23 écoliers intoxiqués par des épandages de pesticides : le juge émet une ordonnance de non-lieu…

Le 5 mai 2014, 23 écoliers et leur institutrice avaient été intoxiqués dans le nord de la Gironde à la suite d’épandages de pesticides à proximité de l’école. Une enquête judiciaire avait été ouverte mais a finalement conduit à un non-lieu émis par le juge d’instruction. L’école primaire de Villeneuve-de-Blaye avait été touchée par un […]
12 septembre 2017 - Alexandra Kozak
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

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Le 5 mai 2014, 23 écoliers et leur institutrice avaient été intoxiqués dans le nord de la Gironde à la suite d’épandages de pesticides à proximité de l’école. Une enquête judiciaire avait été ouverte mais a finalement conduit à un non-lieu émis par le juge d’instruction.

L’école primaire de Villeneuve-de-Blaye avait été touchée par un bien étrange phénomène en mai 2014. 23 élèves et leur institutrice avait été pris de malaise, de maux de gorge et s’étaient plaints de picotements aux yeux. Pour les associations Sepanso et Générations Futures, aucun doute n’était permis : les symptômes présentés par les élèves et l’institutrice étaient ceux d’une intoxication aux pesticides.

En effet, l’école est située à proximité des domaines d’appellation Côtes de Bourg, Château Escalette et Château Castel La Rose qui avaient eu recours à des épandages de fongicides sur des vignes proches le jour même. Les associations Sepanso et Générations Futures étaient alors montées au créneau pour dénoncer un « usage inapproprié de produits phytopharmaceutiques » – ce pour quoi les exploitations avaient été mises en examen.

L’école de Villeneuve-de-Blaye

L’avocat de Sepanso défendait alors que les relevés météorologiques du jour de l’incident montraient des vents supérieurs à 3 sur l’échelle de Beaufort. Or la réglementation interdit d’épandre des pesticides à proximité des habitations, écoles, et lieux publics si les vents sont supérieurs à 3 sur cette même échelle ! De manière générale, le Code rural interdit l’épandage de pesticides à proximité de ces lieux de vie en l’absence de mesures de protection telles que des haies ou des régulations horaires qui éviteraient de toucher les habitants ou écoliers.

Mais après 3 années de péripéties judiciaires, le juge d’instruction a finalement rendu une ordonnance de non-lieu. Le communiqué de Générations Futures détaille la justification du juge :

« Bien que les relevés météos révélaient des vents conséquents ce jour-là dans le Blayais, le juge indique dans son ordonnance qu’il n’est pas possible d’en tenir compte au motif que… il n’y avait pas de station météo dans la commune de Villeneuve-de-Blaye ! »

La justification a de quoi surprendre sachant que le juge fait ailleurs mention d’ « épandages litigieux dont l’odeur atypique a été sentie par de nombreux témoins. » Mais dans la mesure où les symptômes ne présentent apparemment pas « une adéquation parfaite » avec ceux liés aux produits phytosanitaires, rien ne nous permet de conclure objectivement (n’est-ce pas ?). C’est d’ailleurs ce qu’a conclu le juge selon qui « aucun élément objectif ne permet d’assurer » que l’intoxication des enfants soit due aux pesticides.

Cette conclusion a eu le don d’exaspérer les associations qui déplorent : « ce n’est pas un non-lieu qui va faire avancer les choses en termes de sécurité et de santé des riverains et des salariés. » Elles ont donc décidé de former un recours contre l’ordonnance.

Crédits photos : Eric Guilloret / Biosphoto / AFP

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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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