L’urgence climatique met chaque pays face aux limites de ses institutions.  En Belgique, les objectifs de lutte contre le réchauffement climatique reposent sur des accords de coopération et non sur des lois. Mais sa voisine la France qui fonctionne plutôt à l’inverse, ne semble pas meilleure élève. Que peuvent les citoyens face à l’inaction de leurs gouvernements ? Et sont-ils tous prêts à faire face à l’urgence ?

En Belgique, où les grèves scolaires réunissent des dizaines de milliers d’étudiants chaque jeudi, plusieurs associations, parmi lesquelles Youth For Climate, Greenpeace, Le Biais Vert ou encore Act for Climate Justice, organisent depuis dimanche un Village du Climat.

Quelques centaines de personnes viennent s’asseoir place du Trône pour réclamer une loi ambitieuse pour le climat. Ils réclament notamment une modification de l’article 7bis de la Constitution belge, article qui énonce le principe de protection de l’environnement de la part du gouvernement, des régions et des communautés, mais sans donner d’objectifs spécifiques.

La modification de cet article permettrait d’étendre des moyens d’action, en unifiant l’action des régions et exigeant du gouvernement qu’il respecte les accords internationaux.

Le 1er février dernier, des universitaires et activistes ont déposé à la Chambre des Représentants une proposition de 20 articles proposant entre autres de créer de nouvelles institutions pour coordonner l’action contre le réchauffement climatique entre les régions, l’État fédéral et les communautés linguistiques de Belgique.

« Depuis 11 semaines, nous prenons le risque de rater les cours et certains d’entre nous mettent ainsi leur diplôme en jeu. Les hommes politiques ne comprennent pas qu’ils jouent avec notre avenir, ne nous écoutent pas et ne changent rien. Nous pourrions presque devenir dépressifs, mais nous allons continuer« , a assuré Adélaïde Charlier de Youth for Climate.

Mardi soir, c’est finalement à 9 voix contre 8 que la Commission de Révision de la Constitution a approuvé la révision de l’article. Mais il semble maintenant certain que la révision sera rejetée jeudi en séance plénière, car la majorité des deux tiers ne sera pas acquise. Le chemin est encore long et il n’est pas étonnant que nos démocraties n’aient pas les intitutions pour faire face au désastre sur lequel elles se sont bâties.

Un rapport intitulé « The Carbon Majors Database » publié par l’ONG Carbon Disclosure Project (CDP) montre que 100 entreprises liées à l’extraction d’hydrocarbures sont responsables de 71% des émissions mondiales de gaz à effet de serre depuis 1988. Pendant que de plus en plus de multinationales s’engagent pour atteindre un objectif de 100% d’utilisation d’énergies renouvelables, les entreprises les plus polluantes peinent à prendre le pas de la transition écologique. Et c’est navrant.

L’ONG environnementale britannique Carbon Disclosure Project et le Climate Accountability Institute ont publié cette semaine une étude faisant état du rôle des grandes entreprises spécialisées dans l’extraction d’hydrocarbures quant aux émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Le constat est plutôt troublant : 25 multinationales ou entreprises publiques (ramenées à 100 en comptant les filiales) sont responsables de 71% des émissions de CO2 depuis 1988 (l’année où la responsabilité humaine dans le changement climatique a été officiellement reconnue)

Il s’agit du premier rapport à classer les entreprises, et non les Etats, en fonction de leurs émissions de gaz carbonés. Pourtant, les premières entreprises polluantes qui apparaissent dans le classement sont des entreprises publiques ou bien financées par l’Etat : on trouve en pole position l’extraction de charbon en Chine (nationalisée) responsable de 14,3 % des émissions mondiales, suivie par la Saudi Arabian Oil Company (Aramco, compagnie nationale saoudienne) responsable de 4,5 %, Gazprom OAO (compagnie russe) à 3,9 %. On trouve ensuite les grandes entreprises privées que sont ExxonMobil, Shell, BP ou Chevron qui comptent entre 1,3 % et 2 % d’émissions mondiales. Total, la seule entreprise française présente dans le classement est responsable de 0,9 % des émissions mondiales de GES et se place à la 19ème position.

