60 % des animaux sauvages ont disparu en 44 ans : bientôt notre tour ?

« Parmi toutes les espèces de plantes, d’amphibiens, de reptiles, d’oiseaux et de mammifères ayant disparu depuis l’an 1 500 apr. J.-C., 75 % ont été victimes de surexploitation ou d’activités agricoles ou des deux. »
1 novembre 2018 - Laurie Debove
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 130 pages
- Impression : France

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Poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens, reptiles… L’Indice Planète Vivante, calculé par la Société zoologique de Londres et révélé par WWF, nous apprend que les populations de vertébrés sauvages ont décliné de 60% entre 1970 et 2014. Un constat alarmant sur le péril encouru par chacune des espèces vivantes, dont l’humain.

Sixième extinction de masse

Mardi, WWF a publié le rapport « Planète Vivante » qui dresse un sombre tableau : selon l’IPV (Indice Planète Vivante), entre 1970 et 2014, l’effectif des populations de vertébrés sauvages a décliné de 60 %. Les causes principales de cette sixième extinction de masse sont la surexploitation des ressources et les activités agricoles, toutes deux entraînées par notre surconsommation.

« Parmi toutes les espèces de plantes, d’amphibiens, de reptiles, d’oiseaux et de mammifères ayant disparu depuis l’an 1 500 apr. J.-C., 75 % ont été victimes de surexploitation ou d’activités agricoles ou des deux. » Rapport Planète Vivante

L’IPV est calculé par la Société zoologique de Londres à partir de données scientifiques collectées sur 16 704 populations appartenant à 4 005 espèces de vertébrés. Le rapport nous indique que les indices de 2018 comprennent des données allant de 1970, définie comme une année de départ standard pour de nombreux indicateurs, à 2014, car les informations disponibles avant 1970 ou après 2014 ne suffisent pas à produire un indice robuste et représentatif.

L’effondrement des espèces est particulièrement marqué dans les zones tropicales. L’Amérique du Sud et l’Amérique centrale enregistrent ainsi le déclin le plus important avec une perte de 89 % des populations par rapport à 1970.

La Grande Accélération de l’Anthropocène

En mars 2018, dans sa dernière évaluation de la dégradation et de la restauration des terres (LDRA), la Plate-forme Intergouvernementale sur la Biodiversité et les Services Écosystémiques (IPBES) a constaté que seul un quart des terres de la planète n’était pratiquement pas affecté par les activités humaines. D’ici 2050, cette proportion devrait s’élever à un dixième seulement.

La disparition de ces espèces est directement causée par les activités humaines qui dégradent ou envahissent les habitats, la menace la plus forte dans toutes les régions du monde. De manière générale, le taux d’extinction des espèces est de 100 à 1.000 fois supérieur à ce qu’il était avant que les activités humaines ne commencent à altérer la biologie et la chimie terrestres.

De nombreux scientifiques reconnaissent aujourd’hui que nous sommes dans l’ère géologique de l’Anthropocène. Une ère géologique façonnée pour la première fois dans l’Histoire de la Terre par une seule et même espèce : l’Homo sapiens. Le phénomène le plus inédit de cette ère géologique est nommé dans le rapport comme « la Grande Accélération ». L’explosion démographique de l’espèce humaine et la croissance économique explosent les limites planétaires à cause de la demande de plus en plus forte en énergie, en terres et en eau.

Figure 2 : «La Grande Accélération», évolution et impacts des activités humaines depuis le début de la révolution industrielle. Les années 1950 sont marquées par une explosion de la croissance. À partir de cette décennie, les activités humaines commencent à avoir un impact déterminant sur les systèmes naturels. 

Deux ans pour agir

La biodiversité est « l’infrastructure qui soutient toute vie sur Terre ». La diversité biologique génère les systèmes naturels et les cycles biochimiques qui permettent un fonctionnement stable de l’atmosphère, des océans, des forêts, des paysages et des cours d’eau. Ils sont, tout simplement, une condition préalable à l’existence de notre société humaine et à la poursuite de son épanouissement. A tel point que les services rendus par la nature sont estimés à environ 125 000 milliards de dollars (US) par an. C’est bien plus que le PIB mondial, estimé à 80 000 milliards de dollars.

Surtout, c’est les conditions-mêmes de vie sur Terre qui s’effondrent sous nos yeux. Si la disparition d’une faune et flore unique dans tout l’Univers ne suffisent pas à faire réagir, il faut se souvenir d’une chose : une dégradation irréversible de notre environnement est une menace pour la survie de l’humanité. Homo Sapiens est une espèce animale comme les autres, et si l’explosion démographique humaine des dernières années s’est faite au détriment des autres espèces, arrivera le moment où nous deviendrons à notre tour une espèce en voie d’extinction. Le rapport rappelle notamment qu’un tiers de la production alimentaire mondiale dépend des pollinisateurs.

Crédit Photo : Mike Arney

« Si l’on ne sort pas du statu quo, le terrible déclin des systèmes naturels qui fondent nos sociétés se poursuivra et aura de graves conséquences sur la nature et sur les hommes. La période entre aujourd’hui et 2020 constitue une occasion unique de façonner une vision de l’avenir positive pour la nature et les hommes» Rapport Planète Vivante

Nous avons deux ans pour inverser la tendance et créer des dynamiques qui permettent aux écosystèmes et aux espèces animales de se régénérer, à l’image des populations de baleines à bosse qui ont été retirées de la liste des animaux en danger d’extinction, grâce aux efforts de protection menés en ce sens depuis 1970.

Alors que la Chine vient de ré-autoriser la vente d’os de tigre et de corne de rhinocéros, que seulement 16 pays ont pris des mesures pour respecter les objectifs fixés par l’Accord de Paris (COP21) et que le gouvernement français vient d’autoriser Total à forer au large de la Guyane, les dirigeants du monde entier ne prennent pas les mesures nécessaires face à la situation.

Crédit Photo : Geran de Klerk

En parallèle de ce rapport, ONG, scientifiques et spécialistes de la conservation du monde entier s’unissent pour exiger le plus ambitieux accord international jamais demandé avec comme but d’inverser la courbe de la perte de biodiversité. Cet accord sur la protection de la nature devrait être adopté en 2020 durant la conférence mondiale sur la biodiversité à Pékin, avec un objectif de zéro perte nette de biodiversité en 2030.

« Nous sommes la première génération à comprendre clairement la valeur de la nature et l’impact que nous avons sur elle. Nous pourrions aussi être la dernière qui soit en mesure d’inverser cette tendance. D’ici à 2020 sera un moment décisif de l’histoire. »

1 novembre 2018 - Laurie Debove
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