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Assassinée parce que son enquête avançait trop sur la corruption d’hommes politiques

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« Projet Daphne ». Le projet porte le prénom d’une femme, Daphne Caruana Galizia, assassinée pour avoir fait son métier, celui de journaliste. Mis en place par dix-huit médias réunis dans un partenariat international appelé Forbidden Stories, ce projet est un hommage. Un hommage au courage de celles et ceux qui combattent la censure, la menace et qui luttent pour la liberté et l’indépendance de la presse. Ce projet est aussi une poursuite. La poursuite du chantier qu’avait commencé Daphne Caruana Galizia à Malte en dénonçant bruyamment la corruption, la fraude et les diverses magouilles politiques et économiques qui gangrénaient son île. Un chantier que certains ont voulu faire cesser, mais un chantier qui, aujourd’hui, continue d’avancer.

On est le 16 octobre 2017. Daphne Caruana Galizia, une journaliste/blogueuse indépendante maltaise, sort de chez elle et prend sa voiture. Elle roule trois minutes avant que la bombe placée sous son siège explose. Six mois plus tard, un collectif de médias du monde entier s’est formé pour continuer les différentes enquêtes qu’elle menait, enquête sur la corruption et les différentes fraudes du pouvoir en place (parti travailliste) et également du principal parti d’opposition (parti nationaliste). C’est le « projet Daphne ». 

Les sujets à traiter sont divers et nombreux, du fait de l’importance des révélations que la journaliste maltaise faisait sur son blog Running Commentary. Le plus évident (c’est d’ailleurs le premier article que Le Monde, membre de Forbidden Stories, a publié sur ce projet est le meurtre de Daphne Caruana Galizia. Qui l’a tuée ? On pense avoir la réponse à cette question. 

Trois personnes, Vincent Muscat (rien à voir avec le premier ministre maltais Joseph Muscat) et les frères Degiorgio, ont été arrêté et passent actuellement en procès pour ce crime. Les preuves sont accablantes mais une question reste en suspens : qui a ordonné cet assassinat ? Il apparaît comme peu probable que ces trois individus, connus par les services de police pour leur proximité avec le milieu du banditisme maltais, est commis ce meurtre de leur propre initiative. 

Daphne Caruana Galizia n’a jamais écrit sur eux et ne les connaissait vraisemblablement pas. La thèse de l’existence d’un commanditaire haut placé est donc la plus plausible. Pourtant, comme le rapporte l’enquête de Forbidden Stories, aucun dirigeant politique mis en cause par les écrits de la bloggeuse maltaise n’a été entendu par les services de police. Un soupçon touche particulièrement le ministre de l’économie maltais Chris Cardona qui aurait été vu plusieurs fois dans un bar en compagnie des frères Degiorgio. Les interrogations sont donc particulièrement nombreuses et pour l’instant sans réponses.

Mais le « Projet Daphne » c’est aussi et surtout continué les révélations que faisaient la journaliste maltaise sur son blog. Plusieurs sujets plus ou moins complexes sont ainsi l’objet d’investigation par Forbidden Stories. A ce jour, les révélations concernent deux grands principaux sujets : les actions douteuses de Pilatus Bank, une banque maltaise créée par un buisnessman iranien aujourd’hui arrêté par le FBI, et la vente à un prix d’or de passeport maltais donnant l’accès à l’ensemble de l’Union Européenne.

Ces différentes révélations mettent dans l’embarras la Commission Européenne qui se doit de prendre une décision sur le cas maltais, un pays membre de l’UE. L’eurodéputé allemand Sven Giegold déclare ainsi « j’ai été vraiment heureux parce que ce projet nous aide beaucoup pour obtenir un changement à Malte ». Un changement qui apparaît comme de plus en plus nécessaire après ces révélations. Une belle preuve de la nécessité de l’existence d’une presse libre et indépendante.

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