Crédit Photo : Juniper Photon

Dans une interview donnée au Guardian, Pedro Faria, le directeur technique et environnemental pointe ainsi la responsabilité des agents publics qui investissent massivement dans ces compagnies ultra-polluantes, et la nécessité de réduire les extractions d’hydrocarbures pour ces multinationales, sans quoi le réchauffement climatique progressera de 3 à 4 degrés au moins d’ici 2100 (contre l’objectif de moins de 2 degrés fixé par la COP21). Pourtant, les investissements publics et privés continuent d’affluer, dans une logique toujours court-termiste, pour extraire les hydrocarbures.

Quelques efforts sont réalisés par les compagnies qui commencent à investir timidement dans les énergies renouvelables, mais on est loin des résolutions nécessaires pour engager la transition écologique.

A l’inverse, de plus en plus de multinationales (dont le rôle dans l’émission de gaz à effet de serre est ridicule comparé aux compagnies citées précédemment) se mobilisent pour réduire drastiquement leurs émissions carbonées. Le RE100, une initiative globale et collaborative, est parvenue à rassembler 100 compagnies influentes qui s’engagent à court ou moyen terme à adopter un modèle basé sur le 100 % renouvelable. Parmi celles-ci on trouve Ikea, Google, Facebook, Apple, Coca-Cola et bien d’autres encore.

Pour Charlie Kronick, conseiller à Greenpeace UK, les investisseurs ont désormais un choix à faire :

« Le futur de l’industrie pétrolière est déjà écrit. Le choix est donc : est-ce que son déclin sera géré en réinvestissant le capital des actionnaires dans les véritables industries du futur ou est-ce qu’ils continueront à espérer ne pas être les derniers quand leur monde s’effondrera. »

Seulement 23 % des aides publiques apportées par la Chine en Afrique entre 2000 et 2015 profitent aux populations du continent. Preuve que Pékin cherche à contrôler une force géopolitique majeure.

Entre 2000 et 2014, la Chine a versé près de 355 milliards de dollars d’aides à travers le monde, soit près de 300 milliards d’euros. En décembre 2015 durant le sommet Chine-Afrique, le président chinois Xi Jingping a promis une aide de 60 milliards de dollars au continent, une somme colossale qui a pour but de financer différents programmes de coopération comme l’industrialisation, l’agriculture ou encore la réduction de la pauvreté. C’est d’ailleurs une promesse que n’a pas manqué de souligner le président de l’Union Africaine d’alors, Robert Mugabe :

« La Chine est en train de faire pour le développement de l’Afrique ce qu’aucun pays colonisateur n’a fait, ensemble nous allons maintenant nous battre pour une vraie démocratie aux Nations unies ».

Pourtant, cette générosité de Pékin a intrigué plus d’un spécialiste et amène à réfléchir sur les réelles motivations du géant asiatique.

Une politique d’investissements

Le programme de recherche américain Aid Data a publié en octobre une étude retraçant les aides internationales en Afrique par les différents pays. Aux premiers abords, les deux premières années de financement des projets de la Chinafrique, apportent une croissance moyenne de 0,4 %. Pourtant, la mise en pratique des aides aux projets révèle une dominance des investissements et non des aides. Le directeur d’Aid Data, Bradley Parks, explique la subtilité des financements :

« Ce sont souvent des prêts concessionnels avec de faibles taux d’intérêts et pour objectif de servir uniquement les intérêts économiques chinois »

Ainsi, les placements financiers de la Chine en Afrique apparaissent comme un poids dans les négociations à la table des Nations unies. En effet, l’étude d’Aid Data présente les différentes aides de la Chine selon la géographie de l’Afrique. Il suffit alors de se renseigner sur les liens politiques entre les différents pays du continent et la Chine pour observer que cette dernière aide en priorité les potentiels appuis et les sources de matières premières. À la table des négociations, la Chine peut désormais compter sur une multitude de pays qu’elle tient en quelque sorte sous son emprise financière.

Source : afrikakom.com

Un enjeu géopolitique

Historiquement, la relation entre la Chine et l’Afrique trouve une nouvelle ère en 1949. A cette époque où les indépendances africaines émergent petit à petit, la Chine intervient dans le cadre d’une solidarité tiers-mondiste, notamment à la suite de la conférence de Bandung de 1955 — le but étant également de contrer les puissances occidentales. Depuis, la Chine n’a cessé de se développer économiquement sur le territoire africain. Elle apparait même comme un partenaire essentiel, avec près de trente ambassades sur le continent. L’Afrique est depuis toujours considérée comme un puit de richesses par le reste du monde et la Chine n’échappe pas à la règle. Mainmise sur les sites pétroliers, exploitation du minerai, agriculture et chantiers de grande ampleur, l’Afrique est devenue en moins de 20 ans l’un des principaux terrains de jeu de la Chine.

