemble les réponses aux enjeux de ce siècle.

A l’Hermitage, les habitants des Hauts-de-France seront invités à mieux comprendre et à s’exprimer sur l’agroécologie et auront l’opportunité d’échanger avec les membres de la CCC, afin de mieux cerner les enjeux de la démocratie contributive et participative.

Au programme : rencontre-débat avec Yann Arthus Bertrand, marché des producteurs locaux, des ateliers, une déambulation dans la forêt et la découverte des activités de l’Hermitage comme la Ferme, l’Aquaponie, le Fablab…

L’étape estivale suivante aura lieu à la Station-A, à Rodez, du 31 juillet au 01er août. Ces anciens haras ont été convertis en tiers-lieue qui devrait accueillir à terme une brocante, un fab lab, une crèche, une recyclerie, un magasin de producteurs, une conciergerie…

A la fin de l’été, les membres de la CCC se rendront à la Piscine, un tiers lieu dans l’agglomération de Nancy, pour tenter de répondre à un enjeu crucial « S’approprier nos forêts : qu’est ce qu’une forêt bien gérée ? »

Lire aussi : Protéger les forêts pour protéger l’eau, donc la vie : tribune d’un forestier

Il y a à peine un an, au sortir du premier confinement, une centaine de collectifs en lutte répondaient à un premier appel à agir « contre la réintoxication du monde ». Puis les 17 novembre et 17 avril, malgré les restrictions sanitaires, cette constellation d’habitant-e-s, de paysan-ne-s, d’activistes persévéraient et renouvelaient leurs actions aux quatre coins du pays. Par leurs blocages, leurs rassemblements, leurs occupations, leurs irruptions dans l’espace public, en un mot leur résistance, ils et elles dessinaient une voie vers un monde s’émancipant des logiques marchandes et industrielles mortifères. Un an après, nous relayons ici leur nouvel appel à la mobilisation prévue ce 17 septembre dans toute la France.

Aujourd’hui, alors que la crise COVID semble s’atténuer mais que la méga-machine repart de plus belle, nous appelons une nouvelle fois à agir, le 17 septembre, partout sur le territoire contre les sites et projets destructeurs du vivant et des solidarités sociales. Car tandis que la crise du sanitaire s’atténue, avec elle disparaissent aussi les promesses d’un « Monde d’Après », s’extirpant de l’impasse de celui d’avant.

Que ce soit par des plans de relance industrielle sans aucune remise en question, ou la nécessité fumeuse de rembourser une dette fictive, la classe dirigeante mondiale est unanime : il faut que la sacro-sainte économie reparte, vite et fort. 

Crédit : Agir contre la réintoxication du monde

L’impératif de s’y soumettre coûte que coûte s’accompagne d’un zèle renouvelé à réprimer tout ce qui y ferait obstacle.

On a vu, malgré les oppositions populaires, l’apparition d’un nouvel arsenal « légal » qui piétine allègrement la liberté de manifester, celle de la presse et ouvre à la possibilité d’expulser sans procédure toute occupation de logements vacants et de zones menacées.

Le sentiment d’impunité policière est dorénavant encouragé au plus haut niveau de l’État. Après une année pendant laquelle se sont développés des mécanismes de contrôle inédit au nom de la crise sanitaire, le gouvernement agit comme si les habitudes de soumission devaient durer toujours et s’étendre à l’entièreté du champ social. 

Lire aussi : Loi Sécurité globale : le Conseil constitutionnel censure la vidéosurveillance par drones et hélicos, et l’ex-article 24

A celles et ceux qui croyaient encore qu’une loi climat pouvait améliorer la situation, les débats parlementaires du printemps ont répondu par une gifle. Main dans la main, lobbies et gouvernant-e-s ont méthodiquement détricoté toute mesure limitant l’entreprise de destruction en cours.

Freiner les implantations de l’ogre Amazon ? Poubelle. Arrêter les extensions d’aéroport ? Surtout pas. S’en prendre à la bétonisation, à la vente de voitures les plus polluantes, à la publicité, aux engrais azotés, aux pesticides ? Plus tard, peut être, ou bien jamais. 

Le message est limpide : il y aura toujours de l’énergie du côté des gouvernant.e.s pour nier l’urgence à agir, jamais pour s’attaquer aux industriels et aux financiers et à leur responsabilité — pourtant abyssale — dans la catastrophe écologique. 

Crédit : Agir contre la réintoxication du monde

Pourtant, loin des ministères et des sièges épais du CAC40, hors du champ des micros d’une sphère médiatique en roue libre, il s’en passe des choses… pour peu que l’on s’y intéresse. Ici, des dizaines de collectifs émergent, à Rouen, à Argenteuil, à Lyon… pour en finir avec la culture de la catastrophe industrielle tolérée, pour empêcher de nouveaux Lubrizol, de nouveaux AZF.

Là, un mouvement national, les Soulèvements de la Terre, occupe et cultive des zones menacées d’artificialisation par des projets de route, d’urbanisation, d’extension de carrières de sable.

À Saclay ou encore à Aubervilliers, de nouvelles ZADs naissent contre la destruction de parcelles agricoles et de jardins ouvriers par le Grand Paris, la spéculation immobilière et le saccage olympique.

