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Abdelghani Merah : « Je veux utiliser ce nom, Merah, pour cette fois-ci éveiller les consciences »

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Cinq ans jour pour jour après la tuerie de Mohamed Merah, son frère ainé Abdelghani termine ce dimanche à Paris une marche à travers la France commencée il y a deux mois pour dénoncer l’intégrisme et œuvrer contre la radicalisation.

Le 19 mars 2012, Mohamed Merah qu’on appellera aussi « le tueur au scooter » attaque l’école Ozar Hatorah (aujourd’hui Ohr Torah) de Toulouse. Le jeune homme tue un père de famille et trois enfants âgés de 3, 5 et 7 ans. Pas moins de sept personnes sont mortes suite aux actes de Mohamed Merah en l’espace de dix jours. L’homme sera ensuite abattu à son domicile par le Raid. L’aîné de la fratrie Merah a choisi le parcours de la Marche pour l’égalité et contre le racisme (également connue comme la Marche des Beurs) organisée en 1983 après le meurtre raciste d’un enfant de 13 ans. Une vingtaine de personnes étaient parties de Marseille. Elles étaient 100 000 à leur arrivée à Paris. Il raconte « avoir eu un déclic » en voyant le film « La Marche », une aventure que lui-même n’avait pas connu, étant trop jeune à l’époque.

Un nom difficile à porter

Porter le nom d’un homme qui a été médiatisé pour avoir abattu froidement des enfants d’une balle dans la tête n’est pas évident. C’est avec la gorge serrée que son frère ainé en parle. De plus, son autre frère Abdelkader est connu lui aussi depuis sa sortie de prison comme étant un extrémiste essayant d’endoctriner des gens. Abdelghani le décrit comme étant un manipulateur cherchant à déceler une faille en vous et qui, une fois la faille trouvée, s’y faufile et ne vous lâche plus.

Un environnement propice à la radicalisation

Selon son frère, Mohamed a été manipulé par son entourage, plus précisément par son frère sa sœur et ses parents. Abdelghani nous explique qu’il régnait une certaine haine de l’occident et des juifs à la maison, avec des propos obscènes tenus par ces parents. Quant à Abdelkader Merah, il sera jugé d’ici peu pour complicité d’assassinat, il est décrit comme un homme traumatisant et maltraitant Mohamed aussi bien intellectuellement que physiquement. « Il l’a transformé en monstre »

C’est avec beaucoup d’impuissance qu’Abdelghani se remémore la descente aux enfers : « Quand j’ai senti venir la radicalisation, j’ai essayé de parler à Mohamed… Mais il appelait Olivier Corel (un prêcheur extrémiste) et il démontait tout ce que je disais. C’est pour cela que je veux terminer ma marche en étant reçu au ministère de la Justice : je veux dire qu’il ne faut pas laisser les prédicateurs recruter en toute impunité. Ma marche est républicaine, contre l’intégrisme religieux, contre le racisme et l’antisémitisme, contre ces gens qui volent le cœur et le cerveau de nos enfants. » Même si certains décrivent cette marche comme étant indécente et obscène, elle est quand même synonyme d’espoir. L’espoir d’avoir parcouru plus de 1.000 km sur les routes de France en apportant un message de paix mais également un message de lutte face à ces prêcheurs utilisant la faiblesse des gens pour les inciter à commettre des actes abominables. L’espoir que l’éducation, qui est la seule arme pour combattre ces intégristes prime sur la radicalisation.

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