Corruption et éducation

Les aides financières et les investissements de la Chine font ressortir différents aspects positifs et négatifs sur le continent. Parmi eux, la corruption et l’éducation. En effet, l’arrivée des projets chinois dans l’économie de certains pays a également apporté des codes de la mafia. C’est à la suite de l’étude d’Aid Data que les spécialistes ont pu confirmer une hausse des pots de vins dans un périmètre de 50 kilomètres autour des projets chinois, notamment les projets énergétiques. Permis de conduire, autorisation de travail et relation avec la police locale, des actions en proie à la corruption, notamment dans les pays en voie de développement.

D’un autre côté, les relations Chinafrique ont participé au développement de l’éducation internationale. En 2017, c’est près de 50 000 africains qui ont fait leur rentrée universitaire en Chine, soit vingt fois plus qu’il y a dix ans. En 2015, Pékin s’est engagé à distribuer près de 30 000 bourses supplémentaires d’ici à 2018. À ce rythme, près de 80 000 étudiants africains seront présents sur le territoire chinois. Pékin ne cherche plus seulement à investir financièrement sur le territoire, mais tisse également des liens étroits avec ses futurs alliés.

Crédits photo couverture : Ihsaan Haffejee / ANADOLU Agency / AFP

En Indonésie, la déforestation massive et la mise en place d’énormes exploitations de palmiers à huile menacent la survie du tigre de Sumatra. La détérioration de son habitat naturel a déjà conduit à la disparition des espèces voisines, les tigres de Bali et de Java, et sa préservation sur l’île de Sumatra va dépendre de la façon dont le gouvernement va protéger les espaces nécessaires à sa survie.

Depuis une trentaine d’années, l’archipel indonésien connait une transformation sans précédent. Avec l’explosion du marché de l’huile de palme, l’Indonésie a réorienté presque toute son économie sur ce marché, sans en évaluer les risques endémiques pour l’écosystème.

Crédit Photo : Paula Borowska

Environ 85 % de l’huile de palme est originaire des plantations d’Indonésie et de Malaisie. La Table ronde pour une huile de palme durable estime qu’entre 1990 et 2010, 8,7 millions d’hectares de forêt ont disparu à cause de sa culture. On déboise, souvent en brûlant, pour replanter des palmiers à huile, au détriment des quelques 70 000 derniers orang-outang notamment (Environ 14 000 à Sumatra et 55 000 à Bornéo d’après WWF), dont on détruit petit à petit le milieu naturel.

Vivant sur les îles de Bornéo et de Sumatra, le tigre de Sumatra est lui aussi aujourd’hui « en danger critique d’extinction ». D’après une étude publiée dans la revue Nature Communications, l’habitat naturel du tigre a été réduit de 17 % entre 2000 et 2012, ce qui a conduit à une diminution de 742 individus (adultes) à 618 sur la même période. Entre 1990 et 2010, c’est 40 % de la forêt primaire qui a été détruite, ce qui affecte également beaucoup les proies des tigres. D’après WWF,

« [Les tigres] se voient contraints de chercher de la nourriture dans les zones habitées, une situation qui alimente les conflits hommes-animaux»

La même étude publiée dans Nature Communications montre que les populations de tigres de Sumatra ont été subdivisées en petits groupes, ce qui les rend encore plus vulnérables. De même, il resterait seulement deux espaces suffisamment vastes (environ 400 km2, d’après les auteurs de l’étude) pour « accueillir des regroupements de 30 femelles reproductrices, seuil nécessaire à a survie de l’espèce ».

Crédit Photo : Vincent van Zalinge

Mais, un autre facteur expliquant la disparition chronique du tigre de Sumatra est le braconnage. En effet, en médecine chinoise traditionnelle notamment, on attribue à certaines parties du tigre des propriétés bénéfiques pour la vitalité et la virilité. D’après une enquête de TRAFFIC, le braconnage en vue du commerce était responsable de plus de 78 % de la mortalité des tigres de Sumatra (soit environ 40 individus par an) entre 1998 et 2002.