Crédit : Agir contre la réintoxication du monde

Une zad souterraine apparaît face à une carrière de Béton dans le Var, et la ZAD du LIEN revient sur un projet routier près de Montpellier. D’autres collectifs, enfin, comme à Grandpuits ou à la Chapelle-Darblay rassemblent syndicats et associations écologistes pour travailler concrètement aux reconversions de certains sites de production.

Ils développent des activités autrement plus respectueuses du vivant, et empêchent ces entreprises de laisser les salarié-e-s sur le carreau tout en rémunérant grassement leurs actionnaires en pleine crise.

Ils nous rappellent à l’urgence de penser, avec les travailleurs des secteurs les plus toxiques, les mutations possibles des activités, les réappropriations des lieux de travail, ainsi que les rapports de force à engager pour garantir des ressources et droits pendant les périodes de transition. 

Partout, localement, des foyers de résistance se multiplient et émergent là où les industriels souhaitent étendre leur emprise. C’est bien simple : ils ne peuvent plus bétonner en rond ! Face à des instances gouvernementales hors-sol, c’est au plus proche de nos territoires de vie et de luttes que nous avons arraché un nombre croissant de victoires ces dernières années.

Que ce soit via des occupations de terre, des recours juridiques, des ZADs, des rassemblements : des centaines de collectifs poussent, tels des plantes vivaces en rhizome. Chaque fois qu’ils en déracinent une, d’autres naissent, et gagnent du terrain.

Rien que ces derniers mois ont été enterrés le projet d’extension de l’aéroport d’Andorre, le projet de ferme-usine à Ossun, le projet de Surf Park à Saint-Père-en-Retz, les plans d’entrepôt Amazon en Alsace ou de contournement Est à Rouen. Les Jardins de l’Engrenage à Dijon ont déjà repoussé par deux fois les tractopelles et la police.

Lire aussi : À Dijon, la mairie a détruit potagers, arbres fruitiers et volé la terre des habitants

L’extension de l’aéroport de Roissy, la bétonisation des terres de Gonesse, du Carnet, des Vaîtes à Besançon ou le projet de stade de Chambly ont eux aussi subi de sérieux revers et sont aujourd’hui largement remis en cause : autant de cas qui démontrent la force de nos mobilisations collectives

Et qu’on ne s’y trompe pas : chaque victoire, chaque projet enterré, chaque terre préservée façonne la suite. Car ces terrains défendus avec acharnement et finalement préservés peuvent aussi chemin faisant devenir des places fortes, des lieux d’expérimentation et de création d’autres modes de vies. Des lieux qui démontrent en pratique l’adage « Créer c’est résister, résister c’est créer ». 

Alors nous serons au rendez-vous le 17 septembre prochain pour montrer la force de ce mouvement de fond. Cette 4e vague d’actions coordonnées « contre la réintoxication du monde » aura lieu de manière concomitante à la venue d’une grande délégation zapatiste en Europe.

L’expérience des territoires autonomes du Chipas, née du soulèvement de 1994, est une source d’inspiration inépuisable pour toutes les luttes qui souhaitent réellement reprendre du terrain à l’« hydre capitaliste ». Nous espérons que leur « voyage pour la vie » participera à démultiplier le désir d’actions collectives pour ce 17 septembre. 

Nous poursuivrons notre élan avec les dynamiques de Notre Maison Brûle, prévoyant des mobilisations locales chaque jour du 18 septembre au 3 octobre, et des Soulèvements de la Terre, entrant dans une seconde saison d’occupations de terres et blocages contre l’accaparement et l’empoisonnement des sols par l’agro-industrie.

Avec elles et eux, nous persisterons, récidiverons, et nous implanterons partout où il le faudra. Collectivement, durablement, car nous savons à quel point ces luttes sont un travail de fond.

Puisque ce Monde d’Après tant rêvé ne nous sera pas donné par quiconque, c’est en allant gagner cette multitude de batailles de terrain que nous allons le construire, ici et maintenant ! 

Nous appelons donc une nouvelle fois les habitant.es des villes et des campagnes à informer et accentuer localement la pression sur les secteurs qui leur semblent le plus évidemment empoisonnants et dispensables : cimenteries, usines de pesticides ou productions de gaz et grenades de la police, industrie aéronautique, publicitaire ou construction de plates-formes Amazon, unités d’élevage industriel, développements de l’industrie nucléaire, clusters développant le monde « sans contact »…

Nous appelons en ce sens le 17 septembre à une 4e série d’actions, blocages, rassemblements et occupations contre de tels lieux de production, chantiers et infrastructures. 

