À l’école « classique », on apprend bêtement par coeur, à l’école démocratique, l’enfant est libre

Dans le deuxième épisode d’Immersion, la réalisatrice Messodie nous emmène à l’Ecole Démocratique Nikola Tesla, à Lyon, qui souhaite accompagner les enfants à « réaliser leur plein potentiel ». Comme dans toutes les écoles qui suivent le modèle Sudbury, les élèves choisissent eux-mêmes leurs activités et apprentissages.
30 octobre 2018 - Laurie Debove
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Le deuxième épisode de la web série « Immersion » nous emmène visiter une école démocratique lyonnaise. Dans cet établissement scolaire pas comme les autres, les enfants n’ont qu’une seule règle : apprendre ce qu’ils veulent, quand ils le souhaitent !

La méthode Sudbury à Lyon

Les écoles démocratiques sont issues d’un mouvement créé par la Sudbury Valley School. Créée en 1968, cette école est partie d’un postulat simple : les enfants sont aussi des personnes et peuvent donc prendre des décisions au même titre que les adultes. Cette approche éducative vise l’excellence en donnant le pouvoir de choisir à l’enfant : il est alors totalement responsable et autonome de ses décisions et sa propre vie.

Dans le deuxième épisode d’Immersion, la réalisatrice Messodie nous emmène à l’Ecole Démocratique Nikola Tesla, à Lyon, qui souhaite accompagner les enfants à « réaliser leur plein potentiel ». Comme dans toutes les écoles qui suivent le modèle Sudbury, les élèves choisissent eux-mêmes leurs activités et apprentissages.

« Pour améliorer la société, autant commencer par la nouvelle génération et donc revoir notre système d’éducation. Je voulais montrer avec ce deuxième épisode un modèle à l’opposé de ce que l’on connaît dans l’éducation traditionnelle. Ce qui m’a interpellée dans l’école démocratique, c’est cette idée que l’adulte n’est pas supérieur à l’enfant, chacun est égal à l’autre. Je souhaitais voir comment cette philosophie se traduit en pratique. » Messodie, réalisatrice d’Immersion

Autonomie et confiance en soi

Dans cet épisode de 20 minutes, on découvre le fonctionnement de l’école, et surtout ses différents élèves. Aucun emploi du temps, la mise à disposition de jeux et d’instruments de musique, pas de professeur mais des encadrants là pour aider les enfants quand ils le demandent. Chaque enfant est libre de faire ce qui lui plaît quand il le veut, tout en respectant des règles approuvées par petits et grands.

Crédit Photo : Immersion
Crédit Photo : Immersion

« On est souvent infantilisés dans une école traditionnelle : les enfants apprennent par cœur bêtement sans comprendre le sens de leurs cours. L’école démocratique, en leur donnant le choix, veut les préparer à l’avenir en leur donnant confiance en eux et en leurs capacités. Ils n’ont vraiment aucune pression, chacun doit suivre son cheminement personnel, a le temps d’essayer et se tromper pour déterminer ce qu’ils souhaitent faire de leur vie, ce qui permet même aux plus jeunes d’avoir une certaine maturité et développer un esprit critique. C’est un apprentissage sur le long terme qu’il était délicat de retranscrire en une journée. » Messodie, réalisatrice d’Immersion

Si l’absence de cours traditionnels peut rendre de nombreux observateurs sceptiques, l’aisance avec laquelle les enfants s’expriment lors du Conseil d’école est impressionnante. Sûrs de leur opinion, ils se sentent légitimes pour exprimer leur avis au même titre que leurs encadrants. Dès le plus jeune âge, les enfants s’habituent à dire s’ils sont en accord ou en désaccord avec quelqu’un. Ils savent vivre ensemble avec les règles qu’ils ont tous accepté et leurs rapports sont clairs.

« Aujourd’hui, on a besoin de gens autonomes capables d’avoir un esprit critique et de prendre des décisions ensemble. J’ai choisi de passer la journée avec les ados parce que c’est l’âge en transition par excellence. Je n’avais pas du tout prévu à qui on allait parler. C’est Léon qui est venu nous chercher, car il voulait partager son parcours atypique. Ils n’ont pas peur de prendre des initiatives. Sa maturité m’a impressionnée pour son âge. Après un bac pro à l’école traditionnelle, il a rejoint l’école démocratique pour prendre le temps de savoir ce qu’il voulait vraiment faire. Il a récemment signé un CDI chez Handicap International. » Messodie, réalisatrice

Libre de trouver sa voie

Comme les autres matières, l’apprentissage de la lecture et l’écriture se font au rythme de chaque élève au travers une infinité d’interactions subtiles. Cet acte de foi envers la capacité d’un enfant à prendre de bonnes décisions pour lui-même, et à accepter de le laisser grandir à son rythme, va à l’encontre de notre système éducatif traditionnel.

Pour autant, l’Ecole Démocratique Nikola Tesla ne se définit pas comme anti-système. Comme le dit l’un des encadrants, ils encouragent chacun à trouver l’éducation qui lui convient le mieux, et ceux qui le souhaitent à s’emparer du modèle avec leurs propres règles. Une seule règle est inconditionnelle : les enfants doivent être libres.

Crédit Photo : Immersion

Si les écoles françaises sont encore trop récentes pour avoir assez de recul, la version américaine aurait 80% d’élèves ayant réussi à obtenir leur premier choix d’université. Laura Poitras a ainsi suivi les cours de la Sudbury Valley School de 4 à 18 ans. La réalisatrice du documentaire « Citizen Four » sur Edward Snowden a reçu l’Oscar du meilleur documentaire en 2015. Elle avait appris à lire à l’âge de 13 ans.

Cette école privée a tout de même un coût plus élevé que celui d’une école française classique. A l’Ecole Démocratique Nikola Tesla, les prix d’inscription sont indexés en fonction des revenus des parents.

« Que se passera-t-il quand ils sortiront de l’école ? Vont-ils s’adapter au monde ou le transformer ? Dans tous les cas, ils auront exploré assez de choses pour qu’à l’âge où l’on commence d’habitude à s’interroger sur ce que l’on veut faire, eux soient déjà sur leur voie. » Messodie

30 octobre 2018 - Laurie Debove
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