Ainsi, deux grandes mesures sont nécessaires pour assurer la préservation des tigres de Sumatra : d’une part, la protection des vastes espaces naturels restants contre l’appétit des exploitants d’huile de palme, et d’autre part, la lutte contre le braconnage et le commerce illégal. L’Indonésie – en collaboration avec le WWF – s’est d’ailleurs engagé à doubler la population de tigres d’ici 2022

Certains d’entre nous rêvent d’être rentiers, et d’autres ne jurent que par l’arrivée du sacro-saint week-end. Avouez-le sans complexe, vous le connaissez aussi ce « baume au cœur » du vendredi ? Aujourd’hui, le travail est encore largement perçu comme une besogne à effectuer avant de profiter d’un repos bien mérité. Après tout, « il faut bien vivre », autant se le dire… Pourtant, un nouvel idéal du « laisser-vivre » est en train de questionner la notion d’équilibre entre temps travaillé et temps libre.

En 2000, la réforme des 35h, aussi saluée que controversée, a produit l’effet d’une petite révolution. Sans surprise, deux écoles s’affrontent, celle des salariés et celles des patrons. Dès lors, aucune reconsidération du temps de travail n’a été aussi significative. Afin d’apaiser les discordes, l’épineuse question de la « productivité » devrait être soigneusement étudiée.

Contrairement aux idées reçues, les Grecs sont les plus gros travailleurs en Europe. Crise oblige, il faut mettre les bouchées doubles ! Malheureusement, ceci n’est pas un gage d’efficacité pour les entreprises, bien au contraire. Un constat surprenant va certainement calmer les « bourreaux du boulot », les pays les plus développés en Europe sont ceux qui ont opté pour une durée de travail réduite et pour un aménagement des horaires plus flexible. Moins d’heures, certes, mais une disponibilité mentale et une concentration redoublée, voilà le secret !

Direction les Pays-Bas où un travailleur sur deux est a temps partiel. Le plus souvent, cette situation professionnelle est un choix tout à fait délibéré, 75 % des femmes et 25 % des hommes sont concernés (contre 31% des femmes et 6 % des hommes en France). « Je veux voir grandir mes enfants. Je veux pouvoir être présent pour leur apprendre plein de choses et je pense qu’ils ont besoin de leur père, autant que de leur mère ». Joeren, citoyen hollandais et papa épanoui, a décidé de se consacrer à ses filles tous les mercredis. Il affirme avoir gagné en confort et en qualité de vie.

Halte aux préjugés, sachez que l’économie des Pays-Bas est en pleine santé ! Le taux de chômage est au plus bas avec une proportion de 5,8 %. Malheureusement, le contrat à temps partiel souffre d’une mauvaise réputation dans l’hexagone. Un travailleur à moins de 35h peut être considéré comme un salarié moyennement investi et peu motivé.

Selon les entreprises, cette situation professionnelle est difficilement compatible avec une progression de carrière. Dernièrement, le temps partiel est jugé inintéressant car il implique la même quantité de travail qu’une personne employée à temps plein, tout en étant payé généralement 20 % de moins. Cette troisième justification est particulièrement intéressante « à creuser » puisqu’elle met en lumière un fléau assez méconnu des entreprises : le présentéisme.

La France est championne de la discipline du « présentéisme » au travail. La journaliste Lisa Beaujour en a fait une vidéo teintée d’humour. « 17h30, tu pars déjà ? C’est cool, tu as posé ta demi-journée ? » Vous avez raison de rentrer chez vous si votre travail est terminé, car le présentéisme coûte très cher aux entreprises.

Crédit Photo : Alex Kotliarskyi

De façon dialectique, deux mentalités s’opposent : en France, rester tard au travail est une façon de se faire « bien voir » par son patron. Dans les pays du Nord de l’Europe ou au Canada, c’est tout le contraire : rester tard signifie un manque d’efficacité puisque les tâches professionnelles n’ont pas été menées dans le cadre des horaires impartis.

Pourquoi une si grande disparité des avis ? Le phénomène du conformisme social y est sûrement pour quelque chose… Inconsciemment, nous nous adaptons à une norme de productivité. Bien évidemment, celle-ci n’est pas stipulée dans les clauses d’un contrat, mais elle se met en place tacitement en fonction de la dynamique générale ressentie au sein d’une équipe. Aussi incroyable que cela puisse paraître, le coût du présentéisme est plus élevé que celui de l’absentéisme. Ce coût caché pour les entreprises s’élèverait ainsi entre 14 et 25 milliards d’euros par an d’après Matthieu Poirot, fondateur du cabinet Midori Consulting.

