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L’industrie alimentaire dit stop aux œufs de poules en cage… c’est pas trop tôt !

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Le groupe de grande distribution Les Mousquetaires vient enfin de bannir de ses rayons les œufs issus des élevages de poules en batterie et s’aligne sur de nombreux concurrents. Ce nouvel engagement de la part d’un grand groupe souligne la volonté de répondre aux demandes croissantes de l’opinion publique (et par conséquent des clients) en intégrant les paramètres de bien-être animal dans leurs stratégies.

Une sensibilisation longue mais fructueuse

De nombreuses associations de défense des animaux telles que PETA ou L214 multiplient leurs actions et accroissent leur visibilité grâce aux réseaux sociaux et au partage frénétique d’informations par les consommateurs eux-mêmes. La fameuse vidéo de mai 2016 provenant de l’association L214 a été actrice dans ce changement de cap. En effet, la caméra cachée au GAEC du Perrat, exploitation de 200 000 poules pondeuses de l’Ain, a révolté l’opinion publique. Animaux maigres, déplumés, se marchant dessus, vivant sur leurs propres fientes, asticots proliférant, cadavres en décomposition, poux… Tout est là pour filer la nausée. Comme conséquence directe, le Ministère de l’Agriculture a fait fermer ce site et les marques de grande distribution, dont Intermarché, ont cessé de s’y fournir. Le vrai côté positif de cette vidéo est de sensibiliser de manière durable les consommateurs.

Aujourd’hui, les initiatives et les campagnes de protection des animaux se multiplient, les circuits courts et les produits BIO n’ont jamais été autant favorisés : les gens veulent savoir ce qu’ils mangent. En 2014, un sondage OpinionWay a mis en lumière que 90% des Français étaient favorables à l’interdiction des élevages en batterie. Pour information, élevage en batterie signifie un espace à peine plus grand qu’une feuille A4 par volaille et aucun accès à la lumière du jour.

Changement régi par le marché et non par la législation

Ce n’est pas la première fois que le marché fait sa loi, et cette fois, c’est positif. Lorsque signer des pétitions et boycotter des produits chacun dans notre coin semble parfois vain, ce nouvel exemple de pouvoir des consommateurs fait foi. Les grandes marques de distribution sont assaillies par des consommateurs qui veulent savoir ce qu’ils mangent et surtout qui veulent manger mieux. Le manger mieux, le manger BIO peut être accessible à tous en magasin s’il est généralisé et produit en larges volumes : c’est la loi du marché. La France, en tant que premier producteur européen d’œufs avec ses 14,7 milliards d’unités en 2015 est donc sur une voie positive et plus que prometteuse pour faire changer les choses de manière durable. En effet, si les consommateurs et les enseignes ne consomment plus d’œufs provenant d’élevage en batterie, ce sont plus de 68% des 47 millions de poules pondeuses qui verront alors leur sort changer pour passer en bâtiments avec ou non accès au plein air. Certes, ce changement ne permettra pas à toutes ces poules de passer en élevage de plein air ou en élevage biologique, mais le pire sera définitivement évité.

Evolution pertinente et objectif 2025

Les distributeurs tels que Les Mousquetaires, Carrefour, Lidl, Aldi, Norma, Super U se sont engagés à bannir les œufs de batterie au plus tard pour 2025 afin de laisser du temps au éleveurs pour s’adapter aux nouvelles exigences et pour développer des méthodes alternatives à l’élevage en batterie. De leurs côtés, Monoprix, Atac et Colruyt sont déjà à la page depuis l’année dernière. Concernant la restauration collective, Sodexo, Compass et Elior qui constituent les trois quarts du marché français, se sont aussi fixés l’objectif 2025, non seulement en France, mais dans le monde entier. L’hôtellerie s’est également engagée : les groupes Marriott International et Hôtels Hilton sont déjà blanchis sur ce point et les groupes Accor (Sofitel, Novotel, Mercure, Ibis) et Intercontinental Hotels Group se sont engagés sur l’objectif de 3 ans et 5 ans en Europe. Les industriels ne sont pas en reste selon l’article du Monde et les marques Lesieur, Amora, Lu, Barilla ou Saint-Michel ont choisi de suivre également la cadence.

Pour conclure, en 2025, la quasi-totalité du secteur alimentaire qui reposait sur les œufs produits par des volailles en batterie aura profondément changé – c’est une belle avancée qui se prépare et l’honneur revient entièrement aux consommateurs qui font évoluer les marchés : bien joué !

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