Au coeur de 3 000 ha de terres agricoles, un centre commercial va voir le jour

« Open Sky », porté par la Compagnie de Phalsbourg, à Pacé, à l’Ouest de Rennes est d’envergure : 40 000 m2, dont 27 000 m² d'espaces commerciaux (35 à 40 magasins, 5 restaurants) et 1 400 places de parking.
26 janvier 2019 - Laurie Debove
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Depuis mi-décembre, une protestation prend de l’ampleur à Rennes Métropole. Dénoncé par des élus locaux et des habitants, le projet de centre commercial « Open Sky » va détruire d’excellentes terres agricoles. Validé en 2015 par une enquête publique, ce projet de bétonisation des terres va pourtant à l’encontre des vœux de l’agglomération rennaise pour atteindre l’autonomie alimentaire.

« Open Sky », porté par la Compagnie de Phalsbourg, à Pacé, à l’Ouest de Rennes est d’envergure : 40 000 m2, dont 27 000 m² d’espaces commerciaux (35 à 40 magasins, 5 restaurants) et 1 400 places de parking. Sous couvert de « s’intégrer dans le paysage et la nature environnante », le centre commercial va en fait recouvrir de béton 10 hectares des terres les plus fertiles du département d’Ille et Vilaine.

Crédit Photo : Compagnie de Phalsbourg site internet

Ce complexe commercial est la dernière tranche d’un projet vieux de 25 ans, décidé à la fin des années 90 : une ZAC artisanale et commerciale de plus de 80 ha. Lorsque les autorisations de construire ont été demandées en 2014, de nombreux petits commerçants menacés par l’arrivée de ce mastodonte s’étaient regroupés pour y faire opposition. Les conclusions de l’enquête publique et le Conseil d’Etat ont finalement donné raison à la Compagnie de Phalsbourg pour mener le projet à terme.

Mi-décembre 2018, le groupe local Europe écologie les Verts (EELV) Sud et Ouest de Rennes a initié une pétition contre le centre commercial « Open Sky » qui a très rapidement pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux.

« Les Rennais et les Pacéens ont découvert ce qu’il se prépare, certains n’étaient même pas au courant de l’enquête publique, et ils ont été outrés par ce manque de cohérence face aux urgences écologiques et climatiques. Les décideurs économiques et politiques persistent à nous imposer des projets hérités d’une époque révolue, commercialement inutiles, socialement néfastes, et environnementalement irresponsables. » Régine FERRON, agronome de formation et l’une des initiatrices de la pétition

Le projet « Open Sky » est en effet l’exemple typique d’un affrontement entre deux mondes : l’un tourné vers la consommation à outrance et le tout-voiture, et l’autre soucieux de préserver notre environnement, aussi petite la parcelle puisse-t-elle sembler. En effet, l’un des principaux arguments portés par les personnes en faveur du centre commercial est qu’il ne s’agit « que de 10 hectares », donc une surface négligeable par rapport aux 3 000 hectares restants.

« Paul Kerdraon, maire de Pacé, et grand défenseur de l’agriculture productiviste, prétend que 10 ha, c’est ridicule, au vu de la surface agricole de Pacé qui compte encore 3000 ha. Cependant, si Pacé voulait être autonome pour nourrir ses 12 000 habitants, la surface agro-alimentaire nécessaire serait de 4000 ha. Nous ne défendons pas seulement une vision écologique de l’avenir, nous défendons d’abord un territoire de subsistance» Régine FERRON, agronome de formation et l’une des initiatrices de la pétition

Open Sky pénalise ainsi le projet d’autonomie alimentaire de Rennes Metropole, pourtant annoncé en 2016. Maintenant que l’autorisation de construire est actée, les opposants s’inquiètent d’une sortie de terre en 2020. A la base lancée pour sensibiliser les élus, reste à voir si la pétition va se transformer en mouvement de longue durée grâce à l’arrivée d’Alternatiba. Pour sauver les terres agricoles de Pacé, l’espoir naît. Vous pouvez rejoindre le mouvement ici. 

26 janvier 2019 - Laurie Debove
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