Des horaires à rallonge provoquent un état d’épuisement, autant sur le plan physique, que sur le plan émotionnel. Le moral des « troupes » en pâtit. « Le salarié est tenté de tirer sur la corde jusqu’au jour où il finira par craquer. Il suffit de constater la multiplication des cas de burn-out depuis ces dernières années » explique Denis Monesse, sociologue et chercheur à l’IE Business School.

Bien souvent, on culpabilise les gens qui s’autorisent du temps en les sermonnant :

« Durant ce temps perdu, tu aurais pu faire autre chose, quelque chose de plus utile et qui aurait plus de valeur ».

Mais qui décide de la valeur de ce temps ? « Le plaisir n’a pas de prix précisément parce-qu’il a une valeur. Ce n’est pas gagner du temps qui est important, c’est gagner un peu de soi. Et gagner un peu de soi, ça prend du temps. » Thierry Paquot

Selon une étude, une grande majorité des miels produits dans le monde sont désormais contaminés par les insecticides.

Déclin des abeilles et contamination du miel

Une étude sur les « néonicotinoïdes », les pesticides les plus utilisés à travers le monde, a été dirigée par le professeur Suisse Edward Mitchell durant 3 ans. Les néonicotinoïdes, aussi appelés « tueurs d’abeilles » jouent un rôle déterminant dans le déclin d’Apis mellifera ( abeille à miel domestique originaire d’Europe. Elle est considérée comme semi-domestique. C’est une des abeilles élevées à grande échelle en apiculture pour produire du miel et pour la pollinisation ) et contaminent par la même occasion la grande majorité des miels récoltés à travers le monde.

Cette contamination affecte un grand nombre d’espèces ainsi que l’ensemble de la chaîne alimentaire, jusqu’à l’homme. Cela a conduit les autorités de plusieurs pays à prendre des mesures de restriction depuis plusieurs années.

Crédit Photo : Joséphine Amélie

En 2017 cette étude franco-suisse a ainsi déterminé que 75 % des miels analysés contenaient des traces de substances neurotoxiques. 300 pots avaient été récupérés provenant d’Alaska, d’Australie, d’Europe ou encore d’Asie.

« Nous avons opéré une sélection pour garder un échantillonnage qui ne surreprésente pas certaines régions par rapport à d’autres » explique un chercheur à l’université de Neuchatel (Suisse). « En définitive, nous avons conservé 198 miels différents pour l’analyse » précise-t-il.

Crédit Photo : Annie Spratt
Crédit Photo : Annie Spratt

Ces analyses sont le reflet d’une contamination des sources de nourritures des insectes pollinisateurs, tels que le nectar et le pollen, pouvant provoquer des troubles à différents niveaux. En effet, pour de nombreux insectes, l’exposition « chronique à faible dose » de ces substances provoque des troubles cognitifs, une baisse de l’immunité et une diminution de la capacité à se reproduire. Par ailleurs, dans certains cas, les néonicotinoïdes altèrent le système nerveux des insectes, entrainant la paralysie puis la mort.

Les risques sur la santé

Selon, Christopher Connolly, chercheur à l’université d’Ecosse, le miel est « un bon indicateur de l’état général des écosystèmes ». Remontant à la source, le miel « contaminé » est bien le fruit de l’utilisation de pesticides dans l’environnement voisin, pouvant provenir d’un rayon de plusieurs kilomètres.

Les chercheurs se veulent malgré tout rassurants quant aux risques sur la santé humaine. « Selon les normes en vigueur, la très grande majorité des échantillons étudiés ne posent pas de souci pour la santé des consommateurs » explique Edward Mitchell.

Crédit Photo : Anne Reiff

C’est toutefois « l’effet cocktail » qui pose problème. En effet, les organismes sont contaminés par plusieurs substances toxiques provenant de multiples pesticides issus des produits alimentaires ou de la pollution de l’air.

« Avec plus de 350 pesticides de synthèse utilisés, (…) les combinaisons sont infinies et rendant toute étude illusoire. Nous sommes donc réduits à nous baser sur des recherches à court terme, souvent centrées sur le seul composé « actif ».  Nous ne tenons donc compte ni des adjuvants, ni de la présence de métabolites parfois aussi toxiques, si ce n’est plus, que les composés actifs eux-mêmes ».

