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Anticapitaliste et anarchiste : l’insoumission est leur mode de vie

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Une communauté pas comme les autres vit à Montois dans le Jura. Anticapitaliste et anarchiste, cette communauté s’autogère complètement. Retour sur une communauté bien méconnue du grand public ! 

Cette communauté fait partie du réseau de coopératives agricoles Longo Maï (signifiant « longtemps encore » en occitan), et est le fruit de la révolte de mai 1968 qui a secoué toute l’Europe. Longo Maï est l’une des dix coopératives du réseau. Cinq autres sont en France et d’autres encore en Allemagne, en Autriche, en Ukraine et au Costa Rica. Longo Maï compte pas moins de 200 membres : une ferme isolée à 700 mètres d’Undervelier, village jurassien de 300 habitants, aux pieds des gorges du Pichoux où une communauté vit en autarcie, coupée du monde.

Dans ce village pas comme les autres, sont prônées les valeurs humaines, l’écologie et les décisions collectives qui sont la base de toute confiance. En effet, cette communauté prend des décisions à la majorité. Pas de chef, tout le monde est au même niveau social. En 1972, des jeunes urbains venus d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse décident d’expérimenter une nouvelle façon de vivre et de faire de la politique militante, en se retirant dans une région rurale dépeuplée, pour y cultiver la terre et vivre en communauté. Il n’y a aucune hiérarchie «Nous avons un respect pour l’expérience, qui fait que nous ne sommes jamais vraiment égaux, explique Raymond Gétaz. Chacune et chacun a des compétences propres.» «Nous avons développé une qualité d’écoute et de débat», ajoute Claude Braun. «Ce n’est pas parce que nous sommes des révoltés et des anarchistes que nous ne faisons pas attention à l’autre, que nous n’avons pas des règles tacites de communication», complète Raymond Gétaz.

L’un des axes les plus importants de cette communauté est sa volonté de rencontrer des peuples de différents pays. Cela s’est traduit évidemment par l’arrivée de personnes issues de nombreux pays. À l’heure actuelle, la communauté de Longo Maï regroupe 15 nationalités.

Autre problématique développée par Longo Maï, le déséquilibre de plus en plus flagrant entre la ville et la campagne. Alors que des millions de personnes s’entassent désespérément dans les banlieues et survivent grâce au RSA ou au chômage, de l’autre côté, les campagnes se désertifient et les agriculteurs sont même invités à pratiquer la jachère. Cette situation de crise économique fait partie du discours du système dominant et le choix d’une communauté à la campagne entend montrer qu’il est possible de raisonner différemment, de vivre à la campagne, même si cela doit remettre en cause certaines façons de penser des syndicats complètement sclérosés aujourd’hui. En s’appuyant sur l’abandon du salariat et en préférant la notion d’effort librement consenti, le choix de ses activités, la communauté de Longo Mai provoque une rupture dans la logique actuelle du travail. Elle reprend aux anarchistes le fait que l’on n’est pas sur terre pour travailler et qu’il est plus important de faire la fête. Sans vivre somptueusement, une visite de la communauté montre qu’à l’évidence la communauté a su développer une certaine richesse : les bâtiments reconstruits en pierre sont magnifiques… même si l’on n’y retrouve évidemment pas tous les gadgets de la société de consommation. Sobre, mais beau.

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En effet, cette communauté est d’abord un « mouvement politique » qui ne vit pas non plus coupé du monde puisque la plupart des personnes de la communauté sont engagées dans de nombreuses associations… Les jeunes de la communauté pensent déjà au futur et sont beaucoup plus impliqués dans certains domaines comme la permaculture, biodiversité, autonomie…. et luttent fermement contre les routes bétonnées, les aéroports qui se construisent….

Une communauté qui a le mérite d’avoir des valeurs, des engagements et un style de vie simple mais épanouissant. Pas de quoi faire peur à nos grandes industries du pétrole ou autres qui ravagent notre terre, tuent des gens par milliers et détruisent notre écosystème… Merci à cette communauté de nous redonner de l’espoir…

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Crédit Photo : Gérard Bonnet

Sources : Le Temps / La Marseillaise / Longo Maï

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