Nous invitons les organisations, réseaux, territoires en luttes, syndicats et groupes locaux qui le souhaitent à signer cet appel en écrivant à agir17@riseup.net 

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Premiers signataires :

Notre Maison Brûle – Extinction Rebellion France – Attac France – Notre Affaire à Tous – Sortir du Nucléaire – Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) – Youth For Climate IDF – SUD éducation – Non aux JO 2024 – Les Faucheurs et Faucheuses d’OGM – NDDL Poursuivre Ensemble – Quartier libre des Lentillères – JAD : Jardins à Défendre (93) – Emancipation Collective – Collectif contre la 5G (75) – Résilience France – Résistance Ecologiste Rennes – Revue Topophile – ZEA – Coopératives européennes de Longo Maï – Comité Bure en Retz (44) – Urgence Saclay – Contre la Ligne 18 et l’Artificialisation des Terres (91) – Alternatives et Autogestion – Tarn Autogestion et Alternatives (81) – PEPS (Pour une Écologie Populaire et Sociale) (81) – Sortir du nucléaire (79) – NDDL Poursuivre Ensemble (79) – Youth for Climate Rennes – COLL•E•C Collectif d’Échanges Citoyens du Pays d’Aix (13) – Marche Mondiale des Femmes 26.07 – Confluences (81) – Alternatiba Nevers (58) – Action Non-Violente COP21 58 – Attac Rennes – Saccage 2024 – Mouvement Contre le Crime Atomique (MCCA) – Coordination Antinucléaire du sud-est (CAN-SE) – Collectif antinucléaire de Vaucluse (84) – Droit au Logement – Attac Vendée – Agir pour l’Environnement – PACT (Pas d’Autoroute Castres Toulouse) – Compagnie ilotopie solidaire – Attac Nîmes – Le Chaudron des Alternatives (Alsace) – Réseau Ecobâtir – Objecteurs de Croissance du Pas-de-Calais (OC 62) – La Cagette des Terres (44) – Des habitant.es de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes – Espace autogéré des Tanneries – Union Syndicale Solidaires – Les Communaux (75) – Collectif des Etats généraux de la société écologique post-urbaine – CNT 34 Education Santé Social – Alternatiba Soutlz (68) – Alternatiba Mulhouse (68) – Assemblée Populaire d’Auxerre (89) – Collectif ACCAD : Anti Compteurs Communicants Artois (62) & Douaisis (59) – Attac 93 Sud – Le Pré, Pays de Retz Environnement (44) – Reims Verts l’Avenir – La « coordination des opposant.e.s à l’autoroute A45 et son monde » – Le Printemps du CARE – Réseau des Territorialistes – ADENY (Association de défense de l’environnement et de la nature de l’Yonne) – Théâtre de l’ADN – Frugalité heureuse et créatrice (93) – Réseau Français de la Construction Paille – Touche pas à ma zone humide (33) – Alternatiba Nantes – GIGNV (44) – XR Poitiers – Attac Artois – Les Jardins de l’Engrenage (21) – Ingénieur·es sans frontière, groupe agricultures et souveraineté alimentaire (ISF Agrista) – La Petite Rockette – ImagiNon (16) – Groupe gilets jaunes Cit-act CABA (18) – ATTAC Reims – Ricochets (26) – Les Indiens du Futur (26) – Extinction Rebellion Tours – L’Antivol (37) – L’Internationale des Savoirs pour Tous  – ki-6-col’ (18) – Se Fédérer – Maison Paysanne de l’Aude – Association de Défense de la Vallée du Gambon (27) – Extinction Rebellion Hautes Alpes – Arrêt Du Nucléaire – Association intercommunale de Sauvegarde des Coteaux du Lyonnais – Justice climatique Angers – EPLC (Ensemble Pour Le Climat) Lens (62)- Jardins de Vauvenise (70) – La lutte des sucs (43) – ANV COP21 Besançon – Attac Landes Côte Sud – APPUII (alternative pour des projets urbains ici et à l’international) – Assemblée populaire du Grand Toulon (APC) – Attac Gap (05) – Attac 63 – GAEC Le MIAM Larchant (77) – Collectif Arrageois pour le Climat – Association des riverains Faches Thumesnil (59) – Revue « Bogues » – Retrouvons le Nord de la Gare du Nord – Collectif 85 GPii – Extinction Rebellion Besançon – Gdeam-62 (Groupement de Défense de l’Environnement de l’Arrondissement de Montreuil et du Pas-de-Calais) – RAMES BTP Balance Ton Port La Nouvelle (11) – Collectif Morbihan contre les fermes-usines – Coordination Stop Golfech – Editions Yves Michel – Non à Tropicalia – Sauv-Natur Saint Leu la Forêt (95) – Radiaction – Attac Flandre – Nature & Progrès Ile de France – Youth For Climate Brest – La Tête Dans Le Sable (44) – ACAPEC 24 – Youth For Climate Angers – Jours d’après (33) – STOP nucléaire 26-07 – La ferme Kana’Kodu (55) – Attac Pays malouin Jersey – Stop TERRA 2 – Attac Alès Cévennes – Youth For Climate Avignon – Fridays For Future Grenoble – Les Jardins des Vaîtes – Stop Carrière Montcabrier (81)

BREVE – Le Pays de Galles, nation au sud-ouest de la Grande-Bretagne connue pour son littoral accidenté et ses parcs nationaux montagneux, vient de prendre un engagement fort. Face à l’urgence climatique et pour atteindre la neutralité carbone en 2050, le gouvernement travailliste gallois a décidé d’interrompre tous les nouveaux projets de construction de routes, pour mettre en place des alternatives plus écologiques.