Soumis à des restrictions d’usage dans l’Union Européenne depuis 2013, trois néonicotinoïdes sont désormais interdits en France depuis 2018.

Une étude danoise récente met en évidence un processus de renforcement naturel des inégalités dans les sociétés humaines, à l’instar des sociétés animales. Sommes-nous pour autant de simples bêtes ?

L’exemple des sociétés animales

L’étude des comportements animaux nous l’apprend : dans une situation naturelle, les individus dominants (aux capacités physiques supérieures, à l’influence sur le groupe plus affirmée) se comportent avec agressivité pour garder leur place, tandis que les plus jeunes ou les plus faibles se soumettent plus facilement. La lutte pour la domination (et ce qui en résulte, c’est-à-dire plus de territoire et de meilleures perspectives de reproduction) n’éclate que quand un individu s’estime suffisamment puissant pour rivaliser.

C’est une application simple de la théorie des jeux, énoncée de la façon suivante :

« chaque acteur d’un système social va chercher à maximiser ses gains, quitte à en aggraver les inégalités s’il n’en souffre pas personnellement ».

On note ici l’introduction de la notion d’inégalité comme conséquence de la construction hiérarchique des relations dans une société animale. Mais qu’en est-il chez les animaux civilisés que nous sommes ?

Crédit Photo : Sharon McCutcheon

Validation empirique du modèle

Selon une étude récente, menée par l’université d’Aarhus, au Danemark, cet état de fait s’applique aussi aux sociétés humaines. Selon les chercheurs, la situation d’inégalité (mesurée par l’indice de Gini, qui mesure les corolaires habituels de l’inégalité, à savoir la corruption, le non-respect de la loi et bien d’autres) tend à être entretenue par les groupes dominants — qui cherchent à asseoir leur situation — par l’intermédiaire de la violence, qu’elle soit physique ou psychologique (racisme, sexisme, xénophobie).

De l’autre côté, cette situation est aussi acceptée par les groupes subordonnés, car ils n’estiment pas leurs chances de réussite suffisantes dans un potentiel conflit social pour s’en insurger.

Pour démontrer leur postulat, les auteurs de l’étude ont mené une double étude sur la population américaine :

La première, réalisée au niveau macroscopique, s’intéresse à la corrélation dans une société donnée (ici, un Etat), entre la volonté de maintenir un système inégalitaire et la présence d’inégalités.

La deuxième, qualitative, a été menée auprès de plus de 4 000 individus de la classe considérée comme dominante aux Etats-Unis (blancs, aisés) pour mettre en valeur le lien entre présence globale d’inégalités (et donc de conflit social) et violences individuelles (racisme, sexisme, persécution ethnique).

Les résultats sont éloquents : dans les deux cas, la corrélation entre inégalités et volonté de maintenir le système dans son état actuel par la violence a été prouvée. Même s’il manque une étude approfondie incluant dans le spectre d’analyse la population considérée comme dominée, le constat a de quoi étonner : nous ne vaudrions pas mieux que des animaux dans nos rapports de force psychologiques.

La théorie des jeux se confirme : les puissants exercent la violence pour garder leur position, les dominés l’acceptent (cet aspect est encore un postulat, non couvert par l’étude) parce qu’ils ne pensent pas pouvoir lutter contre.

« Les résultats sont éloquents : dans les deux cas, la corrélation entre inégalités et volonté de maintenir le système dans son état actuel par la violence a été prouvée. »

Le cercle vicieux des inégalités ainsi mis en évidence est le suivant : dans une société criblée d’inégalités (mesurée par l’indice de Gini), on note une volonté générale de garder le système comme il est (volonté active chez les dominants, passive chez les dominés) ; cette volonté s’incarne par des comportements et idéologies violents susceptibles de renforcer les inégalités (racisme, sexisme, opposition à l’aide par l’Etat), qui à leur tour renforcent les inégalités… et ainsi de suite.

Un contrat social à double tranchant

Ne sommes-nous donc que des animaux ? Pourtant, nous ne vivons pas dans les mêmes conditions : là où les animaux luttent pour satisfaire leurs besoins primaires (territoire, reproduction, nourriture), nous n’avons pas besoin en société de nous battre pour y répondre. En s’intéressant à la notion de contrat social chez les penseurs de la société comme Jean-Jacques Rousseau, Thomas Hobbes ou John Locke, il est possible d’expliquer comment s’est prolongé le conflit dans notre société civilisée.

