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Mauritanie 2000 : l’ONG qui sort les femmes issues de la filière pêche de la précarité

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L’ONG Mauritanie 2000 (M2000) a été créée par Elbeiga Dahoud Ahmednah, une Mauritanienne originaire de Nouadhibou. Elle a fait partie des 35 invités de CCFD-Terre Solidaire (Comité catholique contre la faim et pour le développement) récompensant les bienfaiteurs de la société civile des pays du Sud. En effet, grâce à l’action de cette ONG, de nombreuses femmes travaillant dans le secteur de la pêche parviennent à l’indépendance économique.

Créée en 1996, l’association M2000 visait d’abord à aider les femmes de manière générale. Toutefois, au fur et à mesure, l’association a ciblé plus particulièrement les femmes commerçantes de poisson, qui connaissent une forte précarité : elles sont généralement pauvres et non éduquées. Par ailleurs elles ne disposent généralement que d’une installation de fortune, un logement précaire et une petite table qui leur sert d’étal à poissons.

Le commerce du poisson en Mauritanie se déroule de la façon suivante : le pêcheur rapporte la cargaison pêchée, qu’il revend en gros à un intermédiaire à bas prix, celui-ci le revend au détail aux commerçantes, ou bien à d’autres intermédiaires qui les revendront par la suite aux commerçantes. S’il existe une Fédération de la pêche artisanale qui fixe les prix de la vente des produits de la pêche, cette limite ne s’applique qu’au niveau des pêcheurs, et donc les prix entre les intermédiaires peuvent rapidement gonfler.

L’action de l’ONG consiste alors à sensibiliser les femmes commerçantes sur les façons d’améliorer leurs rendements ainsi qu’à leur fournir une aide financière conséquente pour qu’elles puissent s’associer et passer outre les intermédiaires. Ainsi, l’association verse des crédits entre 60 000 et 600 000 ouguiyas (entre 150-190 et 1500-1590 euros) aux femmes les plus nécessiteuses, pour que celles-ci puissent acheter directement au pêcheur par groupe de quatre ou cinq au sein d’un GIE (Groupe d’Intérêt Commun). Cet argent leur permet également d’améliorer leur matériel, en investissant par exemple dans un congélateur pour conserver le poisson ou dans une véritable boutique pour remplacer les petites tables. Mais l’avantage majeur de ce crédit reste sans doute l’engagement que prennent les femmes bénéficiaires à ne pas faire travailler leurs enfants pour que ces derniers puissent aller à l’école : plus qu’une action sur le court terme cette association permet une progression sociale sur le long terme (par le logement, l’éducation, les compétences…). Les commerçantes restent bien entendu tenues de rembourser leur crédit au bout de 6 ou 8 mois, avec possibilité de renouvellement.

L’association a aussi pour but de permettre à ces femmes de développer les activités sources de revenus en transformant les produits de la pêche. Ainsi, deux centres de transformation des poissons ont été construits, un à Nouakchott (« La Sirène ») et l’autre à Nouadhibou (« Yakar »). Une fois le poisson séché et prêt à la vente, l’ONG accompagne les femmes dans la commercialisation des produits et à leur promotion. En effet, le poisson n’est pas un produit très consommé en Mauritanie. L’association cherche donc à promouvoir la richesse et l’avantage économique à manger du poisson. Les prix de la viande ayant augmenté (allant de 7 à 8 euros le kilo), le poisson possède un avantage comparatif certain : la dorade par exemple coûte 1 à 1,50 euro le kilo et la sardine 30 centimes d’euros le kilo.

Aujourd’hui Mauritanie 2000 cherche à renforcer l’alliance entre les pêcheurs et les commerçantes et aide donc aussi les petits pêcheurs dans leur structuration et la défense de leurs intérêts, face à la pêche industrielle.

Source : CCFD – Terre Solidaire 

Crédit Photo : Pierre Morel

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