C’est une position inhabituelle pour une institution publique. Mardi, le gouvernement gallois a créé la surprise en prenant une décision radicale et cohérente pour lutter contre la crise climatique : stopper tous les nouveaux projets de construction de route.

« Depuis 1990, les émissions galloises ont diminué de 31%», a rappelé Lee Waters, le vice-ministre en charge du changement climatique. « Au cours des 10 prochaines années, nous devrons plus que doubler toutes les réductions que nous avons obtenues au cours des 30 dernières années si nous voulons maintenir les augmentations de température dans des limites sûres. Cela signifie des changements dans toutes les parties de notre vie. Les transports représentent environ 17% de nos émissions totales et doivent donc jouer leur rôle. »

Cet ancien ministre de l’Economie et des Transports parle en connaissance de cause. Il souhaite utiliser l’argent économisé (en ne construisant pas de nouvelles routes) pour améliorer les routes existantes, notamment en créant de nouvelles voies pour les bus et les vélos et des infrastructures pour un transport durable.

« Nous devons cesser de dépenser de l’argent pour des projets qui encouragent plus de gens à conduire, et dépenser plus d’argent pour entretenir nos routes et investir dans de véritables alternatives qui donnent aux gens un choix significatif. »

Cette décision s’inscrit notamment dans l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050 du pays qui a été inscrit dans la loi galloise en mars. Un groupe d’experts indépendant sera chargé d’examiner tous les projets proposés. Sa composition n’a pas encore été annoncée.

Malgré l’effet d’annonce, de nouvelles routes pourront tout de même être construites lorsque c’est indispensable, par exemple pour connecter des lotissements au réseau de transports. Cette déclaration a été reçue avec scepticisme par des parlementaires conservateurs, et saluée avec joie par les écologistes du pays.

« Il est temps d’investir dans une économie adaptée aux défis du XXIe siècle et placer le pays de Galles à l’avant-garde de la construction d’un avenir plus propre et plus juste pour nous tous. » a conclu Lee Waters

Une enquête révèle qu’Amazon continue de détruire jusqu’à 162 millions de produits neufs par an au Royaume-Uni. La multinationale américaine avait défrayé la chronique pour des pratiques similaires en France en 2019, ayant toujours cours aujourd’hui. Pour les ONG, à l’origine de la découverte du scandale à l’époque, « ces pratiques révèlent que le modèle du Géant de Seattle se trouve à l’antipode de la lutte contre le changement climatique et de la justice sociale. »

Polémique sur polémique

Géant du e-commerce, créé en 1994 et dirigé par l’Américain Jeff Bezos, Amazon connaît une expansion sans précédent depuis la crise de la Covid-19. Avec un catalogue de 200 millions d’articles, elle a pour devise de permettre à ses clients d’acheter « n’importe quoi, n’importe où, n’importe quand ».

Sa stratégie vise à offrir à sa clientèle une sensation de totale autonomie en répondant à ses désirs de consommation immédiats. Une adresse, quelques clics, emballé, c’est pesé !

Son monopole en tant qu’intermédiaire d’à peu près tout ce qui se vend sur la planète est possible grâce à la politique capitaliste du libre-échange dérégulé, créant ainsi une rupture avec les relations sociales traditionnelles du commerce de proximité.

A l’instar de son extension, les critiques envers l’entreprise vont elles aussi bon train. Entre des conditions de travail plus que douteuses, des scandales comme celui des bouteilles d’eau pour uriner, son impact sur leur climat, son empreinte carbone avec sa livraison en 24 heures et la fraude fiscale… ses détracteurs ne sont pas en manque de sujets à explorer.

Le dernier esclandre date d’il y a quelques jours. Révélé par la chaine britannique ITV, il s’agit de la destruction de millions d’invendus dans un des entrepôts du Royaume-Uni.

Epinglée une première fois en 2018 par l’émission Capital qui révélait qu’Amazon France détruisait plus de 3 millions de produits invendus, la société s’était retrouvée confrontée à une montée de colère des consommateurs. Ces derniers avaient lancé une pétition pour demander l’interdiction de cette pratique de gaspillage.

Face aux 124 000 signatures récoltées, Jeff Bezos avait réagi avec la mise en place d’un programme de dons destinés aux vendeurs tiers qui stockent leurs produits dans des entrepôts, laissant malgré tout la possibilité aux revendeurs de refuser ce système. On aurait pu croire à une avancée. Que nenni, trois ans plus tard, un scandale similaire nous vient d’Outre-Manche.

Attention, Zone de destruction massive

Une aire de destruction massive : voilà les images que révèlent la caméra cachée. Obtenues en exclusivité par ITV, ces dernières lèvent le rideau sur les coulisses de cet entrepôt d’Amazon du Royaume-Uni où près de 130 000 articles, souvent neufs et encore emballés, sont détruits chaque semaine sans aucune distinction.

Ordinateurs portables, drones, téléviseurs, livres, portables, jouets et même des masques. Alors que nous sommes encore sous la gouverne du Covid-19. Les journalistes ont suivi le périple de ces items censés être acheminés en zone de recyclage. Quelle ne fut pas leur surprise face à cette édifiante destruction de masse.