Les théoriciens cités plus haut s’accordent ainsi sur l’existence théorique d’un « état de nature » dans lequel se situait l’humanité à l’aube de la société. Dans cet état, analogue au monde animal, chacun luttait (ou vivait au contraire en harmonie, selon les points de vue) pour la satisfaction des besoins naturels. Ainsi s’explique la situation initiale chez les animaux, évoquée plus haut. Mais les hommes, fatigués de cette « lutte de tous contre tous », décidèrent de s’organiser en société selon un « contrat social » : chaque individu renonçait alors à la satisfaction directe de ses besoins pour se subordonner à un corps supérieur qui veillerait à la distribution égale.

Avec le contrat social vint le progrès, la science, la paix ; pour reprendre les mots de Rousseau, l’homme, autrefois « animal stupide et borné », devient « un être intelligent et un homme », alors que « ses facultés s’exercent et se développent, ses idées s’étendent, ses sentiments s’ennoblissent ».

Jean-Jacques Rousseau

Malheureusement, comme le met en évidence Locke, ce changement apporte également la propriété et l’invention de l’argent. C’est là que, selon Rousseau, la société nuit également à l’homme, puisqu’elle introduit de nouveaux besoins, et par conséquent la jalousie du voisin, la xénophobie, le racisme. Les conditions sont donc réunies pour expliquer le constat de l’étude danoise : le conflit est de retour, mais parce le sujet de celui-ci a changé.

Crédit Photo : Kayle Kaupanger

Quelles solutions nous reste-t-il ? Si l’on écoute les grands penseurs du contrat social, une solution réside dans l’établissement d’un dirigeant fort, que Hobbes désigne comme le « Léviathan ». Chez Locke, l’Etat est suffisamment fort pour faire respecter la notion de propriété et lisser les inégalités. Seul bémol : il repose sur le consentement unanime des individus. Plus idéaliste, Rousseau croit de son côté à une société apaisée par une morale plus forte. Selon lui, l’homme n’est pas intrinsèquement mauvais, c’est la société qui le corrompt.

Il nous faut dès lors lutter par la morale, c’est-à-dire une plus grande considération d’autrui — qui nous distingue des animaux — contre le renforcement des inégalités.

Arles, la Provence, les Arènes, les toiles de Van Gogh… ça c’est pour la carte postale. Pour ses habitants, c’est la table de la terrasse noire au lever, le linge blanc qui devient gris sur les cordes à linge. La ville noircit surtout les poumons de ses habitants qui se prennent la pollution des véhicules circulant sur la nationale 113, la seule non autoroute le long de la Méditerranée. À la circulation locale s’ajoutent les camions venant d’Espagne ou d’Italie cherchant à rejoindre Marseille. 80.000 véhicules par jour, pour une ville de 50.000 habitants, c’est plus de pots d’échappements que de paires de poumons.

Bonne nouvelle pour les habitants, un projet de contournement autoroutier est prévu en 2023. Sauf que cette autoroute passera par la steppe de Crau, dernière zone sèche d’Europe, qui jouxte la Camargue. Réduite de trois quarts par les friches, la steppe de Crau est composée de bosquets, prairies où paissent moutons taureaux et vaches de Camargue, et plaines où on cultive le foin de Crau destiné aux chevaux arabes.

La steppe semi-aride de la Crau

La bonne nouvelle, c’est que défenseurs de l’environnement et agriculteurs se retrouvent unis dans ce même combat pour préserver la plus grande zone humide d’Europe et la plus grande zone sèche européenne. Mais que pourront-ils peser face aux habitants, c’est à dire aux électeurs que LREM voudrait sans doute ménager ?

Des associations comme l’ACEN (Arles Camargue Nature Environnement) proposent d’interdire le trafic international sur la N113 et d’obliger les poids lourds à passer par les autoroutes A7 et A9. Pour la députée de la circonscription LREM, élue sur cet engagement, “C’est d’abord une question de santé publique”. Comme l’était l’augmentation de la taxe sur le diésel. Sauf qu’encore une fois, les élus, en cherchant des solutions rapides, nous donnent à choisir entre environnement et santé publique. Fausse équation.

Cette histoire locale est à l’image des enjeux planétaires : aujourd’hui on ouvre enfin les yeux, les constats sont bien là. Mais nous préférons contourner les problèmes plutôt qu’y faire face. Sans doute parce que élus autant que chefs d’entreprises et citoyens n’ont pas encore mesuré la nécessité de changer profondément nos habitudes. En attendant, qu’ils aillent rouler plus loin, du moment que ça ne pollue pas chez moi !

