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Après avoir volé leur terre, la Mairie de Dijon réclame 200 000 euros aux Jardiniers de l’Engrenage

« Je suis extrêmement surprise, pour ne pas dire abasourdie. Pour moi, cela traduit une volonté punitive ou de dissuasion vis-à-vis d’autres interlocuteurs de la ville de Dijon qui pourraient avoir l’idée de s’opposer à des futurs projets d’urbanisme ».
16 juillet 2021 - Maïté Debove
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

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La mairie de Dijon poursuit les Amis des Jardins de l’Engrenage en justice et réclame 200 000 euros de dommages et intérêts aux militants. La nouvelle a été accueillie avec stupeur et indignation par les militants qui ne comprennent pas comment de telles mesures peuvent-elles être une réponse logique à la situation.

Lancé dans une course contre la bétonisation massive de Dijon, le collectif des Jardins de l’Engrenage s’était organisé pour protéger des terres où l’agriculture était encore possible depuis le 17 Juin 2020, afin de contrer la mise en place d’un projet immobilier accueillant 330 appartements : Le Garden State.

Au cœur de la friche, les militants avaient ouvert et cultivé un potager sur 400 m² dans la partie la plus polluée du site afin de redonner vie à son sol. Cette entreprise s’était montrée fructueuse jusqu’à ce que le site soit détruit par une intervention de la mairie.

Lire aussi : À Dijon, la mairie a détruit potagers, arbres fruitiers et volé la terre des habitants

L’avocate des militants, Dominique Clémang, s’exprime sur les potentielles raisons d’une telle amende :

« Je suis extrêmement surprise, pour ne pas dire abasourdie. Pour moi, cela traduit une volonté punitive ou de dissuasion vis-à-vis d’autres interlocuteurs de la ville de Dijon qui pourraient avoir l’idée de s’opposer à des futurs projets d’urbanisme ».

crédit : Jardins l’Engrenage

L’avocat de la mairie de Dijon, Arnaud Brultet, a par la suite confirmé ouvertement cette hypothèse :

« Bien sûr ! La volonté, c’est de mettre un coup d’arrêt à d’éventuelles autres ZAD. La volonté de la commune, c’est de dire stop, ça suffit ! ».

L’avocat ajoute qu’il ne considère pas le montant excessif car pour lui il correspond aux préjudices commis envers la ville, et que le projet est dans l’utilité des dijonnais. Il évoque ensuite les violences qui ont été faites le mardi 20 avril :

« Ce ne sont pas des gentils écologiques, ce sont des militants politiques. On ne peut pas tolérer ça. On ne peut pas permettre à des gens de s’approprier un terrain pour des raisons politiques ! ».

crédit : Jardins l’Engrenage

Pour les militants, les violences ont été perpétrées par l’escadron envoyé pour les déloger manu militari. 55 gendarmes avaient été déployés sur les lieux et une dizaine de personnes avaient été évacuées, alors que les engins de chantier rasaient la zone. Des arbres ont été arrachés, et les gaz lacrymogènes sont à l’origine de plusieurs départs de feu.

Dominique Clémang précise : « Les dégradations n’ont pas été commises par des membres de l’association lors de l’expulsion ».

L’équipe municipale souhaite faire valoir son droit de propriété et cherche à défendre les intérêts économiques d’un projet qui représenterait quatre millions d’euros de gain par an. Elle estime que le Garden State a un intérêt à la fois social et écologique, qui propose des logements sociaux et des espaces verts. Par l’intermédiaire de cette menace, le maire espère voir la dissolution de l’association.

crédit : Jardins l’Engrenage

Au contraire, pour les écologistes, le projet présente une aggravation de l’effet îlot de chaleur du quartier, la destruction de la biodiversité et du refuge de différentes espèces dont 24 types de papillons. Sur le plan social, le quartier est déjà très dense de population et cet aménagement augmenterait sa démographie de 30%.

Outre les militants, de nombreux riverains du quartier ne sont pas d’accord avec cette mise en œuvre. En effet, l’investissement du lieu prend tout son sens lorsqu’il est intégré à une vision d’ensemble des problématiques écologiques de la ville : la mairie de Dijon a prévu la destruction de 480 hectares d’espace naturels et agricoles dans les dix prochaines années, l’équivalent de 670 terrains de football.

Une analyse de ces projets a démontré que ce plan d’urbanisme apporterait trois fois trop de nouveaux logements compte tenu de sa croissance démographique.

16 juillet 2021 - Maïté Debove
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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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