Comment, en pleine époque de remise de question sur notre mode de consommation, nos utilisations de produits à usage unique et en pleine expansion de la politique du zéro déchet, une telle ignominie est-elle encore possible ?

Oscillant dans un monde truffé de contradictions, auquel participe activement Amazon, ce phénomène s’explique relativement facilement. L’entreprise stocke dans ses entrepôts des produits de vendeurs tiers comme nous l’avons évoqué plus haut. Cette place a un coût et non des moindres.

A la manière du téléphone cassé qu’il est souvent moins cher de remplacer que de réparer, il est généralement plus rentable pour ces vendeurs de jeter leurs invendus afin d’éviter les frais de retour.

Une des images du reportage montre un écran qui dévoile un chiffre de 124 332 objets à détruire contre 27 213 articles concédés à des associations caritatives.

Si l’on fait un calcul rapide en prenant en compte les 24 centres similaires appartenant à Amazon au Royaume-Uni, des millions d’articles dans le monde pourraient relever de la destruction massive exercée par Amazon et sa politique de « satisfaction du client par tous les moyens. »

Ainsi, près de 300 000 objets neufs ont été jetés en trois mois dans l’entrepôt de Chalon-sur-Saône (Saône et Loire), le plus petit de ceux établis en France. Au niveau national, on monte à 3,2 millions d’objets manufacturés neufs jetés en 2018, selon les estimations d’élus CGT.

Surfant sur la logique de vendre toujours plus à des prix défiant toute concurrence, Amazon explose sa surproduction, faisant d’elle une des entreprises causant les pires dégâts environnementaux. Ils sont indirects et cachés aux yeux du monde, et par là-même, d’autant plus dangereux et dévastateurs.

Pour ne citer qu’un exemple, la filière textile a perdu en dix ans 10 % de sa valeur alors que la production a doublé. Pour cause ! La surproduction permet aux entreprises de toujours rentrer dans leurs frais même si cela doit aller à l’encontre de l’éthique et de la préservation de notre monde et de son patrimoine.

Changer de modèle

Rien n’arrête la croissance d’Amazon. Alors qu’il fait déjà circuler 1,9 milliards de produits non alimentaires sur notre territoire français, le titan du commerce en ligne compte en vendre au moins un milliard de plus d’ici 2021 en doublant sa surface de stockage et de distribution.

Lire aussi : France : Amazon veut doubler son nombre d’entrepôts d’ici 2021, un danger écologique et économique

En France, de nombreuses associations et de syndicats comme Attac, Alternatiba, Unis pour le climat, XR ainsi que des citoyens et des salariés d’Amazon, se réunissent afin de monter des actions contre le géant de Seattle. Une réflexion de grande envergure pour savoir « Dans quel monde nous voulons vivre ? » s’impose.

Lire aussi : Caen : des citoyens lancent une action en justice contre un entrepôt dissimulé d’Amazon

Pour cela, il faut aller chercher ce qui se cache par-delà nos écrans de fumée mais aussi derrière nos relations déshumanisées où, assis seul face à notre écran, nos désirs grandissent au fil de nos clics.

Il en va de même sur la nécessité de ralentir le rythme de notre consommation et de mettre en avant les commerces de proximité ; retisser du lien avec nos produits locaux et ceux qui s’adonnent à faire vivre l’économie de leur territoire.

Les sénateurs français ont d’ailleurs été récemment à l’écoute des attentes de la société française en réintégrant les entrepôts de e-commerce dans le moratoire sur les zones commerciales artificialisant des sols dans le cadre du projet de loi Climat et Résilience.

 » Depuis l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron, Amazon a ouvert 37 projets en France, avec le soutien actif des préfets et du Gouvernement, qui s’est opposé en 2018 à ce que les entrepôts de e-commerce soient soumis à l’autorisation commerciale dans la loi ELAN. Il est donc à craindre que l’Assemblée nationale ne revienne sur cette avancée en Commission mixte paritaire en juillet. Des sources internes au Ministère de l’environnement ont alerté les Amis de la Terre sur le refus du Gouvernement de transiger sur ce sujet, comme sur d’autres avancées adoptées au Sénat. Alors que l’expansion agressive du e-commerce puis la crise du COVID a mis à genoux le secteur du commerce en magasin, qui emploie 2 millions de personnes en France, le soutien persistant d’Emmanuel Macron à Amazon risque de raviver le spectre du président des riches et des multinationales avant les présidentielles.  » ont alerté les Amis de la Terre, qui suivent l’implantation à marche forcée de la multinationale de très près

Il est important de se souvenir que cette idée selon laquelle dans les petits commerces l’argent circule entre producteurs et consommateurs disparaît dès lors que nous mettons de l’argent chez Amazon, sortant celui-ci du circuit.

La crise sanitaire, nous ayant tant empêché de nous déplacer, nous rappelle enfin à quel point le commerce de proximité est important à protéger.

Un article de Liza Tourman.