Suivant le mouvement des « incroyables comestibles » une école primaire de Montpellier lance un projet de permaculture avec ses élèves.

Comment réveiller notre lien à la terre ?

C’est à cette question que va tenter de répondre l’école internationale Antonia. Cette école située à Montpellier vient en effet de lancer un projet pédagogique de « marelle nourricière » pour que les 35 élèves de l’école fassent l’expérience d’un jardin bio. L’initiative vient du mouvement participatif « incroyables comestibles » et n’est pas sans rappeler la pédagogie Montessori basée sur le respect du rythme de chacun, l’activité individuelle et collective mais également l’apprentissage expérientiel !

Incroyables comestibles est quant à lui un mouvement participatif commun qui cherche, par la nourriture comme facteur d’unicité, à reconnecter les gens à la terre mais également entre eux. Ce mouvement diffuse des valeurs fortes et souhaite nourrir l’humanité de façon saine, durable et locale. Ainsi, des actions de plantations nourricières partagées sont relayées avec une pédagogie indispensable, le but étant d’attirer l’attention sur l’importance du « manger sain », et du « consommer local ».

La permaculture, en plus d’entrer dans l’initiative plus large qu’est l’écologie, permet à l’enfant d’être acteur de son apprentissage. Pour les élèves d’Antonia l’objectif de cette expérience est qu’ils soient responsables de leur potager afin de prendre conscience de chaque étape et d’en assimiler le sens.

En deux heures les élèves de maternelle ont coopéré dans un travail d’équipe afin de créer une marelle nourricière faite de cartons, de bois, de gazon et de feuilles mortes. Une fois cette technique opérée afin de créer un humus riche et équilibré, la plantation dans le terreau peut commencer. En phase finale, avec les pommes de terre, les enfants pourront également planter du maïs, des artichauts, des carottes et des tomates. Enfin dans trois mois les enfants pourront découvrir et partager leur récolte.

L’introduction de ces pratiques dans l’éducation est un très bon moyen d’éduquer les générations futures au respect de la nature et aux enjeux de l’agronomie.

Deux artistes finlandais disposent des bandes lumineuses dans un petit village côtier de l’Écosse. Leur but, montrer de manière créative les conséquences directes du réchauffement climatique.

Le projet « Lignes » des deux artistes finlandais, Pekka Niittyvirta et Timo Aho, met en évidence l’urgence face aux conséquences du réchauffement climatique, de la fonte des glaces, du stockage de la chaleur dans les océans et donc de la montée des eaux !

Crédit Photo : Pekka Niittyvirta et Timo Aho

Cette hausse est une réalité incontestable et de nombreuses îles disparaissent, notamment au Bangladesh.

Depuis 1992, la fonte des glaces a été multipliée par six, comme l’indique les analyses inquiétantes de nombreux spécialistes. L’eau monte de 3.2 millimètres par an depuis 20 ans et pourrait donc augmenter d’un mètre d’ici 2100. Ainsi, d’ici 2500, un grand nombre de villes côtières pourraient se retrouver immergées à travers le monde. Parmi celles-ci Nantes, la Rochelle, Bordeaux en France mais aussi Amsterdam, Londres, New York ou encore Miami. L’archipel des Maldives pourrait quant à lui disparaître totalement.

Ces lignes lumineuses  indiquent donc le futur niveau de l’océan sur l’ile de North Uist à Lochmaddy en Écosse.

« Plusieurs lignes ont été installées : on en retrouve dans des champs pour montrer l’impact que la montée des eaux aura sur la Nature mais aussi autour des bâtiments pour dévoiler de manière assez terrifiante la fin de toute présence humaine en ces lieux » 

Crédit Photo : Pekka Niittyvirta et Timo Aho

Bien que la montée des eaux ne soit pas uniforme, à cause des courants marins et des mouvements atmosphériques, la problématique est bien mondiale. Un rapport de la Banque Mondiale estime que la montée des eaux et les autres conséquences du dérèglement climatique pousseront 140 millions de personnes à devenir réfugiés climatiques dès 2050.

Ce moyen de sensibilisation aussi frappant que créatif tente donc une prise de conscience collective et une mobilisation mondiale.

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