Pour aller plus loin : Les géants du e-commerce ont détruit 81 000 emplois en France entre 2007 et 2018

Un grand rendez-vous était donné en Loire-Atlantique pour l’acte 4 des Soulèvements de la terre contre l’extension des carrières de sable Lafarge et GSM, mais aussi les mers de plastique et l’accaparement conjoint des terres par le maraîchage industriel. Plus de 500 personnes ont ainsi manifesté contre l’extension ce weekend tandis qu’une quarantaine de tracteurs ont bloqué aujourd’hui la coopérative de maraîchage industrielle Océane, à La Chevrolière, au sud de Nantes. Nous relayons ici leur plaidoyer.

Au sud de la Loire, les pays de Retz et de Grand Lieu sont en proie à une déferlante de projets destructeurs (méga-plateforme Amazon à Montbert, méthaniseur XXL à Corcoué.).

Comme partout, l’industrialisation et la bétonisation menacent de ravager le territoire au mépris des habitant-e-s et des paysan-nes qui le font vivre. La commune de St-Colomban est à cet égard emblématique du désastre en cours.

Deux carrières de sable (Lafarge et GSM) alimentent les chantiers de construction de la région. Les carriers ont déjà extrait plus de 12 millions de tonnes, défigurant le paysage, anéantissant le bocage et affectant profondément les nappes phréatiques.

Ils projettent de s’étendre dès 2022 sur 70 ha supplémentaires (à terme plusieurs centaines d’ha sont concernées), alors même que ces terres sont sanctuarisées comme « Espaces Agricoles Pérennes » dans le SCOT (Schéma de cohérence territoriale).

L’obtention d’une éventuelle dérogation pour l’extension des carrières de St-Colomban serait un véritable « permis de ravager ». Nous ne les laisserons pas faire !

Image du blocage de la coopérative agricole Océane ce matin – crédit : Soulèvements de terre

Le sable de St-Colomban est principalement destiné à l’industrie du BTP. Loin de constituer un problème strictement local, les carrières sont une cible de choix pour rassembler toutes celles et ceux qui luttent contre l’artificialisation des terres, en Loire Atlantique et ailleurs.

Ce sable de n’est pas destiné qu’à la construction. Au moins 30% des volumes extraits sont engloutis par forme industrielle et intensive de « maraîchage ». Au fil des ans, c’est une véritable mer de plastique qui a déferlé.

Réunion des manifestants ce weekend. crédit : Soulèvements de terre

Aux antipodes du maraîchage paysan, respectueux de l’environnement et destiné aux habitants du territoire, nous avons affaire à un consortium capitaliste qui détruit et empoisonne les terres agricoles pour exporter mondialement de la mâche et du muguet.

Cette industrie accapare peu à peu l’ensemble des terres. Elle empêche l’installation de jeunes paysan-ne-s. Elle menace de faire disparaître le bocage et ses fermes en polyculture élevage. Elle souille irrémédiablement le paysage.

Pour toutes ces raisons, la commune de St Colomban est à la jonction entre les mobilisations citoyennes pour l’écologie et les luttes paysannes pour la terre. Face aux carriers et au maraîchage industriel, les habitant-e-s ne peuvent résister seuls ! Ensemble stoppons l’extension des carrières et des mers de plastiques !

C’est une jolie nouvelle pour commencer la semaine ! Installé depuis deux ans dans un ancien entrepôt de Pantin, en Seine-Saint-Denis, le Laboratoire écologique zéro déchet (LEØ) était menacé d’expulsion. Le jugement de ce weekend s’est rangé de leur côté, la fine équipe peut rester sur place deux ans ! Un véritable soulagement pour ses bénévoles et toutes les personnes qui profitent de ce lieu emblématique du lien profond qui unit l’écologie aux solidarité.

Installé depuis deux ans dans des entrepôts abandonnés de l’Établissement public foncier d’Île-de-France (EPFIF), l’un des plus grands bâilleurs de la région, le LEØ n’est pourtant ni une ZAD ni un squat ordinaire.

À la fois association solidaire, atelier de réparation, lieu d’accueil pour personnes précaires, plate-forme de redistribution des dons et des invendus, bibliothèque, il s’agit plutôt d’une galaxie, autour de laquelle gravitent des centaines, voire des milliers de personnes.

A Pantin, le lieu s’est installé dans un entrepôt qui s’étend sur deux étages et 4 000 mètres carrés. Le LEØ peut se déployer dans toute la puissance de son second principe : pallier les déficits chroniques de solidarité de notre société.

Relire notre reportage : Seine-Saint-Denis : Le LEØ, un tiers-lieu écolo et social entièrement gratuit, est menacé d’expulsion

En guerre contre les squats, l’EPFIF souhaitait reprendre en main les bâtiments, sur lesquels poussera sûrement, d’ici 2024, un « écoquartier » flambant neuf. Le 19 novembre 2019, le tribunal d’instance de Pantin a choisi d’accorder trois ans de délai à l’association. L’opérateur avait alors décidé de faire appel pour expulser les occupants.

Ce 17 juin, victoire et soulagement énorme pour l’équipe du LEØ : le jugement a été confirmé par la cour d’appel de Paris.

« Le bénéfice de 3 ans initialement accordé est maintenu et nous pouvons offrir à tous-tes les « camarades occupants/squatteurs/réquisitionneurs » une magnifique double jurisprudence ! Il nous reste donc un peu moins de deux ans pour développer nos activités à Pantin et préparer la suite, nous inviterons le mois prochain toutes les personnes souhaitant participer à notre aventure lors de notre grande Assemblée générale extraordinaire ! » a réagi l’équipe du LEØ 

Le projet : fonder un lieu de lutte contre le gaspillage alimentaire et matériel, où les activités seraient entièrement gratuites. C’est la première idée forte : pas d’argent. De là, tout devient possible.

Les activités au LEØ peuvent continuer à battre leur plein : récupération et distribution d’invendus alimentaires pour les précaires, et organisation du colloque Endangered Humanities ce début de semaine.

En baie de Saint-Brieuc, le navire néerlandais Aeolus fait 138 mètres de long et était chargé des forages et de l’installation des pieux au sein du parc éolien. Le mardi 13 juin, lors d’une série de forages, un incident technique a provoqué une importante fuite d’huile. Vers 6h30, le lendemain matin, le commandant lance l’alarme auprès du Cross Corsen. Une nappe de 16 kilomètres de long sur près de 3 kilomètres de large se forme en quelques heures. D’abord repérée par le satellite CleanSet puis confirmée par la douane, la nappe se situe à 20 kilomètres de la côte.

D’après Ailes Marines, filiale de la multinationale de l’électricité Iberdrola et en charge du chantier, la nappe serait composée d’une huile de synthèse de marque Panolin, biodégradable selon les critères internationaux de l’OCDE 301B.

Bien qu’il ait été confirmé par la préfecture et le Cedre (Centre de documentation, de recherche et d’expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux) que l’huile s’évapore naturellement au contact de l’air et de la chaleur, Nicolas Tamic, le directeur adjoint du centre, émet des réserves et souhaite attendre le retour d’analyse des échantillons pour savoir si le produit est dangereux ou non.

L’échantillon mélangeant 20 litres d’eau et d’huile a été apporté auprès du Cedre le 15 juin et des tests de vieillissement pour savoir comment le produit se comporte à long terme dans de diverses conditions climatiques naturelles sont en cours. Les résultats seront connus dans une semaine, mais il est possible de détecter si l’huile est dangereuse sous 24h.

Un navire spécialisé dans le traitement des pollutions en mer a été envoyé sur place afin d’éviter que la nappe n’atteigne les côtes bretonnes. Il apportait avec lui un barrage flottant de 300 mètres de long, des boudins absorbants et un système de récupération pour aspirer la pollution.

Ce système est limité, mais comme l’explique Nicolas Tamic, il faudrait 500 euros pour traiter chaque m3 d’eau polluée, ce qui est impensable sur 16 kilomètres.

Un vol de surveillance maritime réalisé par un avion des Douanes à 14h ce 14 juin, confirme la détection satellitaire d’une pollution maritime par résidus huileux dans la zone de chantier du parc éolien en baie de Saint-Brieuc, suite à une fuite d’huile signalée par le navire d’installation offshore Aeolus. • © Douanes

Le chantier a été suspendu dans l’attente d’une inspection technique du gabarit du forage. Le navire pourra retourner à son port d’attache, aux Pays-Bas, pour effectuer une inspection complète du navire et de ses outillages. 

Le Parquet de Brest indique que l’enquête a été ouverte et que des contestations sont en cours. En effet, de nombreux observateurs, pêcheurs en tête, s’interrogent sur les chiffres avancés : ils dénoncent un manque de cohérence entre la quantité de rejet annoncée soit 100 litres et le périmètre de la pollution. La nappe faisait 16 km de long sur 3,3 kilomètres de large.

D’autre part, le projet éolien était contesté depuis 2016, notamment à cause de la riche biodiversité marine de la baie qui lui ont fait obtenir des protections sous titre de réserve naturelle et classé comme site de Natura 2000.

La centrale éolienne a reçu pas moins de 61 dérogations à l’interdiction de porter atteinte aux espèces protégées de l’Etat pour permettre sa construction.

Lire aussi : Côtes-d’Armor : les pêcheurs en guerre contre le méga-parc éolien offshore

La ministre de l’environnement Barbara Pompili a demandé suite à l’accident une transparence très importante parce qu’elle considère que la France est en retard sur le sujet de l’éolien en mer et exprime qu’il est « absolument inenvisageable que la filière se déploie en provoquant ce genre de nuisance. »

Le comité des pêches des Côtes-D’Armor a annoncé quant à lui déposer une plainte contre le projet. Pour les pêcheurs, la pollution a commencé plus tôt, il y a 15 jours de cela, car certains d’entre eux ont remonté des filets « gras ». La majorité des pêcheurs s’oppose fermement au projet.

Sea Shepherd s’était allié à la manifestation de 500 pêcheurs contre le parc éolien fin mai et a rejoint le dépôt de plainte afin de contrer la mise en place du crime manifeste d’écocide.

Crédit photo couv : Fred TANNEAU / AFP

Véritable retournement de situation à Sevran ! Alors que la municipalité de cette ville de Seine-Saint-Denis soutenait le projet d’une piscine à vagues gigantesque, elle a finalement décidé de l’abandonner à cause de son « empreinte écologique désastreuse ». Cette décision fait suite à des études menées par l’association Environnement 93, démontrant l’impact d’un tel projet sur les nappes phréatiques de la commune et ses espaces naturels, mais aussi à une importante mobilisation citoyenne lors d’un processus de consultation. Une jolie avancée écologique et démocratique.

Situé en Seine-Saint-Denis, ce projet immobilier hors-norme devait détruire plus de 30 hectares de terres agricoles de la Plaine Montceleux. Malgré cela, la Ville de Sevran soutenait le projet dans l’espoir d’accueillir l’épreuve olympique de surf pour les JO de Paris 2024.

A l’époque, l’ancien président de la Fédération s’était opposé à cette candidature, mettant l’emphase sur l’importance de l’océan dans la discipline, tout en apportant son soutien à la construction de cette piscine à vagues gigantesque, considérant que le complexe serait l’opportunité pour les surfeurs d’améliorer leurs performances.

Cependant, la nouvelle gouvernance de la Fédération Française s’est officiellement déclarée « particulièrement sensible à la protection de l’environnement » et a promis qu’elle « portera une attention particulière aux enjeux environnementaux avant d’accorder son soutien à un projet de vagues artificielles. »

Forte de ce nouveau positionnement, la Fédération Française de Surf a donc fini par s’opposer elle aussi au projet de vague artificielle de Sevran, ainsi qu’elle le détaille dans un courrier :

Le Syndicat des Professionnels de Surf (SPS) s’est également fortement positionné contre le projet en mettant également les risques sanitaires pour les pratiquants en avant, études à l’appui.

 » Le SPS s’est engagé depuis plus d’un an contre ces concepts en bassins artificiels, la bétonisation qu’ils entrainent, tout comme l’extraction mortifère des réserves hydriques, la promotion immobilière privée avec défiscalisation à la clé au profit non pas du citoyen mais bien d’entités privées… Les piscines à vagues en bassin artificiel font l’objet d’un basculement culturel et mercantile de notre pratique et de fait, du métier du transmetteur qu’est le moniteur de surf. » explique Michel Queyraud, le Président du SPS

LinkCity France, filiale du groupe Bouygues, est à l’origine du projet de parc privatif. La piscine était mise en avant comme un agrément au paysage pour les habitants, qui espéraient qu’elle améliorerait la réputation de Seine-Saint-Denis. Mais la vague géante et ces différents impacts étaient à l’origine très peu connus du grand public.

En effet, LinkCity n’était pas en mesure de présenter le bilan carbone du cycle de vie complet du projet, malgré son ampleur évidente : terrassement, construction, exploitation de la vague, déconstruction, recyclage, puis remise en état du site. Pourtant, LinkCity a mis en avant la soi-disant réversibilité du projet, sans preuves à l’appui.

L’aménageur ayant des appuis financiers et cherchant à montrer des avantages écologiques factices, l’association Environnement 93 est donc montée au créneau pour en démontrer les véritables impacts à travers la production de plusieurs études.

La piscine devait être alimentée par le ruissellement des eaux de pluie, des nappes souterraines et la rivière de la Marne, Environnement 93 s’est donc penchée sur sa consommation et sa provenance. Le résultat est clair, le projet serait catastrophique en termes de consommation d’eau.

Selon le président de l’association Francis Redon, l’équivalent de la consommation en eau de 243 piscines olympiques aurait été utilisé chaque année. Cela correspond à 608 millions de litres d’eau par an pour l’ensemble de l’hydrosystème Terre d’Eaux (année initiale).

Les études ont démontré que malgré les dires de LinkCity, la réutilisation d’eau pluviale ne suffirait pas et qu’il aurait fallu pomper dans les profondeurs de la nappe phréatique. De nombreux écosystèmes terrestres en étant dépendants, ils en auraient été gravement impactés.

Il est pourtant impossible de ne pas prendre en compte le changement climatique et les nouvelles difficultés qui seront présentes d’ici 20 ans, l’eau étant la première des ressources concernées par les grands dérèglements :

« Comment Linkcity va assurer le remplissage de ses bassins avec la crise de l’eau, si le volume de pluviométrie annuelle est concentré sur une période hivernale de 2 mois ? », demandait l’association environnementale Synapse Crew Europe dans son dossier sur la piscine à vagues de Sevran.

Lire Aussi : « les surfparks, un héritage désastreux laissé par la Fédération Française de Surf aux générations futures »

En outre, le projet aurait artificialisé 8,56 hectares, présentait une menace pour la biodiversité, notamment pour deux sites Natura 2000 tout proches, et la consommation d’énergie aurait été immense pour assurer la production de 700 vagues à l’heure.

Face à tous ces arguments, et suite à une importante concertation citoyenne, la municipalité a finalement décidé d’abandonner le projet pour des raisons environnementales.

La municipalité a ainsi déclaré que le projet laisserait une « empreinte écologique désastreuse ». Il va donc être retravaillé et devrait faire place à un centre aquatique plus modeste, un pôle de remise en forme et de loisirs.

Pour Francis Redon, président de l’association Environnement 93, cette décision est une belle victoire mais surtout la démonstration que les concertations citoyennes peuvent être un outil utile pour lutter contre les projets écocidaires, en redonnant du pouvoir aux habitants.

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